LilyPond — Manuel de notation

Ce document constitue le manuel de notation de GNU LilyPond 2.19.10. Sa lecture requiert une familiarité avec le contenu présenté dans le Manuel d’initiation.

Pour connaître la place qu’occupe ce manuel dans la documentation, consultez la page Manuels.

Si vous ne disposez pas de certains manuels, la documentation complète se trouve sur http://www.lilypond.org/.


1. Notation musicale générale

Ce chapitre explique comment créer la notation musicale standard.


1.1 Hauteurs

[image of music]

Cette section détaille la façon d’indiquer la hauteur des notes, sous trois aspects : la saisie des hauteurs, la modification des hauteurs et les options de gravure.


1.1.1 Écriture des hauteurs de note

Cette section explique la manière d’indiquer les hauteurs de note. Deux modes permettent d’indiquer l’octave des notes : le mode absolu, et le mode relatif. Ce dernier est le plus pratique lors de la saisie d’un fichier source au clavier de l’ordinateur.


Hauteurs avec octave absolue

La hauteur s’écrit – à moins de préciser une autre langue – avec la notation batave, en utilisant les lettres de a à g. Les notes c (do) et b (si) sont écrites une octave sous le do central.

{
  \clef bass
  c4 d e f
  g4 a b c
  d4 e f g
}

[image of music]

L’octave peut être précisée sous forme d’une série d’apostrophes ' ou d’une série de virgules ,. Chaque ' hausse la note d’une octave ; chaque , baisse la note d’une octave.

{
  \clef treble
  c'4 c'' e' g
  d''4 d' d c
  \clef bass
  c,4 c,, e, g
  d,,4 d, d c
}

[image of music]

Une musique peut être déclarée explicitement comme étant en notation absolue à l’aide de la commande \absolute :

\absolute expression_musicale

sera interprété en mode d’octaves absolues quel que soit le contexte où elle apparait.

Voir aussi

Glossaire musicologique : Noms des notes.

Morceaux choisis : Hauteurs.


Octaves relatives

Le mode d’écriture en octave absolue requiert d’indiquer l’octave de chaque note. Pour le mode d’écriture en octave relative, par contre, l’octave d’une note est déterminée par rapport à la note précédente : modifier l’octave d’une note aura des répercussions sur toutes les notes à venir.

Une musique peut être déclarée explicitement comme étant en notation relative à l’aide de la commande \relative :

\relative hauteur_de_référence expression_musicale

En mode relatif, chaque note est considérée comme étant le plus proche possible de celle qui la précède. L’octave des notes mentionnées dans expression_musicale va être calculée de la manière suivante :

Voici le mode \relative en action.

\relative c {
  \clef bass
  c d e f
  g a b c
  d e f g
}

[image of music]

On utilise les signes de changement d’octave pour les intervalles dépassant la quarte.

\relative c'' {
  c g c f,
  c' a, e'' c
}

[image of music]

Bien que ne comportant aucun signe de changement d’octave, une séquence de notes peut tout à fait couvrir un intervalle important.

\relative c {
  c f b e
  a d g c
}

[image of music]

Lorsque plusieurs blocs \relative sont imbriqués, c’est la dernière clause \relative qui est prise en compte.

\relative c' {
  c d e f
  \relative c'' {
    c d e f
  }
}

[image of music]

\relative est sans effet sur un bloc \chordmode.

\new Staff {
  \relative c''' {
    \chordmode { c1 }
  }
  \chordmode { c1 }
}

[image of music]

\relative n’est pas permis au sein d’un bloc \chordmode.

Pour utiliser le mode d’octave relative dans de la musique transposée, une clause \relative additionnelle doit être placée au sein du bloc \transpose.

\relative c' {
  d e
  \transpose f g {
    d e
    \relative c' {
      d e
    }
  }
}

[image of music]

Si l’expression précédente est un accord, c’est la première note de l’accord qui détermine l’emplacement de la première note du prochain accord. À l’intérieur de l’accord, les notes sont placées relativement à celle qui précède. Examinez avec attention l’exemple suivant, et tout particulièrement le positionnement des do.

\relative c' {
  c
  <c e g>
  <c' e g'>
  <c, e, g''>
}

[image of music]

Comme nous l’avons vu, l’octaviation est déterminée sans tenir compte des altérations. Ainsi un mi double-dièse qui suit un si naturel sera placé au-dessus de celui-ci, alors qu’un fa double-bémol se retrouvera en dessous. En d’autres termes, une quarte doublement augmentée demeure considérée comme un intervalle plus petit qu’une quinte diminuée, bien que la quarte doublement augmentée soit de sept demi-tons et la quinte diminuée de seulement six demi-tons.

\relative c'' {
  c2 fis
  c2 ges
  b2 eisis
  b2 feses
}

[image of music]

L’une des conséquences de toutes ces règles est que la première note rencontrée dans un fragment balisé par \relative  f sera interprétée tout comme si elle avait été saisie en mode absolu.

Voir aussi

Glossaire musicologique : quinte, intervalle, nom des notes.

Manuel de notation : Vérifications d’octave.

Morceaux choisis : Hauteurs.

Référence des propriétés internes : RelativeOctaveMusic.


Altérations

Note : Les nouveaux utilisateurs sont parfois déroutés par la gestion des altérations et de l’armure. Pour LilyPond, une hauteur n’est que du matériau brut ; l’armure et la clef ne feront que déterminer comment ce matériau sera retranscrit. Un simple c signifie tout bonnement « do naturel » quelles que soient l’armure et la clef en question. Pour plus d’information, reportez-vous au chapitre Altérations et armure.

Dans la notation par défaut, un dièse est formé en ajoutant is après le nom de note, un bémol en ajoutant es. Les double-dièses et double-bémols sont obtenus en ajoutant respectivement isis ou eses au nom de note. Ce sont les noms de note hollandais. Pour les autres langues, consultez Nom des notes dans d’autres langues.

ais1 aes aisis aeses

[image of music]

Un bécarre annule l’effet d’une altération, qu’elle soit accidentelle ou à l’armure. Cependant, dans la syntaxe des noms de note, les bécarres ne s’écrivent pas avec un suffixe ; un simple nom de note donnera une note bécarre.

a4 aes a2

[image of music]

Les demi-bémols et demi-dièses s’écrivent en ajoutant respectivement eh et ih. Voici une série de dos altérés en hauteurs croissantes :

ceseh1 ces ceh c cih cis cisih

[image of music]

Les micro-intervalles sont aussi exportés dans le fichier MIDI.

Normalement, les altérations sont imprimées automatiquement, mais il se peut que vous vouliez les imprimer manuellement. On peut forcer l’impression d’une altération, dite « de précaution », en ajoutant un point d’exclamation ! après la hauteur de note. Une altération entre parenthèses peut être obtenue en ajoutant un point d’interrogation ? après la hauteur de note. Ces signes peuvent aussi être utilisés pour imprimer des bécarres.

cis cis cis! cis? c c c! c?

[image of music]

Lorsqu’une note est prolongée par une liaison de tenue, l’altération ne sera réimprimée que s’il y a un saut de ligne.

cis1 ~ 1 ~
\break
cis

[image of music]

Morceaux choisis

Non répétition de l’altération après saut de ligne sur liaison de prolongation

Cet exemple illustre comment, lorsqu’une note affublée d’une altération accidentelle est prolongée, ne pas répéter cette altération après un saut de ligne.

\relative c'' {
  \override Accidental.hide-tied-accidental-after-break = ##t
  cis1~ 1~
  \break
  cis
}

[image of music]

Suppression des bécarres superflus

En accord avec les règles traditionnelles de l’écriture musicale, on grave un bécarre avant un dièse ou un bémol si la note était auparavant affublée d’un double-dièse ou double-bémol. Pour adopter un comportement plus contemporain, la propriété extraNatural du contexte Staff doit se voir attribuer la valeur ##f (faux).

\relative c'' {
  aeses4 aes ais a
  \set Staff.extraNatural = ##f
  aeses4 aes ais a
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : dièse, bémol, double dièse, double bémol, Nom des notes, quart de ton.

Manuel d’initiation : Altérations et armure.

Manuel de notation : Altérations accidentelles automatiques, Altérations suggérées (musica ficta), Nom des notes dans d’autres langues.

Morceaux choisis : Hauteurs.

Références des propriétés internes : Accidental_engraver, Accidental, AccidentalCautionary, accidental-interface.

Problèmes connus et avertissements

Il n’y a pas de standard universellement accepté pour noter le bémol et demi (qui abaisse la hauteur trois quarts de ton), le symbole de LilyPond n’est donc conforme à aucun standard.


Nom des notes dans d’autres langues

Vous disposez de jeux prédéfinis de noms de note et altérations pour plusieurs autres langues. Pour les utiliser, il suffit de déclarer, en début de fichier, la langue que vous utilisez. Voici comment, par exemple, utiliser l’italien pour votre saisie :

\language "italiano"

\relative do' {
  do re mi sib
}

[image of music]

Les langues disponibles ainsi que les noms de note utilisés sont les suivants :

Langue

Nom des notes

nederlands

c d e f g a bes b

catalan

do re mi fa sol la sib si

deutsch

c d e f g a b h

english

c d e f g a bf b

espanol ou español

do re mi fa sol la sib si

italiano ou français

do re mi fa sol la sib si

norsk

c d e f g a b h

portugues

do re mi fa sol la sib si

suomi

c d e f g a b h

svenska

c d e f g a b h

vlaams

do re mi fa sol la sib si

et les suffixes d’altération correspondants :

Langue

dièse

bémol

double dièse

double bémol

nederlands

-is

-es

-isis

-eses

catalan

-d/-s

-b

-dd/-ss

-bb

deutsch

-is

-es

-isis

-eses

english

-s/-sharp

-f/-flat

-ss/-x/-sharpsharp

-ff/-flatflat

espanol ou español

-s

-b

-ss/-x

-bb

italiano ou français

-d

-b

-dd

-bb

norsk

-iss/-is

-ess/-es

-ississ/-isis

-essess/-eses

portugues

-s

-b

-ss

-bb

suomi

-is

-es

-isis

-eses

svenska

-iss

-ess

-ississ

-essess

vlaams

-k

-b

-kk

-bb

Notez qu’en hollandais, en allemand, en norvégien et en suédois, un la altéré de bémol se note aes et aeses. Ces formes sont contractées en as et ases (ou plus communément asas). Dans certains fichiers linguistiques, seules ces formes abrégées ont été définies.

a2 as e es a ases e eses

[image of music]

Certaines musiques utilisent des microtonalités, pour lesquelles les altérations sont des fractions de dièse ou bémol « normaux ». Le tableau suivant répertorie les noms de note en quart de ton, tels que définis dans plusieurs fichiers linguistiques. Les préfixes semi- et sesqui- correspondent au demi- et trois demis. À noter qu’aucune définition n’existe à ce jour pour le norvégien, le suédois, le catalan et l’espagnol.

Langue

semi-dièse

semi-bémol

sesqui-dièse

sesqui-bémol

nederlands

-ih

-eh

-isih

-eseh

deutsch

-ih

-eh

-isih

-eseh

english

-qs

-qf

-tqs

-tqf

espanol

-cs

-cb

-tcs

-tcb

italiano

-sd

-sb

-dsd

-bsb

portugues

-sqt

-bqt

-stqt

-btqt

La plupart des langues dont nous venons de parler correspondent à la musique classique occidentale au tempérament égal – le concept de Common Practice Period en anglais. LilyPond prend néanmoins en charge d’autres systèmes de notation, comme indiqué au chapitre Noms des notes et altérations non-occidentaux.

Voir aussi

Glossaire musicologique : Nom des notes, Common Practice Period.

Manuel de notation : Noms des notes et altérations non-occidentaux.

Fichiers d’initialisation : ‘scm/define-note-names.scm’.

Morceaux choisis : Hauteurs.


1.1.2 Modification de plusieurs hauteurs

Cette partie traite de la manière de modifier les hauteurs de note.


Vérifications d’octave

Les tests d’octave rendent la correction d’erreurs d’octave plus facile dans le mode d’octave relative – un , ou un ' oublié, ça n’arrive pas qu’aux autres !

Une note peut être suivie de =apostrophes/virgules pour indiquer à quelle octave absolue elle devrait être. Dans l’exemple suivant, le premier d générera un avertissement, puisqu’on attend un d'' – intervalle inférieur à la quarte – mais qu’on obtient un d'. Sur la partition, l’octave sera corrigée pour donner un d' et la prochaine note sera calculée en fonction de ce d' et non de d''.

\relative c'' {
  c2 d='4 d
  e2 f
}

[image of music]

Il existe aussi une vérification d’octave qui ne produit pas de musique imprimée, ayant pour syntaxe \octaveCheck hauteur_référencehauteur_référence étant spécifiée en mode absolu. Cette commande vérifie que l’intervalle entre la note qui précède et hauteur_référence est inférieur à la quinte comme il se doit en mode relatif. Dans le cas contraire, un message sera émis et la note précédente ne sera pas modifiée. Les notes suivantes seront, par contre, positionnées relativement à hauteur_référence.

\relative c'' {
  c2 d
  \octaveCheck c'
  e2 f
}

[image of music]

Dans les deux mesures qui suivent, les premier et troisième \octaveCheck échouent, mais le deuxième est concluant.

\relative c'' {
  c4 f g f

  c4
  \octaveCheck c'
  f
  \octaveCheck c'
  g
  \octaveCheck c'
  f
}

[image of music]

Voir aussi

Morceaux choisis : Hauteurs.

Référence des propriétés internes : RelativeOctaveCheck.


Transposition

Une expression musicale peut être transposée avec \transpose. En voici la syntaxe :

\transpose note_de_départ note_d_arrivée expression_musicale

Cela signifie que expression_musicale est transposé de l’intervalle séparant note_de_départ et note_d_arrivée : toute note dont la hauteur était note_de_départ est changée en note_d_arrivée ; les autres notes seront changées selon le même intervalle. Les deux hauteurs s’expriment en octave absolue.

Note : La musique contenue dans un bloc \transpose est en octaves absolues, sauf à inclure dans ce même bloc une clause \relative.

Prenons comme exemple une pièce écrite en ré majeur. Si cette pièce est un peu trop basse pour l’interprète, elle peut être transposée en mi majeur. Vous noterez que l’armure est automatiquement modifiée.

\transpose d e {
  \relative c' {
    \key d \major
    d4 fis a d
  }
}

[image of music]

Regardons maintenant une partie écrite pour violon – un instrument en ut. Si cette partie doit être jouée par une clarinette en la (écrite à la tierce mineure supérieure, un do écrit donnant un la réel), la transposition suivante créera la partie appropriée.

\transpose a c' {
  \relative c' {
    \key c \major
    c4 d e g
  }
}

[image of music]

La présence de \key c \major s’explique par le fait que, bien que les notes soient effectivement transposées, l’armure ne sera imprimée que dans la mesure où elle est explicitement mentionnée.

\transpose fait la distinction entre les notes enharmoniques : \transpose c cis et \transpose c des transposeront la pièce un demi-ton plus haut, au détail près que la première version écrira des dièses et la deuxième des bémols.

music = \relative c' { c d e f }
\new Staff {
  \transpose c cis { \music }
  \transpose c des { \music }
}

[image of music]

On peut aussi utiliser \transpose pour entrer des notes écrites pour un instrument transpositeur. Normalement, les hauteurs dans LilyPond sont écrites en ut, c’est à dire en sons réels, mais elles peuvent être écrites dans un autre ton. Prenons l’exemple d’un morceau pour trompette en si bémol commençant sur un ré à l’oreille ; on pourrait écrire

musiqueEnSiBemol = { e4 … }
\transpose c bes, \musiqueEnSiBemol

Pour imprimer cette musique en fa – et de ce fait produire une partie de cor au lieu d’un conducteur en notes réelles – on utilisera un deuxième \transpose :

musiqueEnSiBemol = { e4 … }
\transpose f c' { \transpose c bes, \musiqueEnSiBemol }

Pour plus d’information à ce sujet, consultez Instruments transpositeurs.

Morceaux choisis

Transposition et réduction du nombre d’altérations accidentelles

Cet exemple, grâce à un peu de code Scheme, donne la priorité aux enharmoniques afin de limiter le nombre d’altérations supplémentaires. La règle applicable est :

Cette façon de procéder aboutit à plus d’enharmoniques naturelles.

#(define (naturalize-pitch p)
   (let ((o (ly:pitch-octave p))
         (a (* 4 (ly:pitch-alteration p)))
         ;; alteration, a, in quarter tone steps,
         ;; for historical reasons
         (n (ly:pitch-notename p)))
     (cond
      ((and (> a 1) (or (eq? n 6) (eq? n 2)))
       (set! a (- a 2))
       (set! n (+ n 1)))
      ((and (< a -1) (or (eq? n 0) (eq? n 3)))
       (set! a (+ a 2))
       (set! n (- n 1))))
     (cond
      ((> a 2) (set! a (- a 4)) (set! n (+ n 1)))
      ((< a -2) (set! a (+ a 4)) (set! n (- n 1))))
     (if (< n 0) (begin (set! o (- o 1)) (set! n (+ n 7))))
     (if (> n 6) (begin (set! o (+ o 1)) (set! n (- n 7))))
     (ly:make-pitch o n (/ a 4))))

#(define (naturalize music)
   (let ((es (ly:music-property music 'elements))
         (e (ly:music-property music 'element))
         (p (ly:music-property music 'pitch)))
     (if (pair? es)
         (ly:music-set-property!
          music 'elements
          (map (lambda (x) (naturalize x)) es)))
     (if (ly:music? e)
         (ly:music-set-property!
          music 'element
          (naturalize e)))
     (if (ly:pitch? p)
         (begin
           (set! p (naturalize-pitch p))
           (ly:music-set-property! music 'pitch p)))
     music))

naturalizeMusic =
#(define-music-function (parser location m)
   (ly:music?)
   (naturalize m))

music = \relative c' { c4 d e g }

\score {
  \new Staff {
    \transpose c ais { \music }
    \naturalizeMusic \transpose c ais { \music }
    \transpose c deses { \music }
    \naturalizeMusic \transpose c deses { \music }
  }
  \layout { }
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Octaves relatives, Instruments transpositeurs, Inversion, Transformations modales, Rétrogradation.

Morceaux choisis : Hauteurs.

Référence des propriété internes : TransposedMusic.

Problèmes connus et avertissements

Si vous voulez utiliser en même temps \transpose et \relative, vous devez mettre \transpose en dehors de \relative, puisque \relative n’aura aucun effet sur la musique apparaissant dans un \transpose.

La fonction \transpose ne permet pas d’imprimer des altérations triples ; elle les remplacera par un « équivalent enharmonique » – par exemple ré bémol au lieu de mi triple bémol.


Inversion

Une expression musicale peut s’inverser et être transposée à l’aide de l’instruction

\inversion hauteur-pivot hauteur-arrivée expression_musicale

L’expression_musicale sera alors inversée, intervalle par intervalle, puis transposée de telle sorte que hauteur-pivot devienne hauteur-arrivée.

music = \relative c' { c d e f }
\new Staff {
  \music
  \inversion d' d' \music
  \inversion d' ees' \music
}

[image of music]

Note : Le motif à inverser doit être exprimé en hauteur absolue, à moins d’avoir été préalablement inclus explicitement dans un bloc \relative.

Voir aussi

Manuel de notation : Transformations modales, Rétrogradation, Transposition.


Rétrogradation

Une expression musicale peut se renverser et se présenter sous forme rétrograde :

music = \relative c' { c8. ees16( fis8. a16 b8.) gis16 f8. d16 }

\new Staff {
  \music
  \retrograde \music
}

[image of music]

Problèmes connus et avertissements

Une liaison de prolongation à l’intérieur d’un bloc \retrograde sera de fait rompue, ce qui générera un message d’avertissement. Des liaisons de prolongation seront toutefois générées automatiquement dès lors qu’est activé le Découpage automatique des notes.

Voir aussi

Manuel de notation : Inversion, Transformations modales, Transposition.


Transformations modales

Dans une composition basée sur une gamme, un même motif est transformé à plusieurs reprises et selon des schémas différents. Il peut être transposé pour partir de différents points de la gamme ou bien être inversé à partir d’une note pivot dans la gamme. Il peut aussi être renversé pour produire une rétrogradation.

Note : Toute note qui ne ferait pas partie de la gamme en question ne sera pas transformée.

Transposition modale

Un motif peut se transposer selon une gamme donnée :

\modalTranspose hauteur-départ hauteur-arrivée gamme motif

Les notes de motif seront décalées à l’intérieur de la gamme selon leur degré, déterminé par l’intervalle entre hauteur-départ et hauteur-arrivée :

diatonicScale = \relative c' { c d e f g a b }
motif = \relative c' { c8 d e f g a b c }

\new Staff {
  \motif
  \modalTranspose c f \diatonicScale \motif
  \modalTranspose c b, \diatonicScale \motif
}

[image of music]

Il est ainsi possible de déterminer une gamme ascendante, quels qu’en soient l’amplitude et les différents intervalles :

pentatonicScale = \relative c' { ges aes bes des ees }
motif = \relative c' { ees8 des ges,4 <ges' bes,> <ges bes,> }

\new Staff {
  \motif
  \modalTranspose ges ees' \pentatonicScale \motif
}

[image of music]

L’utilisation de \modalTranspose avec une gamme chromatique produit les mêmes effets qu’un \transpose, à ceci près que les notes seront alors prédéterminées :

chromaticScale = \relative c' { c cis d dis e f fis g gis a ais b }
motif = \relative c' { c8 d e f g a b c }

\new Staff {
  \motif
  \transpose c f \motif
  \modalTranspose c f \chromaticScale \motif
}

[image of music]

Inversion modale

Un motif peut s’inverser selon une certaine gamme et à partir d’un pivot déterminé, puis transposé, le tout en une seule opération :

\modalInversion hauteur-pivot hauteur-arrivée gamme motif

Les notes de motif se retrouvent au même degré par rapport à hauteur-pivot dans la gamme, toutefois dans le sens opposé, puis décalées dans cette même gamme de l’intervalle séparant hauteur-départ et hauteur-arrivée.

Il est donc possible de simplement inverser à partir d’une des notes de la gamme en donnant la même valeur à hauteur-départ et hauteur-arrivée :

octatonicScale = \relative c' { ees f fis gis a b c d }
motif = \relative c' { c8. ees16 fis8. a16 b8. gis16 f8. d16 }

\new Staff {
  \motif
  \modalInversion fis' fis' \octatonicScale \motif
}

[image of music]

Pour permuter deux notes de la gamme, il suffit donc d’inverser à partir de l’une des notes et de transposer d’un degré de la gamme. Les deux notes spécifiées peuvent s’interpréter comme étant les bornes du pivot.

scale = \relative c' { c g' }
motive = \relative c' { c c g' c, }

\new Staff {
  \motive
  \modalInversion c' g' \scale \motive
}

[image of music]

L’opération conjointe d’une inversion et d’une rétrogradation produit une rétrogradation inversée :

octatonicScale = \relative c' { ees f fis gis a b c d }
motif = \relative c' { c8. ees16 fis8. a16 b8. gis16 f8. d16 }

\new Staff {
  \motif
  \retrograde \modalInversion c' c' \octatonicScale \motif
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Inversion, Rétrogradation, Transposition.


1.1.3 Gravure des hauteurs

Nous allons voir dans cette partie comment influer sur la gravure des hauteurs.


Clefs

La clef indique quelles lignes de la portée correspondent à quelles hauteurs. Elle peut changer au fil du morceau, comme dans l’exemple suivant qui indique le do médium dans différentes clefs :

\clef treble
c2 c
\clef alto
c2 c
\clef tenor
c2 c
\clef bass
c2 c

[image of music]

LilyPond met à votre disposition d’autres clefs :

\clef french
c2 c
\clef soprano
c2 c
\clef mezzosoprano
c2 c
\clef baritone
c2 c

\break

\clef varbaritone
c2 c
\clef subbass
c2 c
\clef percussion
c2 c

\break

\clef G   % synonym for treble
c2 c
\clef F   % synonym for bass
c2 c
\clef C   % synonym for alto
c2 c

[image of music]

En ajoutant _8 ou ^8 au nom de la clef, celle-ci est transposée à l’octave respectivement inférieure ou supérieure, et _15 ou ^15 la transpose de deux octaves. D’autres nombres entiers peuvent être utilisés selon les besoins. L’argument clefname doit être mis entre guillemets lorsqu’il contient des caractères supplémentaires. Par exemple,

\clef treble
c2 c
\clef "treble_8"
c2 c
\clef "bass^15"
c2 c
\clef "alto_2"
c2 c
\clef "G_8"
c2 c
\clef "F^5"
c2 c

[image of music]

Une indication d’octaviation optionnelle s’obtient en entourant l’argument numérique par des parenthèses ou des crochets :

\clef "treble_(8)"
c2 c
\clef "bass^[15]"
c2 c

[image of music]

Les hauteurs seront affichées comme si l’argument numérique n’avait pas été encadré de parenthèses ou crochets.

Il existe d’autres clefs, destinées à un usage particulier. Voir à ce sujet Notations anciennes, Clefs anciennes, Clefs grégoriennes, Tablatures par défaut et Tablatures personnalisées. La nécessité de recourir à d’autres clefs dans le cas où la partition comprend des petites notes est abordée au chapitre Mise en forme d’une citation – voir les fonctions \cueClef et \cueDuringWithClef.

Morceaux choisis

Affinage des propriétés d’une clef

La commande \clef "treble_8" équivaut à définir clefGlyph, clefPosition – qui contrôle la position verticale de la clef – middleCPosition et clefTransposition. Une clef est imprimée lorsque l’une de ces propriétés, hormis middleCPosition, est modifiée. Les exemples suivant font apparaître des possibilités de réglage manuel de ces propriétés.

Modifier le glyphe, la position de la clef ou son octaviation ne changeront pas la position des notes ; il faut pour y parvenir modifier aussi la position du do médium. La redéfinition préalable de middleCClefPosition permet de placer l’armure sur les bonnes lignes. Le positionnement est relatif à la ligne médiane, un nombre positif faisant monter, chaque ligne ou interligne comptant pour 1. La valeur de clefTransposition devrait être de 7, -7, 15 ou -15, bien que rien n’empêche de lui affecter une autre valeur.

Lorsqu’un changement de clef intervient en même temps qu’un saut de ligne, la nouvelle clef est imprimée à la fois en fin de ligne et au début de la suivante. Vous pouvez toujours supprimer cette « clef de précaution » en affectant la valeur end-of-line-invisible à la propriété explicitClefVisibility du contexte Staff. Le comportement par défaut sera réactivé par \unset Staff.explicitClefVisibility.

Les exemples qui suivent illustrent les différentes possibilités de définir ces propriétés manuellement. Sur la première ligne, la position relative des notes par rapport aux clefs est préservée, ce qui n’est pas le cas pour la deuxième ligne.

\layout { ragged-right = ##t }
{
  % The default treble clef
  \key f \major
  c'1
  % The standard bass clef
  \set Staff.clefGlyph = #"clefs.F"
  \set Staff.clefPosition = #2
  \set Staff.middleCPosition = #6
  \set Staff.middleCClefPosition = #6
  \key g \major
  c'1
  % The baritone clef
  \set Staff.clefGlyph = #"clefs.C"
  \set Staff.clefPosition = #4
  \set Staff.middleCPosition = #4
  \set Staff.middleCClefPosition = #4
  \key f \major
  c'1
  % The standard choral tenor clef
  \set Staff.clefGlyph = #"clefs.G"
  \set Staff.clefPosition = #-2
  \set Staff.clefTransposition = #-7
  \set Staff.middleCPosition = #1
  \set Staff.middleCClefPosition = #1
  \key f \major
  c'1
  % A non-standard clef
  \set Staff.clefPosition = #0
  \set Staff.clefTransposition = #0
  \set Staff.middleCPosition = #-4
  \set Staff.middleCClefPosition = #-4
  \key g \major
  c'1 \break

  % The following clef changes do not preserve
  % the normal relationship between notes, key signatures
  % and clefs:

  \set Staff.clefGlyph = #"clefs.F"
  \set Staff.clefPosition = #2
  c'1
  \set Staff.clefGlyph = #"clefs.G"
  c'1
  \set Staff.clefGlyph = #"clefs.C"
  c'1
  \set Staff.clefTransposition = #7
  c'1
  \set Staff.clefTransposition = #0
  \set Staff.clefPosition = #0
  c'1

  % Return to the normal clef:

  \set Staff.middleCPosition = #0
  c'1
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Notations anciennes, Clefs anciennes, Clefs grégoriennes, Mise en forme d’une citation, Tablatures par défaut, Tablatures personnalisées.

Morceaux choisis: Hauteurs.

Référence des propriétés internes : Clef_engraver, Clef, ClefModifier, clef-interface.

Problèmes connus et avertissements

L’indicateur d’octaviation attaché à la clef est un objet graphique en lui même. Par voie de conséquence, tout \override affectant l’objet Clef devra être manuellement répercuté sur l’objet ClefModifier.

[image of music]


Armure

Note : Les nouveaux utilisateurs sont parfois déroutés par la gestion des altérations et de l’armure. Pour LilyPond, une hauteur n’est que du matériau brut ; l’armure et la clef ne feront que déterminer comment ce matériau sera retranscrit. Un simple c signifie tout bonnement « do naturel » quelles que soient l’armure et la clef en question. Pour plus d’information, reportez-vous au chapitre Altérations et armure.

L’armure indique la tonalité dans laquelle la pièce doit être jouée. Elle comprend un ensemble d’altérations (dièses ou bémols) à la clef, c’est-à-dire au début de la portée. Elle peut varier en cours de morceau.

On définit ou modifie l’armure avec la commande \key :

\key hauteur mode

Ici, mode doit être \major ou \minor afin d’avoir respectivement hauteur-majeur ou hauteur-mineur. Vous pouvez aussi avoir recours aux modes anciens que sont \ionian, \locrian, \aeolian, \mixolydian, \lydian, \phrygian et \dorian.

\key g \major
fis1
f
fis

[image of music]

Rien n’empèche de définir d’autres modes, en listant l’altération de chacun des degrés de la gamme en partant du do.

freygish = #`((0 . ,NATURAL) (1 . ,FLAT) (2 . ,NATURAL)
    (3 . ,NATURAL) (4 . ,NATURAL) (5 . ,FLAT) (6 . ,FLAT))

\relative c' {
  \key c \freygish c4 des e f
  \bar "||" \key d \freygish d es fis g
}

[image of music]

Les altérations à la clef peuvent s’imprimer à des octaves différents de leur position traditionnelle ou à plusieurs octaves, à l’aide des propriétés flat-positions et sharp-positions de l’objet KeySignature. Les entrées fourniees à ces propriétés définissent l’amplitude des positions sur la portée où les altérations seront imprimées. Dans le cas où l’entrée est constituée d’une position unique, les altérations seront placées à l’intérieur de l’octave finissant à cette position sur la portée.

\override Staff.KeySignature.flat-positions = #'((-5 . 5))
\override Staff.KeyCancellation.flat-positions = #'((-5 . 5))
\clef bass \key es \major es g bes d
\clef treble \bar "||" \key es \major es g bes d

\override Staff.KeySignature.sharp-positions = #'(2)
\bar "||" \key b \major b fis b2

[image of music]

Morceaux choisis

Suppression des bécarres superflus après un changement de tonalité

Après un changement de tonalité, un bécarre est imprimé pour annuler toute altération précédente. Ce comportement s’annule en désactivant la propriété printKeyCancellation du contexte Staff.

\relative c' {
  \key d \major
  a4 b cis d
  \key g \minor
  a4 bes c d
  \set Staff.printKeyCancellation = ##f
  \key d \major
  a4 b cis d
  \key g \minor
  a4 bes c d
}

[image of music]

Armures inhabituelles

La commande \key détermine la propriété keySignature d’un contexte Staff.

Des armures inhabituelles peuvent être spécifiées en modifiant directement cette propriété. Il s’agit en l’occurrence de définir une liste :

\set Staff.keySignature = #`(((octave . pas) . altération) ((octave . pas) . altération) …)

dans laquelle, et pour chaque élément, octave spécifie l’octave (0 pour celle allant du do médium au si supérieur), pas la note dans cette octave (0 pour do et 6 pour si), et altération sera ,SHARP ,FLAT ,DOUBLE-SHARP etc. (attention à la virgule en préfixe).

Une formulation abrégée – (pas . altération) – signifie que l’altération de l’élément en question sera valide quel que soit l’octave.

Voici, par exemple, comment générer une gamme par ton :

\relative c' {
  \set Staff.keyAlterations = #`((6 . ,FLAT)
                                 (5 . ,FLAT)
                                 (3 . ,SHARP))
  c4 d e fis
  aes4 bes c2
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : mode d’église, scordatura.

Manuel d’initiation : Altérations et armure.

Morceaux choisis : Hauteurs.

Référence des propriétés internes : KeyChangeEvent, Key_engraver, Key_performer, KeyCancellation, KeySignature, key-signature-interface.


Marques d’octaviation

Les marques d’octaviation, Ottava, permettent d’introduire une transposition spécifique d’une octave pour la portée en cours. C’est la fonction ottava qui s’en charge.

a2 b
\ottava #-2
a2 b
\ottava #-1
a2 b
\ottava #0
a2 b
\ottava #1
a2 b
\ottava #2
a2 b

[image of music]

Morceaux choisis

Texte des marques d’octaviation

En interne, la fonction \ottava détermine les propriétés ottavation (par ex. en "8va" ou "8vb") et centralCPosition. Vous pouvez modifier le texte d’une marque d’octaviation en définissant ottavation après avoir fait appel à ottava :

{
  \ottava #1
  \set Staff.ottavation = #"8"
  c''1
  \ottava #0
  c'1
  \ottava #1
  \set Staff.ottavation = #"Text"
  c''1
}

[image of music]

Ajout d’une indication d’octave pour une seule voix

Lorsque plusieurs voix cohabitent sur une même portée, déterminer l’octaviation d’une voix affectera la position des notes de toutes les voix, jusqu’à la fin du crochet d’octaviation. Si l’octaviation ne doit s’appliquer qu’à une seule voix, les positionnements du do central (propriété middleCPosition) et du crochet d’octaviation peuvent s’indiquer explicitement. Dans l’exemple suivant, le middleCPosition qui a normalement une valeur de 6 en clef de fa – soit six crans au-dessus de la ligne médiane – est déterminé à 7 crans au-dessus (une octave) pour la durée de l’ottava.

{
  \clef bass
  << { <g d'>1~ q2 <c' e'> }
  \\
    {
      r2.
      \set Staff.ottavation = #"8vb"
      \once \override Staff.OttavaBracket.direction = #DOWN
      \set Voice.middleCPosition = #(+ 6 7)
      <b,,, b,,>4 ~ |
      q2
      \unset Staff.ottavation
      \unset Voice.middleCPosition
      <c e>2
    }
  >>
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : octaviation.

Morceaux choisis : Hauteurs.

Référence des propriétés internes : Ottava_spanner_engraver, OttavaBracket, ottava-bracket-interface.


Instruments transpositeurs

Lorsque l’on saisit une partition d’ensemble incluant des instruments transpositeurs, certaines parties peuvent être dans une autre tonalité que la tonalité de concert. Il faudra en pareil cas indiquer la tonalité spécifique de ces instruments transpositeurs, sous peine de fichier MIDI erroné et de citations incorrectes. Pour plus de détails sur les citations, consultez le chapitre Citation d’autres voix.

\transposition hauteur

La hauteur donnée en argument à \transposition doit correspondre à la note entendue lorsqu’un do écrit sur la portée est joué par l’instrument transpositeur. Cette hauteur doit être mentionnée en mode absolu. Par exemple, lorsque vous saisissez une partition en notes réelles, toutes les voix devraient être en ut ; si un instrument joue un ton au dessus, il faudra lui ajouter un \transposition d'. La commande \transposition s’utilise si et seulement si les notes à saisir ne sont pas dans la tonalité de concert.

Voici un fragment pour violon et clarinette en si bémol (B-flat) pour lequel les parties respectives ont été recopiées à partir du conducteur. Les deux instruments sont à l’unisson.

\new GrandStaff <<
  \new Staff = "violin" {
    \relative c'' {
      \set Staff.instrumentName = #"Vln"
      \set Staff.midiInstrument = #"violin"
      % not strictly necessary, but a good reminder
      \transposition c'

      \key c \major
      g4( c8) r c r c4
    }
  }
  \new Staff = "clarinet" {
    \relative c'' {
      \set Staff.instrumentName = \markup { Cl (B\flat) }
      \set Staff.midiInstrument = #"clarinet"
      \transposition bes

      \key d \major
      a4( d8) r d r d4
    }
  }
>>

[image of music]

La \transposition peut évoluer au cours d’un morceau. Un clarinettiste peut être amené à jongler avec une clarinette en la et une autre en si bémol.

flute = \relative c'' {
  \key f \major
  \cueDuring #"clarinet" #DOWN {
    R1 _\markup\tiny "clarinet"
    c4 f e d
    R1 _\markup\tiny "clarinet"
  }
}
clarinet = \relative c'' {
  \key aes \major
  \transposition a
  aes4 bes c des
  R1^\markup { muta in B\flat }
  \key g \major
  \transposition bes
  d2 g,
}
\addQuote "clarinet" \clarinet
<<
  \new Staff \with { instrumentName = #"Flute" }
    \flute
  \new Staff \with { instrumentName = #"Cl (A)" }
    \clarinet
>>

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : tonalité de concert, instrument transpositeur.

Manuel de notation : Citation d’autres voix, Transposition.

Morceaux choisis : Hauteurs.


Altérations accidentelles automatiques

LilyPond dispose d’une fonction chargée de regrouper les règles suivant lesquelles s’impriment les altérations. Elle s’invoque de la manière suivante :

\new Staff <<
  \accidentalStyle voice
  { … }
>>

La règle de gestion des altérations s’applique par défaut au contexte Staff en cours, exception faite des styles piano et piano-cautionary comme nous allons le voir. Cette fonction accepte un éventuel argument supplémentaire chargé de spécifier le champ d’action de la règle à suivre. À titre d’exemple, il faudra utiliser, pour que toutes les portées d’un même système – contexte StaffGroup – soient soumises à la même règle :

\accidentalStyle StaffGroup.voice

Nous vous présentons ci-après les différentes règles d’altération prises en charge. Pour les besoins de la démonstration, nous partirons de l’exemple suivant :

musicA = {
  <<
    \relative c' {
      cis'8 fis, bes4 <a cis>8 f bis4 |
      cis2. <c, g'>4 |
    }
    \\
    \relative c' {
      ais'2 cis, |
      fis8 b a4 cis2 |
    }
  >>
}

musicB = {
  \clef bass
  \new Voice {
    \voiceTwo \relative c' {
      <fis, a cis>8[ <fis a cis>
      \change Staff = up
      cis' cis
      \change Staff = down
      <fis, a> <fis a>]
      \showStaffSwitch
      \change Staff = up
      dis'4 |
      \change Staff = down
      <fis, a cis>4 gis <f a d>2 |
    }
  }
}

\new PianoStaff {
  <<
    \context Staff = "up" {
      \accidentalStyle default
      \musicA
    }
    \context Staff = "down" {
      \accidentalStyle default
      \musicB
    }
  >>
}

[image of music]

Notez bien que pour appliquer le même style aux deux portées, seules les dernières lignes de cet exemple nous intéressent.

\new PianoStaff {
  <<
    \context Staff = "haut" {
      %%% voici la ligne à modifier en conséquence :
      \accidentalStyle Score.default
      \musicA
    }
    \context Staff = "bas" {
      \musicB
    }
  >>
}
default

C’est la règle d’impression par défaut, qui se rapporte à l’usage en vigueur au XVIIIe siècle : les altérations accidentelles sont valables tout une mesure, et uniquement à leur propre octave. C’est la raison pour laquelle il n’y a pas de bécarre avant le si de la deuxième mesure, ni avant le dernier do.

[image of music]

voice

En principe, LilyPond se souvient de toutes les altérations présentes sur la portée (contexte Staff). Avec cette règle, cependant, les altérations sont indépendantes pour chacune des voix tout en obéissant à la règle default.

Les altérations d’une voix sont de fait ignorées dans les autres voix, ce qui peut donner lieu à un résultat malencontreux. Dans l’exemple suivant, il est difficile de dire si le deuxième la est dièse ou naturel. La règle voice n’est donc à envisager que dans le cas de voix devant être lues par des musiciens différents. S’il s’agit d’un « conducteur », ou d’une portée destinée à un seul musicien, il vaut mieux utiliser modern ou modern-cautionary.

[image of music]

modern

Cette règle est la plus courante au XXe siècle. Certains bécarres ne sont pas imprimés, comme il était d’usage lorsqu’une note diésée suit cette même note flanquée d’un double dièse, ou bien un bémol un double bémol. Le style modern suit la même règle que le style default, avec deux additions afin de lever les ambiguïtés : lorsqu’une note non altérée apparaît à une octave différente, ou bien dans la mesure suivante, des bécarres de précaution sont ajoutés. Dans l’exemple suivant, notez ainsi les deux bécarres dans la deuxième mesure de la main droite.

[image of music]

modern-cautionary

Cette règle est équivalente à modern, mais les bécarres de précaution (absents dans la règle default) sont imprimés de façon particulière : soit plus petit, soit (par défaut) entre parenthèses – il est possible de le définir au moyen de la propriété cautionary-style de l’objet AccidentalSuggestion.

[image of music]

modern-voice

Cette règle sert aux altérations dans de la musique polyphonique destinée autant à des musiciens différents qu’à quelqu’un qui lirait l’ensemble des voix. Les altérations sont imprimées voix par voix, mais les autres voix d’un même contexte Staff en tiennent compte cette fois. C’est pourquoi le la de la dernière mesure est affublé d’un bécarre bien qu’il y en ait déjà eu un dans la mesure précédente, et que le de la main gauche en ait un alors que le dièse qu’il avait auparavant concernait la main droite.

[image of music]

modern-voice-cautionary

Cette règle est similaire à la précédente, mais les altérations de précaution (celles que n’aurait pas ajoutées voice), sont imprimées de façon particulière. On retrouve donc toutes les altérations qu’imprimerait default, mais certaines sont considérées comme étant « de précaution ».

[image of music]

piano

Cette règle est communément employée pour les partitions de piano au XXe siècle. Très similaire à modern de par son comportement, elle s’en distingue en ce que les altérations tiennent compte des autres portées du contexte GrandStaff ou PianoStaff.

Cette règle s’applique par défaut dans un GrandStaff et dans un PianoStaff.

[image of music]

piano-cautionary

Identique au style piano, mais les altérations de précaution sont imprimées différemment.

[image of music]

neo-modern

Cette règle suit les pratiques de la musique contemporaine : les altérations accidentelles apparaissent comme dans le style modern, à ceci près qu’elles sont répétées dans la même mesure – sauf si elles concernent deux notes consécutives.

[image of music]

neo-modern-cautionary

Identique au style neo-modern, mais les altérations de précaution sont imprimées différemment.

[image of music]

neo-modern-voice

Cette règle sert aux altérations dans de la musique polyphonique destinée autant à des musiciens différents qu’à quelqu’un qui lirait l’ensemble des voix. Les altérations sont imprimées voix par voix comme avec le style neo-modern mais les autres voix dans le même contexte Staff en tiennent aussi compte.

[image of music]

neo-modern-voice-cautionary

Cette règle est identique à neo-modern-voice, mais les altérations de précaution sont imprimées soit entre parenthèses (par défaut), soit en plus petit.

[image of music]

dodecaphonic

Cette règle reproduit ce que certains compositeurs du début du XXe siècle ont introduit dans leur désir d’abolir la distinction entre les notes naturelles ou non. Ainsi, chaque note est affublée d’une altération, même si elle est naturelle.

[image of music]

teaching

Cette règle est à usage pédagogique : l’impression d’une simple gamme fera apparaître une altération de précaution pour toute note altérée. Les altérations accidentelles sont imprimées selon le style modern, et une altération de précaution est ajoutée pour chaque dièse ou bémol à la clef – sauf dans le cas de notes consécutives.

[image of music]

no-reset

C’est la même règle que default, mais l’effet des altérations accidentelles ne cesse jamais, même dans les mesures suivantes.

[image of music]

forget

Tout le contraire de no-reset : l’effet des altérations cesse aussitôt ; toutes les altérations, quelque soit leur place dans la mesure, sont de ce fait imprimées en fonction de l’éventuelle armure.

[image of music]

Voir aussi

Morceaux choisis : Hauteurs.

Référence des propriétés internes : Accidental, Accidental_engraver, GrandStaff et PianoStaff, Staff, AccidentalSuggestion, AccidentalPlacement. accidental-suggestion-interface.

Problèmes connus et avertissements

Les notes simultanées sont considérées comme des évènements séquentiels. Ceci implique que, dans un accord, les altérations accidentelles seront imprimées comme si les notes de l’accord apparaissaient l’une après l’autre, en fonction de l’ordre dans lequel elles ont été saisies – ce qui peut poser problème lorsqu’au sein d’un accord certaines altérations dépendent les unes des autres. Ce problème est à résoudre manuellement, en insérant des ! et des ? après les notes concernées, tel ‘<f! fis!>’.

L’absence d’altération de précaution est déterminée par l’examen de la mesure précédente. Néanmoins, lorsqu’un bloc \alternative suit une section \repeat volta N, la logique voudrait que l’on regarde la dernière mesure jouée plutôt que la dernière imprimée. Dans l’exemple qui suit, vous conviendrez que le do de la seconde alternative ne nécessite pas son bécarre.

[image of music]

L’astuce suivante, qui définit temporairement le recours au style forget, permet d’obtenir quelque chose de présentable.

forget = #(define-music-function (parser location music) (ly:music?) #{
  \accidentalStyle forget
  #music
  \accidentalStyle modern
#})
{
  \accidentalStyle modern
  \time 2/4
  \repeat volta 2 {
    c'2
  }
  \alternative {
     cis'
     \forget c'
  }
}

[image of music]


Ambitus

L’ambitus est l’amplitude des hauteurs d’une voix donnée dans une partition. Ce terme peut aussi désigner la tessiture qu’un instrument est capable d’atteindre. Souvent, cet ambitus est imprimé au début des partitions vocales, afin que les exécutants puissent voir au premier coup d’œil s’ils sont en mesure de tenir la partie en question.

Pour exprimer l’ambitus d’une pièce, on indique avant la clef deux têtes de note représentant la hauteur la plus basse et la plus haute. Les éventuelles altérations accidentelles seront automatiquement ajoutées.

\layout {
  \context {
    \Voice
    \consists "Ambitus_engraver"
  }
}

\relative c'' {
  aes c e2
  cis,1
}

[image of music]

Morceaux choisis

Un ambitus par voix

L’ambitus peut être individualisé par voix. Il faut en pareil cas éviter qu’ils se chevauchent.

\new Staff <<
  \new Voice \with {
    \consists "Ambitus_engraver"
  } \relative c'' {
    \override Ambitus.X-offset = #2.0
    \voiceOne
    c4 a d e
    f1
  }
  \new Voice \with {
    \consists "Ambitus_engraver"
  } \relative c' {
    \voiceTwo
    es4 f g as
    b1
  }
>>

[image of music]

Ambitus sur plusieurs voix

Si plusieurs voix se trouvent sur une même portée, on peut attribuer le graveur Ambitus_engraver au contexte Staff afin d’obtenir l’ambitus de toutes les voix cumulées, non d’une seule des voix actives.

\new Staff \with {
  \consists "Ambitus_engraver"
  }
<<
  \new Voice \relative c'' {
    \voiceOne
    c4 a d e
    f1
  }
  \new Voice \relative c' {
    \voiceTwo
    es4 f g as
    b1
  }
>>

[image of music]

Réglage de l’affichage d’un ambitus

L’affichage d’un ambitus peut s’affiner pour répondre à vos préférences en matière d’esthétique.

\layout {
  \context {
    \Voice
    \consists "Ambitus_engraver"
  }
}

\new Staff {
  \time 2/4
  % Default setting
  c'4 g''
}

\new Staff {
  \time 2/4
  \override AmbitusLine.gap = #0
  c'4 g''
}

\new Staff {
  \time 2/4
  \override AmbitusLine.gap = #1
  c'4 g''
}

\new Staff {
  \time 2/4
  \override AmbitusLine.gap = #1.5
  c'4 g''
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : ambitus.

Morceaux choisis : Hauteurs.

Référence des propriétés internes : Ambitus_engraver, Voice, Staff, Ambitus, AmbitusAccidental, AmbitusLine, AmbitusNoteHead, ambitus-interface.

Problèmes connus et avertissements

LilyPond ne gère pas les collisions entre plusieurs ambitus présents sur une même portée.


1.1.4 Têtes de note

Nous allons voir dans ce chapitre comment modifier l’aspect des têtes de note.


Têtes de note spécifiques

L’apparence des têtes de note peut évoluer au cours de la partition :

c4 b
\override NoteHead.style = #'cross
c4 b
\revert NoteHead.style
a b
\override NoteHead.style = #'harmonic
a b
\revert NoteHead.style
c4 d e f

[image of music]

Pour une liste exhaustive des styles de tête de note, consultez Styles de tête de note.

Certains instruments utilisent des têtes de note différentes à des fins spécifiques – des croix (style cross) pour le parlato des chanteurs ou les notes étouffées des guitares :

c4 b
\xNotesOn
 a b c4 b
\xNotesOff
c4 d

[image of music]

Cette commande opère aussi bien sur des notes isolées qu’au sein d’un accord, dans une portée traditionnelle ou dans un contexte de tablature :

c4 b
\xNote { e f }
c b < g \xNote c f > b

[image of music]

Vous pouvez utiliser, en lieu et place de \xNote, \xNotesOn et \xNotesOff, les commandes \deadNote, \deadNotesOn et \deadNotesOff.

Il existe un raccourci pour les notes en losange :

<c f\harmonic>2 <d a'\harmonic>4 <c g'\harmonic> f\harmonic

[image of music]

Commandes prédéfinies

\harmonic, \xNotesOn, \xNotesOff, \xNote.

Voir aussi

Manuel de notation : Styles de tête de note, Notes en accords, Indication des harmoniques et notes étouffées.

Morceaux choisis : Hauteurs.

Référence des propriétés internes : note-event, Note_heads_engraver, Ledger_line_engraver, NoteHead. LedgerLineSpanner, note-head-interface, ledger-line-spanner-interface.


Têtes de note avec nom de note

Les notes « easy play » comportent le nom de la note à l’intérieur de la tête. On l’utilise dans des partitions pour débutants. L’impression doit être de plus grande taille, afin que les lettres soient lisibles. Voir à ce propos Définition de la taille de portée.

#(set-global-staff-size 26)
\relative c' {
  \easyHeadsOn
  c2 e4 f
  g1
  \easyHeadsOff
  c,1
}

[image of music]

Commandes prédéfinies

\easyHeadsOn, \easyHeadsOff.

Morceaux choisis

Easy play – chiffres en lieu et place des lettres

En mode « easy play », les têtes de note utilisent la propriété note-names attachée à l’objet NoteHead pour déterminer ce qui apparaîtra dans la tête. Intervenir sur cette propriété permet d’imprimer un chiffre correspondant au degré dans la gamme.

La création d’un graveur dédié permet de traiter toutes les notes.

#(define Ez_numbers_engraver
   (make-engraver
    (acknowledgers
     ((note-head-interface engraver grob source-engraver)
      (let* ((context (ly:translator-context engraver))
	     (tonic-pitch (ly:context-property context 'tonic))
	     (tonic-name (ly:pitch-notename tonic-pitch))
	     (grob-pitch
	      (ly:event-property (event-cause grob) 'pitch))
	     (grob-name (ly:pitch-notename grob-pitch))
	     (delta (modulo (- grob-name tonic-name) 7))
	     (note-names
	      (make-vector 7 (number->string (1+ delta)))))
	(ly:grob-set-property! grob 'note-names note-names))))))

#(set-global-staff-size 26)

\layout {
  ragged-right = ##t
  \context {
    \Voice
    \consists \Ez_numbers_engraver
  }
}

\relative c' {
  \easyHeadsOn
  c4 d e f
  g4 a b c \break

  \key a \major
  a,4 b cis d
  e4 fis gis a \break

  \key d \dorian
  d,4 e f g
  a4 b c d
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Définition de la taille de portée.

Morceaux choisis : Hauteurs.

Référence des propriétés internes : note-event, Note_heads_engraver, NoteHead, note-head-interface.


Têtes de note à forme variable

En notation profilée, le profil d’une tête de note correspond à la fonction harmonique de cette note dans la gamme. Ce style de notation était très en vogue dans les recueils de chansons américains du XIXe siècle. Voici comment procéder :

\aikenHeads
c, d e f g2 a b1 c \break
\sacredHarpHeads
c,4 d e f g2 a b1 c \break
\southernHarmonyHeads
c,4 d e f g2 a b1 c \break
\funkHeads
c,4 d e f g2 a b1 c \break
\walkerHeads
c,4 d e f g2 a b1 c \break

[image of music]

Les profils sont déterminés par la hauteur dans la gamme, le premier degré étant défini par la commande \key. Pour une tonalité mineure, les degrés sont déterminés par rapport au relatif majeur :

\key a \minor
\aikenHeads
a b c d e2 f g1 a \break
\aikenHeadsMinor
a,4 b c d e2 f g1 a \break
\sacredHarpHeadsMinor
a,2 b c d \break
\southernHarmonyHeadsMinor
a2 b c d \break
\funkHeadsMinor
a2 b c d \break
\walkerHeadsMinor
a2 b c d \break

[image of music]

Commandes prédéfinies

\aikenHeads, \aikenHeadsMinor, \funkHeads, \funkHeadsMinor, \sacredHarpHeads. \sacredHarpHeadsMinor, \southernHarmonyHeads, \southernHarmonyHeadsMinor, \walkerHeads, \walkerHeadsMinor.

Morceaux choisis

Profilage des notes selon leur degré dans la gamme

La propriété shapeNoteStyles permet d’affecter un profil particulier à chaque degré de la gamme – à partir de l’armure ou de la propriété tonic. Ses valeurs sont constituées d’une liste de symboles, qu’il s’agisse de formes géométriques (triangle, cross ou xcircle) ou basés sur la tradition des graveurs américains (avec quelques noms de note latins).

LilyPond dispose de deux raccourcis, \aikenHeads et \sacredHarpHeads, permettant de reproduire d’anciens recueils de chansons américaines.

L’exemple suivant montre plusieurs manières de profiler les têtes de note, ainsi que la capacité de transposer tout en respectant la fonction harmonique de chaque note dans la gamme.

fragment = {
  \key c \major
  c2 d
  e2 f
  g2 a
  b2 c
}

\new Staff {
  \transpose c d
  \relative c' {
    \set shapeNoteStyles = ##(do re mi fa
                               #f la ti)
    \fragment
  }

  \break

  \relative c' {
    \set shapeNoteStyles = ##(cross triangle fa #f
                               mensural xcircle diamond)
    \fragment
  }
}

[image of music]

Pour une liste exhaustive des styles de tête de note, consultez Styles de tête de note.

Voir aussi

Manuel de notation : Styles de tête de note.

Morceaux choisis : Hauteurs.

Référence des propriétés internes : note-event, Note_heads_engraver, NoteHead, note-head-interface.


Improvisation

L’improvisation peut quelquefois s’indiquer à l’aide de notes de forme allongée (slash). L’interprète jouera alors les notes qu’il veut, en respectant toutefois le rythme affiché. Ces têtes de notes sont créées ainsi :

\new Voice \with {
  \consists "Pitch_squash_engraver"
} {
  e8 e g a a16( bes) a8 g
  \improvisationOn
  e8 ~
  2 ~ 8 f4 f8 ~
  2
  \improvisationOff
  a16( bes) a8 g e
}

[image of music]

Commandes prédéfinies

\improvisationOn, \improvisationOff.

Voir aussi

Morceaux choisis : Hauteurs.

Référence des propriétés internes : Pitch_squash_engraver, Voice, RhythmicStaff.


1.2 Rythme

[image of music]

Cette section traite du rythme : durées, silences, barres de ligature et de mesure.


1.2.1 Écriture du rythme


Durées

Dans les modes de notes, d’accords et de paroles, les durées sont écrites avec des chiffres et des points : les durées sont indiquées par leur valeur fractionnaire par rapport à la durée d’une ronde. Une noire, par exemple, qui équivaut à un 1/4 de ronde – quarter note en anglais – s’écrit 4, alors qu’une blanche – half-note, 1/2 ronde – s’écrit 2. Pour des notes plus longues qu’une ronde, vous devrez utiliser les commandes \longa pour une longue, et \breve pour une brève, aussi appelée carrée. Des durées plus courtes que la quintuple croche – 1/128 de ronde – sont possibles, à condition de les ligaturer.

\time 8/1
c\longa c\breve c1 c2
c4 c8 c16 c32 c64 c128 c128

[image of music]

Voici ces mêmes durées sans la fonction de ligature automatique.

\time 8/1
\autoBeamOff
c\longa c\breve c1 c2
c4 c8 c16 c32 c64 c128 c128

[image of music]

Une note dont la durée est de quatre brèves s’obtient par la commande \maxima. Celle-ci n’est toutefois disponible que dans le cadre de la notation ancienne. Pour plus de détails, voir Notations anciennes.

Si la durée d’une note n’est pas précisée, elle est alors assimilée à la durée de la note précédente. La valeur par défaut pour la première note est la noire (4).

a a a2 a a4 a a1 a

[image of music]

Pour obtenir des notes pointées, ajoutez simplement un point (.) au chiffre. Les notes doublement pointées sont créées de la même façon.

a4 b c4. b8 a4. b4.. c8.

[image of music]

Certaines durées ne peuvent s’obtenir à partir de chiffres et de points, mais uniquement en « liant » deux ou plusieurs notes entre elles. Voir Liaisons de prolongation à ce sujet.

Quant à la manière de spécifier la durée des syllabes ou bien d’aligner des paroles par rapport aux notes, reportez vous au chapitre Musique vocale.

Espacer les notes selon leur durée relative est tout à fait possible. Pour plus de détails à ce sujet et sur les autres réglages propres à cette forme de notation, reportez vous à Notation proportionnelle.

Les points sont normalement haussés pour éviter les lignes de portée, sauf dans certaines polyphonies. Des commandes prédéfinies permettent de manuellement forcer une orientation particulière, comme indiqué au chapitre Direction et positionnement.

Commandes prédéfinies

\autoBeamOn, \autoBeamOff, \dotsUp, \dotsDown, \dotsNeutral.

Morceaux choisis

Brève alternative, avec deux barres verticales

Voici comment obtenir une brève – aussi appelée note carée – flanquée de deux barres verticales, au lieu d’une comme habituellement.

\relative c'' {
  \time 4/2
  c\breve |
  \override Staff.NoteHead.style = #'altdefault
  b\breve
  \override Staff.NoteHead.style = #'baroque
  b\breve
  \revert Staff.NoteHead.style
  a\breve
}

[image of music]

Spécification du nombre de points d’augmentation d’une note

Le nombre de points d’augmentation affectés à une note en particulier peut se modifier indépendamment des points placés après la note.

\relative c' {
  c4.. a16 r2 |
  \override Dots.dot-count = #4
  c4.. a16 r2 |
  \override Dots.dot-count = #0
  c4.. a16 r2 |
  \revert Dots.dot-count
  c4.. a16 r2 |
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : breve, longa, maxima, valeur des notes, Noms de durée (notes et silences).

Manuel de notation : Barres de ligature automatiques, Liaisons de prolongation, Hampes, Écriture du rythme, Écriture des silences, Musique vocale, Notations anciennes, Notation proportionnelle.

Morceaux choisis : Rythme.

Référence des propriétés internes : Dots, DotColumn.

Problèmes connus et avertissements

Il n’existe pas à proprement parler de limite (inférieure ou supérieure) en terme de durée d’un silence. Cependant, le nombre de glyphes disponibles ne couvre que les silences allant du trente-deuxième de soupir à la maxime (valant huit pauses).


Nolets

Les nolets – triolets, quintolets, etc. – sont obtenus en multipliant toutes les durées d’une expression musicale par une fraction.

\times fraction { expression_musicale }

La durée de l’expression_musicale sera multipliée par la fraction. Le numérateur de cette fraction sera imprimé au-dessus ou au-dessous des notes, parfois avec un crochet. Le nolet le plus courant est le triolet, dans lequel trois notes occupent la durée de deux.

a2 \tuplet 3/2 { b4 b b }
c4 c \tuplet 3/2 { b4 a g }

[image of music]

Dans le cas d’une succession de nolets, saisir la commande \tuplet popur chacun des nolets devient vite fastidieux. LilyPond vous permet de stipuler la durée de base d’un nolet juste avant l’expression musicale, de telle sorte que les nolets seront formés automatiquement :

g2 r8 \tuplet 3/2 8 { cis16 d e e f g g f e }

[image of music]

Des commandes prédéfinies permettent de déroger au positionnement automatique du crochet en surplomb ou au-dessous des notes – voir le chapitre Direction et positionnement.

Les nolets peuvent être imbriqués ; par exemple,

\autoBeamOff
c4 \tuplet 5/4 { f8 e f \tuplet 3/2 { e[ f g] } } f4 |

[image of music]

Lorsque, dans une imbrication, les nolets débutent au même instant, il vous faut recourir à la commande \tweak.

Vous pouvez interférer sur la durée des notes sans imprimer de crochet, comme indiqué au chapitre Changement d’échelle des durées.

Commandes prédéfinies

\tupletUp, \tupletDown, \tupletNeutral.

Morceaux choisis

Plusieurs triolets avec une seule commande \tuplet

La propriété tupletSpannerDuration spécifie la longueur voulue de chaque crochet. Avec elle, vous pouvez faire plusieurs nolets en ne tapant \tuplet qu’une fois, ce qui évite une longue saisie.

Il existe différents moyens de définir tupletSpannerDuration. La commande \tupletSpan lui affecte une durée arbitraire qui sera réinitialisée dès l’intervention d’un durée à \default. Vous pouvez aussi opter pour fournir un argument supplémentaire à la commande \tuplet.

\relative c' {
  \time 2/4
  \tupletSpan 4
  \tuplet 3/2 { c8^"\\tupletSpan 4" c c c c c }
  \tupletSpan \default
  \tuplet 3/2 { c8^"\\tupletSpan \\default" c c c c c }
  \tuplet 3/2 4 { c8^"\\tuplet 3/2 4 {...}" c c c c c }
}

[image of music]

Modifier l’apparence du chiffre de nolet

L’apparence du chiffre est déterminée par la propriété text dans TupletNumber. La valeur par défaut imprime seulement le numérateur, mais si elle est définie par la fonction tuplet-number::calc-fraction-text, la fraction entière num:den sera imprimée à la place.

\relative c'' {
  \tuplet 3/2 { c8 c c }
  \tuplet 3/2 { c8 c c }
  \override TupletNumber.text = #tuplet-number::calc-fraction-text
  \tuplet 3/2 { c8 c c }
  \omit TupletNumber
  \tuplet 3/2 { c8 c c }
}

[image of music]

Nolets au chiffrage inhabituel

LilyPond sait aussi gérer des nolets dont le chiffrage imprimé ne correspond pas exactement à la fraction de mesure à laquelle ils se réfèrent, tout comme ceux auxquels une valeur de note vient en complément du chiffre.

\relative c'' {
  \once \override TupletNumber.text =
    #(tuplet-number::non-default-tuplet-denominator-text 7)
  \tuplet 3/2  { c4. c4. c4. c4. }
  \once \override TupletNumber.text =
    #(tuplet-number::non-default-tuplet-fraction-text 12 7)
  \tuplet 3/2  { c4. c4. c4. c4. }
  \once \override TupletNumber.text =
    #(tuplet-number::append-note-wrapper
      (tuplet-number::non-default-tuplet-fraction-text 12 7) "8")
  \tuplet 3/2  { c4. c4. c4. c4. }

  \once \override TupletNumber.text =
    #(tuplet-number::append-note-wrapper
      tuplet-number::calc-denominator-text "4")
  \tuplet 3/2  { c8 c8 c8 c8 c8 c8 }
  \once \override TupletNumber.text =
    #(tuplet-number::append-note-wrapper
      tuplet-number::calc-fraction-text "4")
  \tuplet 3/2  { c8 c8 c8 c8 c8 c8 }

  \once \override TupletNumber.text =
    #(tuplet-number::fraction-with-notes "4." "8")
  \tuplet 3/2  { c4. c4. c4. c4. }
  \once \override TupletNumber.text =
    #(tuplet-number::non-default-fraction-with-notes 12 "8" 4 "4")
  \tuplet 3/2  { c4. c4. c4. c4. }
}

[image of music]

Contrôle de l’impression des crochets de nolet

Selon la tradition, les crochets indicateurs de nolet sont toujours imprimés, sauf dans le cas où ils seraient de la même longueur qu’une ligature. LilyPond permet, au travers de la propriété bracket-visibility, de contôler précisément leur affichage : déterminée à #t, ils seront toujours imprimés ; #f permet de ne jamais les imprimer, et #'if-no-beam les imprimera en l’absence de ligature.

music = \relative c'' {
  \tuplet 3/2 { c16[ d e } f8]
  \tuplet 3/2 { c8 d e }
  \tuplet 3/2 { c4 d e }
}

\new Voice {
  \relative c' {
    << \music s4^"default" >>
    \override TupletBracket.bracket-visibility = #'if-no-beam
    << \music s4^"'if-no-beam" >>
    \override TupletBracket.bracket-visibility = ##t
    << \music s4^"#t" >>
    \override TupletBracket.bracket-visibility = ##f
    << \music s4^"#f" >>
  }
}

[image of music]

Saut de ligne au milieu d’un nolet avec ligature

Cet exemple peu académique démontre comment il est possible d’insérer un saut de ligne dans un nolet portant une ligature. Ces ligatures doivent toutefois être explicites.

\layout {
  \context {
    \Voice
    % Permit line breaks within tuplets
    \remove "Forbid_line_break_engraver"
    % Allow beams to be broken at line breaks
    \override Beam.breakable = ##t
  }
}
\relative c'' {
  a8
  \repeat unfold 5 { \tuplet 3/2 { c[ b a] } }
  % Insert a manual line break within a tuplet
  \tuplet 3/2 { c[ b \bar "" \break a] }
  \repeat unfold 5 { \tuplet 3/2 { c[ b a] } }
  c8
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : triolet, nolet, polymétrie.

Manuel d’initiation : Méthodes de retouche.

Manuel de notation : Gestion du temps, Changement d’échelle des durées, La commande d’affinage \tweak, Notation polymétrique.

Morceaux choisis : Rythme.

Références des propriétés internes : TupletBracket, TupletNumber, TimeScaledMusic.

Problèmes connus et avertissements

Lorsqu’un nolet en début de portée est précédé d’une note d’ornement, celle-ci doit se placer avant la commande \tuplet pour éviter toute erreur. Ailleurs dans la partition, les notes d’ornement peuvent se placer au sein de l’expression constituant le nolet.

Lorsqu’un nolet en début de mouvement est combiné avec une indication de tempo – grâce à la commande \tempo –, l’expression contenant le nolet doit impérativement faire partie d’un bloc \new Voice comme indiqué au chapitre Les voix contiennent la musique.


Changement d’échelle des durées

La durée des notes, silences ou accords peut se modifier en lui adjoignant une fraction N/D, donnant « *N/D » – ou « *N » si D=1. Ceci ne modifiera en rien l’apparence des notes ou silences produits, mais affectera le positionnement de l’objet dans la mesure, ainsi que le rendu MIDI. Cette fraction peut elle-même être multipliée, ce qui donne quelque chose du style *M*N/D. Ce facteur d’échelonnement est partie intégrante de la durée : en l’absence de durée explicite à la note suivante, cette durée échelonnée est considérée comme valeur par défaut.

Dans l’exemple suivant, les trois premières notes prennent exactement deux temps, mais aucun triolet n’est imprimé.

\time 2/4
% Alter durations to triplets
a4*2/3 gis a
% Normal durations
a4 a
% Double the duration of chord
<a d>4*2
% Duration of quarter, appears like sixteenth
b16*4 c4

[image of music]

La durée d’un silence invisible ou saut de notes (skip) peut elle aussi être affectée d’un multiplicateur. Cette technique permet tout simplement de sauter plusieurs mesures, comme par exemple un s1*23.

Il est tout à fait possible d’échelonner des fragments musicaux plus ou moins longs à l’aide d’une simple fraction, comme si chaque note, accord ou silence était affecté de ce même quotient. L’apparence de cette musique ne sera en rien modifiée ; seule la durée des notes est multipliée en interne par la fraction numérateur/dénominateur. Voici un exemple illustrant la manière de comprimer ou étirer de la musique :

\time 2/4
% Normal durations
<c a>4 c8 a
% Scale music by *2/3
\scaleDurations 2/3 {
  <c a f>4. c8 a f
}
% Scale music by *2
\scaleDurations 2/1 {
  <c' a>4 c8 b
}

[image of music]

Cette technique est tout à fait appropriée à la notation polymétrique – voir Notation polymétrique.

Voir aussi

Manuel de notation : Nolets, Silences invisibles, Notation polymétrique.

Morceaux choisis : Rythme.

Problèmes connus et avertissements

Le calcul de la position au sein d’une mesure doit prendre en considération tous les facteurs d’échelonnement appliqués aux notes de cette mesure ainsi que tous les reliquats des mesures précédentes. Ce calcul utilise des nombres rationnels. Dès lors qu’un calcul recontrera un numérateur ou dénominateur intermédiaire d’une valeur supérieure à 2^30, LilyPond s’arrêtera à ce point précis sans pour autant signaler d’erreur.


Liaisons de prolongation

Une liaison de tenue (ou de prolongation) relie deux notes adjacentes de même hauteur. Dans les faits, elle prolonge la durée d’une note.

Note : Une liaison de tenue ne doit pas être confondue avec une liaison d’articulation ou de phrasé. Une liaison de tenue est un moyen parmi d’autres pour prolonger la durée d’une note, tout comme les points.

Une liaison de tenue s’indique au moyen d’un tilde (~) qui vient s’adjoindre à la première note de chacune des paires de notes à lier. Ceci indique que la note en question sera liée à la suivante, qui doit être de la même hauteur.

a2~ 4~ 16 r r8

[image of music]

Les liaisons de tenue sont utilisées soit lorsque la note dépasse de la mesure, soit quand les points ne suffisent pas à donner la bonne durée. Lorsque l’on utilise ces liaisons, les valeurs rythmiques les plus longues doivent s’aligner sur les subdivisions de la mesure, comme ici :

\relative c' {
  r8^"oui" c8~ 2 r4 |
  r8^"non" c2~ 8 r4
}

[image of music]

Lorsque l’on doit lier de nombreuses notes sur plusieurs mesures, il devient plus facile d’avoir recours à la division automatique des notes – voir Découpage automatique des notes. Ce procédé divise automatiquement les notes trop longues, et les lie par-delà les barres de mesure.

Quand une liaison de tenue se trouve entre deux accords, toutes les notes de même hauteur entre ces deux accords sont reliées. S’il n’y en a aucune, aucune liaison n’est créée. Il est également possible de lier partiellement deux accords, en mettant les liaisons à l’intérieur des accords.

<c e g>~ <c e g>
<c~ e g~ b> <c e g b>

[image of music]

Lorsqu’une mesure « de seconde fois » après une reprise commence sur une note liée, la liaison doit être répétée, comme ici :

\repeat volta 2 { c g <c e>2~ }
\alternative {
  % First alternative: following note is tied normally
  { <c e>2. r4 }
  % Second alternative: following note has a repeated tie
  { <c e>2\repeatTie d4 c } }

[image of music]

Les liaisons « Laissez vibrer » (L.v.) sont utilisées pour le piano, la harpe et certains instruments de percussion. Elles indiquent à l’instrumentiste de laisser sonner la note ou l’accord au lieu de l’étouffer. Elles s’indiquent de la manière suivante :

 <c f g>1\laissezVibrer

[image of music]

Le positionnement vertical des liaisons de prolongation peut être affiné – voir à ce sujet les « commandes prédéfinies » et, pour de plus amples détails, Direction et positionnement.

Les liaisons de prolongation peuvent s’imprimer sous la forme de ligne continue, discontinue ou pointillée.

\tieDotted
c2~ 2
\tieDashed
c2~ 2
\tieHalfDashed
c2~ 2
\tieHalfSolid
c2~ 2
\tieSolid
c2~ 2

[image of music]

Il est même possible d’en personnaliser l’allure :

\tieDashPattern #0.3 #0.75
c2~ 2
\tieDashPattern #0.7 #1.5
c2~ 2
\tieSolid
c2~ 2

[image of music]

Que ce soit pour une tenue ou un phrasé, le motif d’une ligne discontinue formant une liaison se définit de la même manière. Pour de plus amples détails à ce sujet, reportez vous au chapitre Liaisons d’articulation.

Dans le cas où une liaison est recouverte par d’autres éléments de la portée, une adaptation des propriétés whiteout et layer permet d’obtenir une meilleure lisibilité.

\override Tie.layer = #-2
\override Staff.TimeSignature.layer = #-1
\override Staff.KeySignature.layer = #-1
\override Staff.TimeSignature.whiteout = ##t
\override Staff.KeySignature.whiteout = ##t
b2 b~
\time 3/4
\key a \major
b r4

[image of music]

Commandes prédéfinies

\tieUp, \tieDown, \tieNeutral, \tieDotted, \tieDashed, \tieDashPattern, \tieHalfDashed, \tieHalfSolid, \tieSolid.

Morceaux choisis

Liaison de tenue et arpège

Les liaisons de tenue servent parfois à rendre un accord arpégé. Dans ce cas, les notes liées ne sont pas toutes consécutives. Il faut alors assigner à la propriété tieWaitForNote la valeur #t (true pour « vrai »). Cette même méthode peut servir, par exemple, à lier un trémolo à un accord.

\relative c' {
  \set tieWaitForNote = ##t
  \grace { c16[ ~ e ~ g] ~ } <c, e g>2
  \repeat tremolo 8 { c32 ~ c' ~ } <c c,>1
  e8 ~ c ~ a ~ f ~ <e' c a f>2
  \tieUp
  c8 ~ a
  \tieDown
  \tieDotted
  g8 ~ c g2
}

[image of music]

Dessin à main levée de liaisons de tenue

Il est possible de graver manuellement les liaisons de tenue, en modifiant la propriété tie-configuration. Pour chaque paire, le premier nombre indique la distance à la portée, en espaces de portée, et le second la direction (1 pour haut, -1 pour bas).

\relative c' {
  <c e g>2~ <c e g>
  \override TieColumn.tie-configuration =
    #'((0.0 . 1) (-2.0 . 1) (-4.0 . 1))
  <c e g>2~ <c e g>
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : liaison de tenue, laissez vibrer.

Manuel de notation : Liaisons d’articulation, Découpage automatique des notes.

Morceaux choisis : Signes d’interprétation, Rythme.

Référence des propriétés internes : LaissezVibrerTie, LaissezVibrerTieColumn, TieColumn, Tie.

Problèmes connus et avertissements

Un changement de portée, lorsqu’une liaison de tenue est active, ne peut produire une liaison oblique.

Un changement de clef ou d’octave pendant une liaison de tenue produit un résultat indéfini. Dans ces cas là, il est préférable d’utiliser un legato.


1.2.2 Écriture des silences

On saisit les silences dans une expression musicale tout comme les notes.


Silences

Les silences sont écrits comme des notes avec le nom de note r – premier caractère du mot rest. Les durées supérieures à la pause s’indiquent à l’aide de commandes prédéfinies :

\new Staff {
  % These two lines are just to prettify this example
  \time 16/1
  \omit Staff.TimeSignature
  % Print a maxima rest, equal to four breves
  r\maxima
  % Print a longa rest, equal to two breves
  r\longa
  % Print a breve rest
  r\breve
  r1 r2 r4 r8 r16 r32 r64 r128
}

[image of music]

Les pauses d’une mesure complète, qui sont placées au centre de la mesure, doivent être entrées comme des mesures de silence. Elles peuvent être utilisées pour une seule mesure comme pour plusieurs, et leur utilisation est expliquée à la rubrique Silences valant une mesure.

Pour spécifier explicitement la position verticale d’un silence, écrivez une note suivie de \rest. Un silence de même durée sera placé à la position où serait imprimée la note. Cela rend plus facile la mise en place de musique polyphonique, puisque le formateur automatique de collision des silences laissera ces silences tranquilles.

a4\rest d4\rest

[image of music]

Morceaux choisis

Styles de silences

Les silences peuvent être gravés selon différents styles.

\layout {
  indent = 0
  \context {
    \Staff
    \remove "Time_signature_engraver"
  }
}

\new Staff \relative c {
  \cadenzaOn
  \override Staff.Rest.style = #'mensural
  r\maxima^\markup \typewriter { mensural }
  r\longa r\breve r1 r2 r4 r8 r16 s32 s64 s128 s128
  \bar ""

  \override Staff.Rest.style = #'neomensural
  r\maxima^\markup \typewriter { neomensural }
  r\longa r\breve r1 r2 r4 r8 r16 s32 s64 s128 s128
  \bar ""

  \override Staff.Rest.style = #'classical
  r\maxima^\markup \typewriter { classical }
  r\longa r\breve r1 r2 r4 r8 r16 r32 r64 r128 s128
  \bar ""

  \override Staff.Rest.style = #'default
  r\maxima^\markup \typewriter { default }
  r\longa r\breve r1 r2 r4 r8 r16 r32 r64 r128 s128
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : breve, longa, maxima.

Manuel de notation : Silences valant une mesure.

Morceaux choisis : Rythme.

Référence des propriétés internes : Rest.

Problèmes connus et avertissements

Il n’existe pas à proprement parler de limite (inférieure ou supérieure) en terme de durée d’un silence. Cependant, le nombre de glyphes disponibles ne couvre que les silences allant du trente-deuxième de soupir à la maxime (équivalant à huit pauses).


Silences invisibles

Un silence invisible – que l’on pourrait appeler un « saut » – peut être entré comme une note avec le nom de note s ou avec \skip durée :

c4 c s c
s2 c

[image of music]

La syntaxe s est seulement disponible pour les modes d’entrée de notes et d’accords. Dans les autres situations, pour l’entrée de paroles par exemple, vous devrez utiliser la commande \skip, qui requiert une durée explicite ; cette durée ne sera pas prise en considération dès lors que les paroles suivent le rythme des notes de la mélodie à laquelle vous les aurez associées à l’aide des commandes \addlyrics ou \lyricsto.

<<
  {
    a2 \skip2 a2 a2
  }
  \new Lyrics {
    \lyricmode {
      foo2 \skip 1 bla2
    }
  }
>>

[image of music]

Gardez à l’esprit que \skip est une commande, et de ce fait n’affectera en rien la durée des notes qui suivent, contrairement à un s.

<<
  {
    \repeat unfold 8 {a4}
  }
  {
    a4 \skip 2 a |
    s2 a
  }
>>

[image of music]

La commande de saut génère simplement une case musicale vide. Le code de saut s crée tout de même les contextes Staff et Voice lorsque nécessaire, à l’instar des notes ou des silences :

s1 s s

[image of music]

Un \skip ne fait que sauter du temps musical ; il ne produit rien du tout, pas même un symbole transparent.

% This is valid input, but does nothing
\skip 1 \skip1 \skip 1

[image of music]

Voir aussi

Manuel d’initiation : Visibilité et couleur des objets.

Manuel de notation : Dictée à trous, Visibilité des objets.

Morceaux choisis : Rythme.

Référence des propriétés internes : SkipMusic.


Silences valant une mesure

Un silence valant une ou plusieurs mesures entières s’entre avec un R majuscule.

% Rest measures contracted to single measure
\compressFullBarRests
R1*4
R1*24
R1*4
b2^"Tutti" b4 a4

[image of music]

Ceci ne peut être utile que pour une mesure complètement vide. Sa durée doit donc correspondre à la longueur de la mesure telle que définie par la métrique. C’est la raison pour laquelle on utilisera aussi des points d’augmentation ou des fractions :

\compressFullBarRests
\time 2/4
R1 | R2 |
\time 3/4
R2. | R2.*2 |
\time 13/8
R1*13/8 | R1*13/8*12 |
\time 10/8
R4*5*4 |

[image of music]

Un R qui s’étend sur une seule mesure s’imprime tantôt comme une pause, tantôt comme une brève – ou « bâton de pause » – qui sera centrée sur la mesure quelle qu’en soit la métrique :

\time 4/4
R1 |
\time 6/4
R1*3/2 |
\time 8/4
R1*2 |

[image of music]

Par défaut, un silence multimesure sera répété sur autant de mesures que nécessaire. Il peut aussi n’être imprimé qu’une seule fois, surplombé du nombre de mesures vides – ou « à compter » :

% Default behavior
\time 3/4 r2. | R2.*2 |
\time 2/4 R2 |
\time 4/4
% Rest measures contracted to single measure
\compressFullBarRests
r1 | R1*17 | R1*4 |
% Rest measures expanded
\expandFullBarRests
\time 3/4
R2.*2 |

[image of music]

Vous pouvez aussi ajouter du texte à un silence multimesure en utilisant la syntaxe note-markup (cf. Mise en forme du texte). La variable \fermataMarkup quant à elle permet d’ajouter un point d’orgue :

\compressFullBarRests
\time 3/4
R2.*10^\markup { \italic "ad lib." }
R2.^\fermataMarkup

[image of music]

Note : C’est MultiMeasureRestText qui créera le texte, non TextScript. Les commandes de dérogation ou de redéfinition doivent s’adresser à l’objet concerné, comme vous pouvez le constater dans l’exemple suivant.

% Ceci échouera : il y a erreur quant à l'objet spécifié
\override TextScript.padding = #5
R1^"pas bon !"
% Formulation correcte, qui fonctionnera
\override MultiMeasureRestText.padding = #5
R1^"ça marche !"

[image of music]

Un silence multimesure placé directement après une commande \partial risque fort de perturber le vérificateur de limites et numéros de mesure.

Commandes prédéfinies

\textLengthOn, \textLengthOff, \fermataMarkup, \compressFullBarRests, \expandFullBarRests.

Morceaux choisis

Modifier l’apparence d’un silence multimesure

Dans le cas où ce silence dure moins de dix mesures, LilyPond imprime sur la portée des « silences d’église » – Kirchenpause en allemand – et qui sont une simple suite de rectangles. La propriété expand-limit permet d’obtenir un silence unique :

\relative c'' {
  \compressFullBarRests
  R1*2 | R1*5 | R1*9
  \override MultiMeasureRest.expand-limit = #3
  R1*2 | R1*5 | R1*9
}

[image of music]

Positionnement des silences multimesures

Si l’on peut positionner verticalement un silence simple en le rattachant à une note, il n’en va pas de même pour un silence multimesure. Néanmoins, et uniquement dans le cadre de musique polyphonique, les silences multimesures sont positionnés différemment selon qu’ils appartiennent à une voix au numéro pair ou impair. Le positionnement des silences multimesures peut se contrôler ainsi :

\relative c'' {
  % Multi-measure rests by default are set under the fourth line
  R1
  % They can be moved using an override
  \override MultiMeasureRest.staff-position = #-2
  R1
  \override MultiMeasureRest.staff-position = #0
  R1
  \override MultiMeasureRest.staff-position = #2
  R1
  \override MultiMeasureRest.staff-position = #3
  R1
  \override MultiMeasureRest.staff-position = #6
  R1
  \revert MultiMeasureRest.staff-position
  \break

  % In two Voices, odd-numbered voices are under the top line
  << { R1 } \\ { a1 } >>
  % Even-numbered voices are under the bottom line
  << { a1 } \\ { R1 } >>
  % Multi-measure rests in both voices remain separate
  << { R1 } \\ { R1 } >>

  % Separating multi-measure rests in more than two voices
  % requires an override
  << { R1 } \\ { R1 } \\
     \once \override MultiMeasureRest.staff-position = #0
     { R1 }
  >>

  % Using compressed bars in multiple voices requires another override
  % in all voices to avoid multiple instances being printed
  \compressFullBarRests
  <<
   \revert MultiMeasureRest.direction
    { R1*3 }
    \\
   \revert MultiMeasureRest.direction
    { R1*3 }
  >>
}

[image of music]

Ajout de texte à un silence multimesure

Lorsque du texte est attaché à un silence multimesure, il sera centré dans la mesure, au-dessus ou en dessous de la portée. Afin d’étirer la mesure dans le cas ou ce texte est relativement long, il suffit d’insérer un accord vide auquel on attache le texte en question, avant le silence multimesure.

Le texte attaché à silence invisible sera aligné sur la gauche de là où serait positionnée la note dans la mesure. Cependant, si la taille de la mesure est déterminée par la longueur du texte, il apparaîtra comme centré.

\relative c' {
  \compressFullBarRests
  \textLengthOn
  <>^\markup { [MAJOR GENERAL] }
  R1*19
  <>_\markup { \italic { Cue: ... it is yours } }
  <>^\markup { A }
  R1*30^\markup { [MABEL] }
  \textLengthOff
  c4^\markup { CHORUS } d f c
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : silence multimesures.

Manuel de notation : Durées, Texte, Mise en forme du texte, Commentaires textuels.

Morceaux choisis : Rythme.

Référence des propriétés internes : MultiMeasureRest. MultiMeasureRestNumber, MultiMeasureRestText.

Problèmes connus et avertissements

Vous ne pouvez pas utiliser de doigtés (par ex. R1*10-4) pour positionner des nombres au dessus d’un silence multimesure, le numéro de doigt (4) risquant de chevaucher le nombre de mesures à compter (10).

Condenser plusieurs silences en un unique silence multimesures ne peut être automatisé.

Les silences multimesures peuvent générer des collisions avec d’autres silences.


1.2.3 Gravure du rythme


Métrique

Le chiffre de mesure indique le mètre d’une pièce : une alternance régulière de temps forts et de temps faibles. Il est indiqué par une fraction au début de la portée :

\time 2/4 c2
\time 3/4 c2.

[image of music]

La métrique est imprimée en début de morceau, et à chaque fois qu’elle est modifiée. Si cette modification intervient au niveau d’un saut de ligne, une métrique « de précaution » sera imprimée avant de passer à la ligne suivante. Ce comportement par défaut peut être modifié, comme indiqué au chapitre Visibilité des objets.

\time 2/4
c2 c
\break
c c
\break
\time 4/4
c c c c

[image of music]

Le symbole de métrique utilisé pour les mesures à 2/2 et 4/4 peut être changé pour un style numérique :

% Default style
\time 4/4 c1
\time 2/2 c1
% Change to numeric style
\numericTimeSignature
\time 4/4 c1
\time 2/2 c1
% Revert to default style
\defaultTimeSignature
\time 4/4 c1
\time 2/2 c1

[image of music]

Les métriques anciennes font l’objet d’un chapitre particulier.

En plus de déterminer la métrique qui sera imprimée, la commande \time réglera aussi les valeurs par défaut des propriétés baseMoment, beatStructure et beamExceptions correspondant à la métrique. Les valeurs prédéterminées par défaut de ces différentes propriétés sont inscrites dans le fichier ‘scm/time-signature-settings.scm’.

La valeur par défaut de beatStructure peut se voir aménagée dès la commande \time à l’aide d’un premier argument :

\score {
  \new Staff {
    \relative c' {
      \time #'(2 2 3) 7/8
      \repeat unfold 7 { c8 } |
      \time #'(3 2 2) 7/8
      \repeat unfold 7 { c8 } |
    }
  }
}

[image of music]

Les valeurs par défaut de toutes ces variables associées à la métrique, y compris baseMoment et beamExceptions, peuvent se définir en même temps. Ces valeurs peuvent se régler indépendamment pour différentes métriques. Les valeurs adaptées ne seront effectives qu’à partir du moment où interviendra une commande \time de la valeur de métrique correspondante :

\score {
  \relative c' {
    \overrideTimeSignatureSettings
      4/4        % timeSignatureFraction
      1/4        % baseMomentFraction
      #'(3 1)    % beatStructure
      #'()       % beamExceptions
    \time 4/4
    \repeat unfold 8 { c8 } |
  }
}

[image of music]

\overrideTimeSignatureSettings prend quatre arguments :

  1. timeSignatureFraction, une fraction indiquant la métrique pour laquelle ces valeurs doivent s’appliquer,
  2. baseMomentFraction, une fraction comprenant les numérateur et dénominateur de la fraction indiquant la base de la pulsation,
  3. beatStructure, une liste Scheme indiquant la structure de cette pulsation, en unité de base,
  4. beamExceptions, une liste associative des règles de ligature pour cette métrique, en dehors de celles basées sur le temps comme indiqué à la rubrique Définition des règles de ligature automatique.

Vous pouvez revenir à tout moment aux réglages prédéterminés d’une métrique :

\score{
  \relative c' {
    \repeat unfold 8 { c8 } |
    \overrideTimeSignatureSettings
      4/4        % timeSignatureFraction
      1/4        % baseMomentFraction
      #'(3 1)    % beatStructure
      #'()       % beamExceptions
    \time 4/4
    \repeat unfold 8 { c8 } |
    \revertTimeSignatureSettings 4/4
    \time 4/4
    \repeat unfold 8 { c8 } |
  }
}

[image of music]

Le fait de déplacer du contexte Score au contexte Staff à la fois le Timing_translator et le Default_bar_line_engraver permet d’obtenir des réglages particuliers pour les différentes portées d’un regroupement :

\score {
  \new StaffGroup <<
     \new Staff {
        \overrideTimeSignatureSettings
          4/4        % timeSignatureFraction
          1/4        % baseMomentFraction
          #'(3 1)    % beatStructure
          #'()       % beamExceptions
        \time 4/4
        \repeat unfold 8 {c''8}
     }
     \new Staff {
        \overrideTimeSignatureSettings
          4/4        % timeSignatureFraction
          1/4        % baseMomentFraction
          #'(1 3)    % beatStructure
          #'()       % beamExceptions
        \time 4/4
        \repeat unfold 8 {c''8}
     }
  >>
  \layout {
    \context {
      \Score
      \remove "Timing_translator"
      \remove "Default_bar_line_engraver"
    }
    \context {
      \Staff
      \consists "Timing_translator"
      \consists "Default_bar_line_engraver"
    }
  }
}

[image of music]

Une autre méthode de modification de ces variables liées à la métrique, et qui évite sa réimpression au moment du changement, est indiquée à la rubrique Définition des règles de ligature automatique.

Commandes prédéfinies

\numericTimeSignature, \defaultTimeSignature.

Morceaux choisis

Affichage seulement du numérateur d’une métrique (au lieu d’une fraction)

La métrique est parfois indiquée non pas par une fraction (par ex. 7/4) mais simplement par son numérateur (7 dans ce cas). L’instruction \override Staff.TimeSignature.style = #'single-digit permet de déroger au style par défaut de manière permanente – un \revert Staff.TimeSignature.style annulera ces modifications. Lorsque cette métrique sous la forme d’un seul chiffre ne se présente qu’une seule fois, il suffit de faire précéder l’instruction \override d’un simple \once.

\relative c'' {
  \time 3/4
  c4 c c
  % Change the style permanently
  \override Staff.TimeSignature.style = #'single-digit
  \time 2/4
  c4 c
  \time 3/4
  c4 c c
  % Revert to default style:
  \revert Staff.TimeSignature.style
  \time 2/4
  c4 c
  % single-digit style only for the next time signature
  \once \override Staff.TimeSignature.style = #'single-digit
  \time 5/4
  c4 c c c c
  \time 2/4
  c4 c
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : métrique.

Manuel de notation : Définition des règles de ligature automatique, Métriques anciennes, Gestion du temps.

Installed Files: ‘scm/time-signature-settings.scm’.

Morceaux choisis : Rythme.

Références des propriétés internes : TimeSignature, Timing_translator.


Indication métronomique

Une indication métronomique s’insère tout simplement comme ceci :

\tempo 4 = 120
c2 d
e4. d8 c2

[image of music]

Lorsque le réglage précis du métronome est laissé à l’appréciation de l’exécutant, vous pouvez cependant lui fournir une plage :

\tempo 4 = 40 - 46
c4. e8 a4 g
b,2 d4 r

[image of music]

Vous pouvez préférer une indication textuelle :

\tempo "Allegretto"
c4 e d c
b4. a16 b c4 r4

[image of music]

Lorsque vous combinez des indications métronomiques sous forme textuelle et numérique, l’indication numérique sera placée entre parenthèses :

\tempo "Allegro" 4 = 160
g4 c d e
d4 b g2

[image of music]

En matière d’indication textuelle, vous pouvez utiliser n’importe quel objet de type markup, comme ici :

\tempo \markup { \italic Faster } 4 = 132
a8-. r8 b-. r gis-. r a-. r

[image of music]

Mentionner une indication textuelle vide vous permet de mettre entre parenthèses l’indication numérique :

\tempo "" 8 = 96
d4 g e c

[image of music]

Dans le cas d’une partie où l’instrumentiste a de longs moments de silence, les indications de tempo peuvent être fort rapprochées l’une de l’autre. L’instruction \markLengthOn permet de préserver suffisamment d’espace horizontal de telle sorte que ces indications ne se chevauchent ; l’instruction \markLengthOff restaure le comportement par défaut qui ignore les indications de tempo dans les calculs d’espacement horizontal.

\compressFullBarRests
\markLengthOn
\tempo "Molto vivace"
R1*12
\tempo "Meno mosso"
R1*16
\markLengthOff
\tempo "Tranquillo"
R1*20

[image of music]

Morceaux choisis

Impression du métronome et des repères sous la portée

Les indications de tempo et les marques de repère s’impriment par défaut au-dessus de la portée. Le fait de régler en conséquence la propriété direction des objets MetronomeMark ou RehearsalMark les placera au-dessous de la portée.

\layout { ragged-right = ##f }

{
  % Metronome marks below the staff
  \override Score.MetronomeMark.direction = #DOWN
  \tempo 8. = 120
  c''1

  % Rehearsal marks below the staff
  \override Score.RehearsalMark.direction = #DOWN
  \mark \default
  c''1
}

[image of music]

Changement de tempo sans indication sur la partition

Vous pouvez indiquer un changement de tempo pour le fichier MIDI sans pour autant l’imprimer. Il suffit alors de le rendre invisible aux interprètes.

\score {
  \new Staff \relative c' {
    \tempo 4 = 160
    c4 e g b
    c4 b d c
    \set Score.tempoHideNote = ##t
    \tempo 4 = 96
    d,4 fis a cis
    d4 cis e d
  }
  \layout { }
  \midi { }
}

[image of music]

Création d’une indication métronomique sous forme d’étiquette

Vous pouvez créer des indications de tempo sous la forme d’étiquettes textuelles – des objets markup – notamment des équivalences. Cependant, elles n’apparaîtront pas dans le fichier MIDI.

\relative c' {
  \tempo \markup {
    \concat {
      (
      \smaller \general-align #Y #DOWN \note #"16." #1
      " = "
      \smaller \general-align #Y #DOWN \note #"8" #1
      )
    }
  }
  c1
  c4 c' c,2
}

[image of music]

Pour de plus amples détails, veuillez consulter Mise en forme du texte.

Voir aussi

Glossaire musicologique : métronome, indication métronomique, indication du tempo, marque de métronome.

Manuel de notation : Mise en forme du texte, Sortie MIDI.

Morceaux choisis : Notation sur la portée.

Référence des propriétés internes : MetronomeMark.


Levées

Les mesures incomplètes, telles que les anacrouses ou levées, doivent être entrées avec la commande \partial. La syntaxe de cette commande est

\partial durée

durée correspond à la valeur rythmique restant dans la mesure et avant la première mesure complète :

\time 3/4
\partial 8
e8 | a4 c8 b c4 |

[image of music]

La durée peut être de n’importe quelle longueur inférieure à la mesure complète :

\time 3/4
\partial 4.
r4 e8 | a4 c8 b c4 |

[image of music]

Cette commande \partial durée peut aussi s’écrire :

\set Timing.measurePosition -durée

De fait, le premier exemple pourrait s’écrire :

\time 3/4
\set Timing.measurePosition = #(ly:make-moment -1/8)
e8 | a4 c8 b c4 |

[image of music]

La propriété measurePosition contient un nombre rationnel généralement positif et qui indique, à ce point précis, où l’on en est de la mesure. La commande \partial durée le transforme en nombre négatif pour lui attribuer un autre sens : la mesure courante (la première) est précédée d’une mesure 0 (l’anacrouse) dont la longueur est donnée par durée.

Voir aussi

Glossaire musicologique : anacrouse.

Manuel de notation : Notes d’ornement.

Morceaux choisis : Rythme.

Références des propriétés internes : Timing_translator.

Problèmes connus et avertissements

\partial n’est destiné à être utilisé qu’en début de pièce. Si on l’utilise ailleurs qu’au début, des messages d’erreur peuvent s’afficher, voire des problèmes inopinés surgir. Utilisez plutôt \set Timing.measurePosition en pareil cas.

\time 6/8
\partial 8
e8 | a4 c8 b[ c b] |
\set Timing.measurePosition = #(ly:make-moment -1/4)
r8 e,8 | a4 c8 b[ c b] |

[image of music]


Musique sans métrique

En matière de musique mesurée, le positionnement des barres et la numérotation sont calculés automatiquement. Ceci n’est pas souhaitable dans le cas d’une musique non mesurée – les cadences par exemple – et peut être désactivé à l’aide de la commande \cadenzaOn, puis réactivé par un \cadenzaOff à l’endroit approprié.

c4 d e d
\cadenzaOn
c4 c d8[ d d] f4 g4.
\cadenzaOff
\bar "|"
d4 e d c

[image of music]

La numérotation reprend dès la fin d’une cadence.

% Show all bar numbers
\override Score.BarNumber.break-visibility = #all-visible
c4 d e d
\cadenzaOn
c4 c d8[ d d] f4 g4.
\cadenzaOff
\bar "|"
d4 e d c

[image of music]

Une cadence représente un fragment détaché de la notion de mesure, en dépit des différentes commandes \bar qu’il pourra comporter. L’insertion d’une commande \bar dans une cadence n’entame pas de nouvelle mesure, même si une barre est imprimée. Ceci a pour conséquence que toute altération supplémentaire par rapport à l’armure – normalement en vigueur jusqu’à la fin de la mesure – sera valide même après une barre insérée grâce à une instruction \bar. Toute altération ultérieure devra donc être rappelée manuellement – voir Altérations.

c4 d e d
\cadenzaOn
cis4 d cis d
\bar "|"
% First cis is printed without alteration even if it's after a \bar
cis4 d cis! d
\cadenzaOff
\bar "|"

[image of music]

L’instruction \cadenzaOn désactive les ligatures automatiques ; elles seront réactivées après un \cadenzaOff. Toutes les ligatures devront donc être indiquées de manière explicite tout au long de la cadence – voir Barres de ligature manuelles).

\repeat unfold 8 { c8 }
\cadenzaOn
cis8 c c c c
\bar"|"
c8 c c
\cadenzaOff
\repeat unfold 8 { c8 }

[image of music]

Ces commandes prédéfinies affecteront toutes les portées de la partition, même si vous ne les placez que dans un simple contexte Voice. Pour éviter ce désagrément, transférez le Timing_translator du contexte Score au contexte Staff, comme indiqué au chapitre Notation polymétrique.

Commandes prédéfinies

\cadenzaOn, \cadenzaOff.

Voir aussi

Glossaire musicologique : cadence.

Manuel de notation : Visibilité des objets, Notation polymétrique, Barres de ligature manuelles, Altérations.

Morceaux choisis : Rythme.

Problèmes connus et avertissements

Sauts de ligne ou de page ne peuvent intervenir qu’au niveau d’une barre de mesure. Si votre musique non mesurée s’étend sur plus d’une ligne, il vous faudra insérer des barres de mesure « invisibles » pour indiquer où des sauts de ligne peuvent prendre place :

\bar ""

Notation polymétrique

LilyPond gère les métriques composites, aussi bien de manière explicite que de manière détournée – modification de l’indicateur de métrique et échelonnement de la durée des notes.

Métriques différentes et mesures d’égale longueur

Il suffit, pour obtenir cette forme de notation, de tout d’abord affecter une même métrique aux différentes portées. Cette métrique sera ensuite remplacée dans chacune des portées par un quotient fourni en argument à la propriété timeSignatureFraction. La durée des notes sera enfin proratisée selon la métrique commune grâce à la fonction \scaleDurations.

L’exemple suivant utilise parallèlement des mesures à 3/4, 9/8 et 10/8. Pour la deuxième portée les durées sont multipliées par 2/3 de telle sorte que 2/3 * 9/8 = 3/4 ; pour la troisième elles sont multipliées par 3/5, de telle sorte que 3/5 * 10/8 = 3/4. Les ligatures devront être explicites, la fonction d’échelonnement venant perturber les règles de ligature automatique.

\relative c' <<
  \new Staff {
    \time 3/4
    c4 c c |
    c4 c c |
  }
  \new Staff {
    \time 3/4
    \set Staff.timeSignatureFraction = 9/8
    \scaleDurations 2/3
      \repeat unfold 6 { c8[ c c] }
  }
  \new Staff {
    \time 3/4
    \set Staff.timeSignatureFraction = 10/8
    \scaleDurations 3/5 {
      \repeat unfold 2 { c8[ c c] }
      \repeat unfold 2 { c8[ c] } |
      c4. c \tuplet 3/2 { c8[ c c] } c4
    }
  }
>>

[image of music]

Métriques différentes et mesures de longueur inégale

Il arrive aussi que chaque portée ait sa propre métrique. Vous y parviendrez en déplaçant le Timing_translator et le Default_bar_line_engraver dans le contexte Staff.

\layout {
  \context {
    \Score
    \remove "Timing_translator"
    \remove "Default_bar_line_engraver"
  }
  \context {
    \Staff
    \consists "Timing_translator"
    \consists "Default_bar_line_engraver"
  }
}

% Now each staff has its own time signature.

\relative c' <<
  \new Staff {
    \time 3/4
    c4 c c |
    c4 c c |
  }
  \new Staff {
    \time 2/4
    c4 c |
    c4 c |
    c4 c |
  }
  \new Staff {
    \time 3/8
    c4. |
    c8 c c |
    c4. |
    c8 c c |
  }
>>

[image of music]

Métriques complexes

Une métrique composite se crée à l’aide de la fonction \compoundMeter, en suivant la syntaxe :

\compoundMeter #'(liste de listes)

La construction la plus simple est constituée d’une seule liste, dans laquelle le dernier nombre indique le « dénominateur » de la métrique, les précédents représentent le « numérateur ».

\relative c' {
  \compoundMeter #'((2 2 2 8))
  \repeat unfold 6 c8 \repeat unfold 12 c16
}

[image of music]

Une métrique plus élaborée s’obtient en ajoutant d’autres listes. Bien entendu, les ligatures automatiques s’ajusteront aux différentes valeurs.

\relative c' {
  \compoundMeter #'((1 4) (3 8))
  \repeat unfold 5 c8 \repeat unfold 10 c16
}

\relative c' {
  \compoundMeter #'((1 2 3 8) (3 4))
  \repeat unfold 12 c8
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : polymétrie, métrique composite, métrique.

Manuel de notation : Barres de ligature automatiques, Barres de ligature manuelles, Métrique, Changement d’échelle des durées.

Morceaux choisis : Rythme.

Références des propriétés internes : TimeSignature, Timing_translator, Default_bar_line_engraver, Staff.

Problèmes connus et avertissements

L’utilisation de métriques différentes en parallèle entraîne un alignement vertical. De ce fait, les barres de mesure ont tendance à fausser l’espacement régulier entre les différentes portées.


Découpage automatique des notes

On peut convertir automatiquement les notes longues en notes liées. Il suffit pour cela de remplacer le graveur Note_heads_engraver par le graveur Completion_heads_engraver. Il en va de même pour des silences ; le Completion_rest_engraver devra alors remplacer le Rest_engraver. Dans l’exemple suivant, les notes ou silences qui dépassent de la mesure sont divisés et au besoin liés.

\new Voice \with {
  \remove "Note_heads_engraver"
  \consists "Completion_heads_engraver"
  \remove "Rest_engraver"
  \consists "Completion_rest_engraver"
}

{ c2. c8 d4 e f g a b c8 c2 b4 a g16 f4 e d c8. c2 r1*2 }

[image of music]

Ces graveurs divisent toutes les notes et silences qui débordent de la mesure, et insèrent des liaisons de prolongation. Dans la pratique, cette fonctionnalité permet de déboguer des partitions complexes : si les mesures ne sont pas entièrement remplies, alors les liaisons de prolongation montrent exactement la durée des décalages de mesure.

Voir aussi

Glossaire musicologique : liaison de tenue.

Manuel d’initiation : Tout savoir sur les graveurs, Ajout et suppression de graveurs.

Morceaux choisis : Rythme.

Références des propriétés internes : Note_heads_engraver, Completion_heads_engraver, Rest_engraver, Completion_rest_engraver, Forbid_line_break_engraver.

Problèmes connus et avertissements

Bien que toutes les durées – particulièrement celles contenant des nolets – ne puissent être exactement représentées avec des notes normales et des points, le graveur Completion_heads_engraver n’insérera pas de nolet.

Le Completion_heads_engraver affecte seulement les notes, il ne divise pas les silences.


Gravure de lignes rythmiques

Au moyen d’une portée rythmique – rhythmic staff en anglais – on peut montrer seulement le rythme d’une mélodie : toutes les notes sont ramenées à la même hauteur, sur une portée d’une seule ligne.

<<
  \new RhythmicStaff {
    \new Voice = "myRhythm" {
      \time 4/4
      c4 e8 f g2
      r4 g g f
      g1
    }
  }
  \new Lyrics {
    \lyricsto "myRhythm" {
      This is my song
      I like to sing
    }
  }
>>

[image of music]

L’utilisation combinée du Pitch_squash_engraver et de \improvisationOn permet d’afficher la structure rythmique d’une grille d’accords :

<<
  \new ChordNames {
    \chordmode {
      c1 f g c
    }
  }
  \new Voice \with {
    \consists "Pitch_squash_engraver"
  } \relative c'' {
    \improvisationOn
    c4 c8 c c4 c8 c
    f4 f8 f f4 f8 f
    g4 g8 g g4 g8 g
    c4 c8 c c4 c8 c
  }
>>

[image of music]

Commandes prédéfinies

\improvisationOn, \improvisationOff.

Morceaux choisis

Rythmique et guitare

En matière de notation pour guitare, il arrive que soient indiqués les « coups de gratte » en plus de la mélodie, grilles d’accords et diagrammes de tablature.

\include "predefined-guitar-fretboards.ly"
<<
  \new ChordNames {
    \chordmode {
      c1 | f | g | c
    }
  }
  \new FretBoards {
    \chordmode {
      c1 | f | g | c
    }
  }
  \new Voice \with {
    \consists "Pitch_squash_engraver"
  } {
    \relative c'' {
      \improvisationOn
      c4 c8 c c4 c8 c
      f4 f8 f f4 f8 f
      g4 g8 g g4 g8 g
      c4 c8 c c4 c8 c
    }
  }
  \new Voice = "melody" {
    \relative c'' {
      c2 e4 e4
      f2. r4
      g2. a4
      e4 c2.
    }
  }
  \new Lyrics {
    \lyricsto "melody" {
      This is my song.
      I like to sing.
    }
  }
>>

[image of music]

Voir aussi

Morceaux choisis : Rythme.

Référence des propriétés internes : RhythmicStaff. Pitch_squash_engraver.


1.2.4 Barres de ligature


Barres de ligature automatiques

LilyPond décide automatiquement de la manière de grouper les notes et d’imprimer les ligatures.

\time 2/4 c8 c c c
\time 6/8 c8 c c c8. c16 c8

[image of music]

Lorsque ce comportement automatisé n’est pas satisfaisant, on peut définir des groupements manuellement – voir Barres de ligature manuelles. Dans le cas où le groupe de notes en question contient un silence, il est impératif d’indiquer explicitement les début et fin de la ligature.

Lorsque les ligatures automatiques ne sont pas nécessaires, il suffit de désactiver la fonctionnalité par un \autoBeamOff – réactivation par \autoBeamOn :

c4 c8 c8. c16 c8. c16 c8
\autoBeamOff
c4 c8 c8. c16 c8.
\autoBeamOn
c16 c8

[image of music]

Note : Si des ligatures sont utilisées dans les paroles d’une chanson (pour indiquer des mélismes), les ligatures automatiques doivent être désactivées, avec \autoBeamOff, et indiquées manuellement.
L’utilisation conjointe de \partcombine et de \autoBeamOff peut produire des résultats quelque peu surprenants ; ceci fait l’objet d’un exemple particulier à la rubrique morceaux choisis.

Des règles de dérogation au comportement automatique par défaut sont possibles ; voir Définition des règles de ligature automatique.

Commandes prédéfinies

\autoBeamOff, \autoBeamOn.

Morceaux choisis

Ligature au moment d’un saut de ligne

Il est normalement impensable qu’un saut de ligne tombe au milieu d’une ligature. LilyPond permet néanmoins de l’obtenir.

\relative c'' {
  \override Beam.breakable = ##t
  c8 c[ c] c[ c] c[ c] c[ \break
  c8] c[ c] c[ c] c[ c] c
}

[image of music]

Ligature et directions de hampe inversées

LilyPond insère automatiquement des ligatures coudées – certaines hampes vers le haut, d’autres vers le bas – lorsqu’il détecte un intervalle important entre des têtes de notes. Ce comportement peut être changé par l’intermédiaire de l’objet auto-knee-gap – défini par défaut à 5,5 espaces, plus la largeur et la pente de la ligature en question.

{
  f8 f''8 f8 f''8
  \override Beam.auto-knee-gap = #6
  f8 f''8 f8 f''8
}

[image of music]

Partcombine et autoBeamOff

La fonction \autoBeamOff dans le cadre d’un \partcombine agit de façon bien particulière ; c’est pourquoi il vaut mieux tout d’abord recourir à

\set Staff.autobeaming = ##f

pour désactiver les ligatures automatiques pour l’ensemble de la portée concernée.

L’instruction \partcombine fonctionne apparemment sur la base de trois voix : solo hampes montantes, solo hampes descendantes et ensemble hampes montantes.

Lorsque \autoBeamOff apparaît dans le premier argument de la combinaison, il s’applique à la voix active à ce moment précis, qu’il s’agisse du solo hampes montantes ou du combiné hampes montantes. Lorsqu’elle est introduite dans le second argument, la commande \autoBeamOff s’appliquera au solo hampes descendantes.

Vous devrez donc, afin que \autoBeamOff soit pleinement opérationnel dans le cadre d’un \partcombine, l’introduire aux trois niveaux.

{
  %\set Staff.autoBeaming = ##f % turns off all autobeaming
  \partcombine
  {
    \autoBeamOff % applies to split up stems
    \repeat unfold 4 a'16
    %\autoBeamOff % applies to combined up stems
    \repeat unfold 4 a'8
    \repeat unfold 4 a'16
  }
  {
    \autoBeamOff % applies to down stems
    \repeat unfold 4 f'8
    \repeat unfold 8 f'16 |
  }
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Barres de ligature manuelles, Définition des règles de ligature automatique.

Fichiers d’initialisation : ‘scm/auto-beam.scm’.

Morceaux choisis : Rythme.

Références des propriétés internes : Auto_beam_engraver, Beam_engraver, Beam. BeamEvent, BeamForbidEvent, beam-interface, unbreakable-spanner-interface.

Problèmes connus et avertissements

Les propriétés d’une ligature sont déterminées dès le début de sa construction ; toute adaptation qui interviendrait avant sa terminaison ne sera prise en compte qu’à l’occasion de la prochaine ligature.


Définition des règles de ligature automatique

Lorsque la fonction de ligature automatique est active, le positionnement des ligatures dépend des trois propriétés baseMoment, beatStructure et beamExceptions. Les valeurs par défaut de ces variables peuvent s’adapter, comme indiqué ci-après, ou bien carrément être modifiées – voir Métrique.

Dès lors qu’une règle affectant beamExceptions est définie pour la métrique en vigueur, c’est cette règle qui servira à déterminer le placement des ligatures, ignorant les valeurs de baseMoment et beatStructure.

En l’absence de règle affectant beamExceptions pour la métrique en vigueur, les ligatures seront déterminées par les réglages conjoints de baseMoment et beatStructure.

Ligature basée sur baseMoment et beatStructure

beamExceptions dispose par défaut de règles pour les métriques les plus courantes ; il est donc impératif de les invalider pour gérer les ligatures automatiques à l’aide de baseMoment et beatStructure. Les règles de beamExceptions se désactivent par un

\set Timing.beamExceptions = #'()

Lorsque beamExceptions est défini à #'(), que ce soit explicitement ou en raison de l’absence de règles par défaut de beamExceptions pour la métrique en vigueur, la terminaison des ligatures est directement liée à la pulsation telle que spécifiée par les propriétés baseMoment et beatStructure. La propriété beatStructure est constituée d’une liste d’éléments Scheme qui définit la longueur de chaque pulsation, prenant baseMoment comme unité. L’unité de base (le baseMoment) correspond par défaut à l’inverse du dénominateur de la métrique. D’autre part, chaque unité de baseMoment constitue par défaut une seule pulsation.

\time 5/16
c16^"default" c c c c |
% beamExceptions are unlikely to be defined for 5/16 time,
% but let's disable them anyway to be sure
\set Timing.beamExceptions = #'()
\set Timing.beatStructure = #'(2 3)
c16^"(2+3)" c c c c |
\set Timing.beatStructure = #'(3 2)
c16^"(3+2)" c c c c |

[image of music]

\time 4/4
a8^"default" a a a a a a a
% Disable beamExceptions because they are definitely
% defined for 4/4 time
\set Timing.beamExceptions = #'()
\set Timing.baseMoment = #(ly:make-moment 1/4)
\set Timing.beatStructure = #'(1 1 1 1)
a8^"changed" a a a a a a a

[image of music]

Les effets de règles de ligature peuvent être restreints à un contexte particulier. En l’absence de règle particulière déterminée dans un contexte de niveau inférieur, les règles définies au niveau directement supérieur s’appliqueront.

\new Staff {
  \time 7/8
  % No need to disable beamExceptions
  % as they are not defined for 7/8 time
  \set Staff.beatStructure = #'(2 3 2)
  <<
    \new Voice = one {
      \relative c'' {
        a8 a a a a a a
      }
    }
    \new Voice = two {
      \relative c' {
        \voiceTwo
        \set Voice.beatStructure = #'(1 3 3)
        f8 f f f f f f
      }
    }
  >>
}

[image of music]

Lorsque plusieurs voix cohabitent sur une même portée et que les règles de ligature doivent s’appliquer sans distinction, il faut spécifier que ces règles affectent le contexte Staff :

\time 7/8
% rhythm 3-1-1-2
% Change applied to Voice by default --  does not work correctly
% Because of autogenerated voices, all beating will
% be at baseMoment (1 . 8)
\set beatStructure = #'(3 1 1 2)
<< {a8 a a a16 a a a a8 a} \\ {f4. f8 f f f} >>

% Works correctly with context Staff specified
\set Staff.beatStructure = #'(3 1 1 2)
<< {a8 a a a16 a a a a8 a} \\ {f4. f8 f f f} >>

[image of music]

Vous pouvez ajuster la valeur de baseMoment afin d’obtenir des ligatures selon vos besoin. Notez cependant que la valeur de beatStructure devra être en corrélation avec cette nouvelle valeur de baseMoment.

\time 5/8
% No need to disable beamExceptions
% as they are not defined for 5/8 time
\set Timing.baseMoment = #(ly:make-moment 1/16)
\set Timing.beatStructure = #'(7 3)
\repeat unfold 10 { a16 }

[image of music]

baseMoment constitue un moment, autrement dit une unité de durée musicale. La fonction Scheme ly:make-moment est tout particulièrement chargée de créer cette quantité de type moment – voir Gestion du temps pour plus de précisions.

La pulsation – baseMoment en anglais – découle directement de la métrique telle que définie par la commande \time. Elle est par défaut égale à un sur le dénominateur de la métrique. Les exceptions à cette règle par défaut sont répertoriées dans le fichier ‘scm/time-signature-settings.scm’. Pour savoir comment jouer avec la valeur de baseMoment selon la métrique, reportez vous au chapitre Métrique.

Les règles de ligature et de subdivision spécifiques sont enregistrées dans la propriété beamExceptions. Ses valeurs par défaut, rangées par métrique et type de règle, sont répertoriées dans le fichier ‘scm/time-signature-settings.scm’.

Ligature basée sur beamExceptions

Les règles spécifiques autres que celles concernant la terminaison des ligatures sont gérées par la propriété beamExceptions.

\time 3/16
\set Timing.beatStructure = #'(2 1)
\set Timing.beamExceptions =
  #'(                       ;ouvre de la liste associative
     (end .                 ;ceci concerne la terminaison des ligatures
      (                     ;ouvre la liste des points de terminaison
       ((1 . 32) . (2 2 2)) ;règle pour les triples -- groupées à la double
      )))                   %referme la liste
c16 c c |
\repeat unfold 6 { c32 } |

[image of music]

beamExceptions contient la liste des règles de ligature selon leur type.

Le seul type de règle pris en charge à ce jour est 'end, qui concerne les terminaisons.

Chaque règle est constituée d’une liste de doublets associatifs en langage Scheme (un alist pour les puristes), qui indique la durée de base et sa règle de regroupement.

#'((durée-type1 . groupement-1)
   (durée-type2 . groupement-2)
   (durée-type3 . groupement-3))

durée-type est constitué d’une paire indiquant la durée de base – par exemple (1 . 16) pour une double croche.

groupement est constitué d’une liste Scheme qui indique le regroupement à effectuer, en unité de type de ligature.

Note : La propriété beamExceptions doit répertorier absolument toutes les exceptions. Il n’est en effet pas possible d’en ajouter, modifier ou supprimer a posteriori. Cela peut paraître fastidieux, mais toutes les règles de ligature devraient être appréciées avant de les spécifier.

Lorsqu’intervient un changement de métrique, les valeurs par défaut de Timing.baseMoment, Timing.beatStructure et Timing.beamExceptions sont réinitialisées. Il suffit donc, pour revenir aux règles de ligature par défaut d’un contexte Timing, de spécifier à nouveau la métrique.

\time 6/8
\repeat unfold 6 { a8 }
% group (4 + 2)
\set Timing.beatStructure = #'(4 2)
\repeat unfold 6 { a8 }
% go back to default behavior
\time 6/8
\repeat unfold 6 { a8 }

[image of music]

Les règles de ligature automatique par défaut sont répertoriées, par métrique, dans le fichier ‘scm/time-signature-settings.scm’. Les manières de déroger à ce comportement sont abordées au chapitre Métrique.

De nombreuses règles de ligature automatique comportent une clé beamExceptions. Par exemple, s’il n’y a que des croches dans une mesure à 4/4, celles-ci seront réparties en deux groupes. Le fait de ne pas réinitialiser beamExceptions lors d’un aménagement de la pulsation – l’élément beatStructure – empêchera l’application de cette dérogation.

\time 4/4
\set Timing.baseMoment = #(ly:make-moment 1/8)
\set Timing.beatStructure = #'(3 3 2)
% This won't beam (3 3 2) because of beamExceptions
\repeat unfold 8 {c8} |
% This will beam (3 3 2) because we clear beamExceptions
\set Timing.beamExceptions = #'()
\repeat unfold 8 {c8}

[image of music]

De la même manière, les croches d’une mesure à 3/4 sont ligaturées sur la mesure par défaut. Ligaturer sur le temps requiert un appel à beamExceptions.

\time 3/4
% by default we beam in (6) due to beamExceptions
\repeat unfold 6 {a8} |
% This will beam (1 1 1) due to default baseMoment and beatStructure
\set Timing.beamExceptions = #'()
\repeat unfold 6 {a8}

[image of music]

Certaines partitions des périodes romantique ou classique font apparaître des ligatures sur la moitié d’une mesure à 3/4 (ou à 3/8), ce qui va à l’encontre de la règle établie – comme le fait remarquer Gould à la page 153 de son ouvrage – puisque donne l’impression d’une mesure à 6/8. Il en va de même pour une mesure à 3/8. La reproduction d’un tel comportement se contrôle à l’aide de la propriété de contexte beamHalfMeasure, qui d’ailleurs ne sera effective que lorsque le numérateur de la métrique est un 3.

\time 3/4
r4. a8 a a |
\set Timing.beamHalfMeasure = ##f
r4. a8 a a |

[image of music]

Principes de la ligature automatique

Lorsqu’elle est activée, la gestion automatisée des ligatures est directement liée aux propriétés baseMoment, beatStructure et beamExceptions.

Les règles déterminant le positionnement des ligatures automatiques s’appliquent dans l’ordre suivant de priorité :

Le type de ligature correspond à la durée la plus courte dans le groupe.

Les règles de ligature par défaut sont répertoriées dans le fichier ‘scm/time-signature-settings.scm’.

Morceaux choisis

Subdivision des ligatures

Les ligatures d’une succession de notes de durée inférieure à la croche ne sont pas subdivisées par défaut. Autrement dit, tous les traits de ligature (deux ou plus) seront continus. Ce comportement peut être modifié afin de diviser la ligature en sous-groupes grâce à la propriété subdivideBeams. Lorsqu’elle est activée, les ligatures seront subdivisées selon un intervalle défini par baseMoment ; il n’y aura alors plus qu’un seul trait de ligature entre chaque sous-groupe. Par défaut, baseMoment fixe la valeur de référence par rapport à la métrique en vigueur. Il faudra donc lui fournir, à l’aide de la fonction ly:make-moment, une fraction correspondant à la durée du sous-groupe désiré comme dans l’exemple ci-dessous. Gardez à l’esprit que, si vous venez à modifier baseMoment, vous devrez probablement adapter beatStrusture afin qu’il reste en adéquation avec les nouvelles valeurs de baseMoment.

\relative c'' {
  c32[ c c c c c c c]
  \set subdivideBeams = ##t
  c32[ c c c c c c c]

  % Set beam sub-group length to an eighth note
  \set baseMoment = #(ly:make-moment 1/8)
  \set beatStructure = #'(2 2 2 2)
  c32[ c c c c c c c]

  % Set beam sub-group length to a sixteenth note
  \set baseMoment = #(ly:make-moment 1/16)
  \set beatStructure = #'(4 4 4 4)
  c32[ c c c c c c c]
}

[image of music]

Ligature à la pulsation

Une sous-ligature tronquée peut pointer en direction de la pulsation à laquelle elle se rattache. Dans l’exemple suivant, la première ligature évite toute troncature (comportement par défaut), alors que la deuxième respecte rigoureusement la pulsation.

\relative c'' {
  \time 6/8
  a8. a16 a a
  \set strictBeatBeaming = ##t
  a8. a16 a a
}

[image of music]

Signes de direction, signes de sous-groupe

Les règles de ligature par mesure sont gérées par la propriété beatStructure. Ses valeurs par défaut sont répertoriées, par métrique, dans le fichier scm/time-signature-settings.scm. Elles sont modifiables grâce à la commande \set.

La fonction Scheme set-time-signature permet quant à elle de définir à la fois la métrique et la pulsation. Celle-ci prend trois arguments : le nombre de pulsations, la durée de la pulsation et le regroupement des pulsations dans la mesure. \time et set-time-signature s’appliquent tous deux au contexte Timing ; ils ne redéfiniront donc pas les valeurs de beatStructure ou baseMoment lorsqu’elles sont modifiées dans un contexte de niveau inférieur comme Voice par exemple.

Si l’on fait appel au Measure_grouping_engraver, la fonction set-time-signature créera aussi des symboles MeasureGrouping. Ces symboles aident à la lecture des œuvres modernes à la rythmique complexe. Dans l’exemple qui suit, la mesure à 9/8 est divisée en 2, 2, 2 et 3, alors que la mesure à 5/8 répond aux règles par défaut contenues dans le fichier scm/beam-settings.scm.

\score {
  \new Voice \relative c'' {
    \time 9/8
    g8 g d d g g a( bes g) |
    \set Timing.beatStructure = #'(2 2 2 3)
    g8 g d d g g a( bes g) |
    \time #'(4 5) 9/8
    g8 g d d g g a( bes g) |
    \time 5/8
    a4. g4 |
  }
  \layout {
    \context {
      \Staff
      \consists "Measure_grouping_engraver"
    }
  }
}

[image of music]

Définition de règles de ligature pour la partition

Les règles de ligature définies au niveau du contexte Score s’appliqueront à toutes les portées. Il est toutefois possible de moduler au niveau Staff ou Voice :

\relative c'' {
  \time 5/4
  % Set default beaming for all staves
  \set Score.baseMoment = #(ly:make-moment 1/8)
  \set Score.beatStructure = #'(3 4 3)
  <<
    \new Staff {
      c8 c c c c c c c c c
    }
    \new Staff {
      % Modify beaming for just this staff
      \set Staff.beatStructure = #'(6 4)
      c8 c c c c c c c c c
    }
    \new Staff {
      % Inherit beaming from Score context
      <<
        {
          \voiceOne
          c8 c c c c c c c c c
        }
        % Modify beaming for this voice only
        \new Voice {
          \voiceTwo
          \set Voice.beatStructure = #'(6 4)
          a8 a a a a a a a a a
        }
      >>
    }
  >>
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Métrique.

Fichiers d’initialisation : ‘scm/time-signature-settings.scm’.

Morceaux choisis : Rythme.

Référence des propriétés internes : Auto_beam_engraver, Beam, BeamForbidEvent, beam-interface.

Problèmes connus et avertissements

Si une partition se termine alors qu’une ligature automatique est restée inachevée, cette dernière ligature ne sera pas imprimée du tout. C’est également valable dans le cas d’une musique polyphonique saisie avec la syntaxe << … \\ … >>, où une voix se terminerait sans que la dernière ligature ne soit achevée. Le plus simple, en pareil cas, est de spécifier manuellement les dernières ligatures.

Le traducteur Timing est par défaut affecté au contexte Score. Définir la métrique dans une portée aura donc des effets sur les ligatures de toutes les autres. Par voie de conséquence, la définition de la métrique apparaissant dans une autre portée annulera les aménagements précédemment apportés aux règles de ligature. Il est donc préférable, pour éviter tout désagrément, de ne spécifier la métrique que dans une seule portée.

<<
  \new Staff {
    \time 3/4
    \set Timing.baseMoment = #(ly:make-moment 1/8)
    \set Timing.beatStructure = #'(1 5)
    \set Timing.beamExceptions = #'()
    \repeat unfold 6 { a8 }
  }
  \new Staff {
    \repeat unfold 6 { a8 }
  }
>>

[image of music]

Vous pouvez adapter les règles de ligature par défaut pour une métrique particulière de telle sorte que ces règles que vous aurez définies soient toujours prises en compte. La modification des règles de ligature automatiques est abordée au chapitre Métrique.

<<
  \new Staff {
    \overrideTimeSignatureSettings
      3/4               % timeSignatureFraction
      1/8               % baseMomentFraction
      #'(1 5)           % beatStructure
      #'()		% beamExceptions
    \time 3/4
    \repeat unfold 6 { a8 }
  }
  \new Staff {
    \time 3/4
    \repeat unfold 6 { a8 }
  }
>>

[image of music]


Barres de ligature manuelles

Dans certaines situations, il peut s’avérer nécessaire de supplanter l’algorithme de regroupement automatique des notes, par exemple pour prolonger une ligature par-dessus un silence ou une barre de mesure, ou bien pour suivre le rythme des paroles plutôt que celui des notes. Le début et la fin de la ligature sont alors indiqués respectivement par [ et ].

r4 r8[ g' a r] r8 g[ | a] r

[image of music]

Le positionnement des ligature manuelles se détermine comme pour toute indication attachée à une note :

c8^[ d e] c,_[ d e f g]

[image of music]

Le fait d’affubler une note particulière d’un \noBeam aura pour effet de l’empêcher d’être ligaturée :

\time 2/4
c8 c\noBeam c c

[image of music]

Notes d’ornement et normales font l’objet d’un traitement distinct. Il est dont possible de ligaturer ou non des notes d’ornement sans gêner ce qui est en place au niveau de la notation normale.

c4 d8[
\grace { e32 d c d }
e8] e[ e
\grace { f16 }
e8 e]

[image of music]

LilyPond peut déterminer automatiquement les sous-groupes à l’intérieur d’un groupement de notes, bien que le résultat ne soit pas toujours optimal. Les propriétés stemLeftBeamCount et stemRightBeamCount permettent alors d’ajuster ce comportement. Lorsque l’une ou l’autre de ces propriétés est définie, elle ne s’applique qu’une seule fois, après quoi sa définition est effacée. Dans l’exemple qui suit, le dernier fa n’a de ligature supplémentaire que sur sa gauche ; autrement dit, c’est la ligature à la croche qui est importante.

a8[ r16 f g a]
a8[ r16
\set stemLeftBeamCount = #2
\set stemRightBeamCount = #1
f16
\set stemLeftBeamCount = #1
g16 a]

[image of music]

Commandes prédéfinies

\noBeam.

Morceaux choisis

Crochet rectiligne et débordement de ligature

En combinant stemLeftBeamCount, stemRightBeamCount et des paires de [], vous pourrez obtenir des crochets rectilignes et des ligatures qui débordent à leurs extrémités.

Pour des crochets rectilignes à droite sur des notes isolées, il suffit d’ajouter une paire d’indicateurs de ligature [] et de déterminer stemLeftBeamCount à zéro, comme dans l’exemple 1.

Pour des crochets rectiligne à gauche, c’est stemRightBeamCount qu’il faudra déterminer (exemple 2).

Pour que les barres de ligature débordent sur la droite, stemRightBeamCount doit avoir une valeur positive ; pour un débordement à gauche, c’est sur stemLeftBeamCount qu’il faut jouer. Tout ceci est illustré par l’exemple 3.

Il est parfois judicieux, lorsqu’une note est encadrée de silences, de l’affubler de crochets rectilignes de part et d’autre. L’exemple 4 montre qu’il suffit d’adjoindre à cette note un [].

(Notez bien que \set stemLeftBeamCount sera toujours synonyme de \once \set. Autrement dit, la détermination des ligatures n’est pas « permanente » ; c’est la raison pour laquelle les crochets du c'16[] isolé du dernier exemple n’ont rien à voir avec le \set indiqué deux notes auparavant.)

\score {
  <<
    % Example 1
    \new RhythmicStaff {
      \set stemLeftBeamCount = #0
      c16[]
      r8.
    }
    % Example 2
    \new RhythmicStaff {
      r8.
      \set stemRightBeamCount = #0
      16[]
    }
    % Example 3
    \new RhythmicStaff {
      16 16
      \set stemRightBeamCount = #2
      16 r r
      \set stemLeftBeamCount = #2
      16 16 16
    }
    % Example 4
    \new RhythmicStaff {
      16 16
      \set stemRightBeamCount = #2
      16 r16
      16[]
      r16
      \set stemLeftBeamCount = #2
      16 16
    }
  >>
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Direction et positionnement, Notes d’ornement.

Morceaux choisis : Rythme.

Référence des propriétés internes : Beam, BeamEvent, Beam_engraver, beam-interface, Stem_engraver.


Liens de croches en soufflet

Les ligatures en soufflet permettent d’indiquer qu’un petit groupe de notes se joue en accélérant ou en ralentissant sans pour autant modifier le tempo du morceau. L’étendue du soufflet s’indique par [ et ] ; son orientation est déterminée par la propriété grow-direction de l’objet Beam.

Lorsque la sortie MIDI doit refléter les ritardando ou accelerando indiqués par une ligature en soufflet, les notes qui la composent doivent être regroupées dans une expression musicale délimitée par des accolades, précédée de la commande \featherDurations. Cette commande détermine le ratio entre les durées des premières et dernières notes du groupe en question.

Les crochets indiquent l’étendue de la ligature et les accolades les notes concernées par une modification de leur durée. Il s’agit en général du même groupe de notes, mais les deux commandes sont indépendantes l’une de l’autre.

Dans l’exemple ci-après, les huit doubles croches occupent exactement le même espace qu’une blanche, mais la première est moitié moins longue que la dernière et celles qui les séparent s’allongent peu à peu. Les quatre triples croches qui suivent vont s’accélérant, alors que les quatre dernières gardent un tempo régulier.

\override Beam.grow-direction = #LEFT
\featherDurations #(ly:make-moment 2/1)
{ c16[ c c c c c c c] }
\override Beam.grow-direction = #RIGHT
\featherDurations #(ly:make-moment 2/3)
{ c32[ d e f] }
% revert to non-feathered beams
\override Beam.grow-direction = #'()
{ g32[ a b c] }

[image of music]

Si le résultat imprimable ne reflète les durées que de manière approximative, la sortie MIDI sera quant à elle parfaitement « ponctuelle ».

Commandes prédéfinies

\featherDurations.

Voir aussi

Morceaux choisis : Rythme.

Problèmes connus et avertissements

La commande \featherDurations ne permet de traiter que de très courts extraits, avec une faible amplitude.


1.2.5 Mesures


Barres de mesure

Les barres de mesures délimitent les mesures, mais peuvent aussi indiquer une reprise. En principe, elles sont insérées automatiquement en respectant la métrique en vigueur.

Il est possible de forcer l’impression d’une barre de mesure spéciale, avec la commande \bar – c’est d’ailleurs l’habitude en fin de morceau, où l’on voit une double barre :

e4 d c2 \bar "|."

[image of music]

Rien ne s’oppose à ce que la dernière note d’une mesure ne s’arrête avant la barre de mesure ; on considère simplement qu’elle se prolonge sur la mesure suivante. Des débordements à répétition finissent par générer une musique comprimée ou qui sort de la page, pour la simple et bonne raison que les sauts de ligne automatiques ne peuvent intervenir qu’à la fin d’une mesure complète, autrement dit lorsque toutes les notes sont terminées avant la fin de la mesure.

Note : Une durée erronée peut empêcher les sauts de ligne, ce qui conduit à une musique compressée, voire à un débordement de la page.

Il est possible d’autoriser un saut de ligne même s’il n’y a pas de barre de mesure visible, en utilisant :

\bar ""

Ceci insérera une barre de mesure invisible, et permettra – sans pour autant le forcer – de sauter de ligne à cet endroit, sans incrémenter le numéro de mesure. Pour forcer le saut de ligne, référez vous à Sauts de ligne.

Cette barre invisible, ainsi que d’autres barres spéciales, peuvent être insérées manuellement n’importe où. Lorsqu’elles coïncident avec la fin d’une mesure, elles remplacent la simple barre que LilyPond aurait insérée automatiquement. Dans le cas contraire, la barre spécifiée s’insérera là où vous l’aurez positionnée.

Ces insertions n’affectent en rien le calcul du positionnement automatique des barres de mesure à suivre ni les propriétés y afférentes – numérotation, altérations accidentelles, sauts de ligne…
Lorsqu’une barre manuelle est insérée à l’endroit où viendrait se placer une barre normale, seul l’effet visuel en sera modifié.

Vous disposez de deux types de barres simples et de cinq différentes doubles barres :

f1 \bar "|"
f1 \bar "."
g1 \bar "||"
a1 \bar ".|"
b1 \bar ".."
c1 \bar "|.|"
d1 \bar "|."
e1

[image of music]

ainsi que d’une barre en pointillé et d’une discontinue :

f1 \bar ";"
g1 \bar "!"
a1

[image of music]

et de neuf types de barre de reprise :

f1 \bar ".|:"
g1 \bar ":..:"
a1 \bar ":|.|:"
b1 \bar ":|.:"
c1 \bar ":.|.:"
d1 \bar "[|:"
e1 \bar ":|][|:"
f1 \bar ":|]"
g1 \bar ":|."
a1

[image of music]

De plus, une barre de mesure peut s’imprimer sous la forme d’une coche :

f1 \bar "'" g1

[image of music]

On rencontre habituellement ces signes dans le chant grégorien ; nous vous invitons dans ce cadre particulier à plutôt utiliser \divisioMinima, comme indiqué au paragraphe Divisions du chapitre consacré au grégorien.

Lilypond prend en charge la notation kiévienne, qui dispose d’une barre de mesure spécifique :

f1 \bar "k"

[image of music]

De plus amples détails quant à cette forme de notation sont fournis à la rubrique Typographie de notation kiévienne.

L’insertion d’un segno directement sur la portée s’obtient à l’aide de trois types de barre de mesure, comme indiqué ci-dessous :

c4 c c c
\bar "S"
c4 c c c \break
\bar "S"
c4 c c c
\bar "S-|"
c4 c c c \break
\bar "S-|"
c4 c c c
\bar "S-S"
c4 c c c \break
\bar "S-S"
c1

[image of music]

Bien que l’on puisse insérer des barres de reprise manuellement, LilyPond n’en déduira pas pour autant qu’il s’agit d’un passage à répéter. Il est préférable d’indiquer les passages répétés à l’aide des différentes commandes de reprise (voir Répétitions et reprises) qui se chargeront d’imprimer le type de barre approprié.

Dans les faits, un ".|:-||" équivaut à un ".|:" sauf s’il intervient à un saut de ligne : une double barre sera alors imprimée en fin de portée, et la barre de reprise au début de la nouvelle.

c4 c c c
\bar ".|:-||"
c4 c c c \break
\bar ".|:-||"
c4 c c c

[image of music]

LilyPond dispose de six différents moyens de combiner une barre de reprise avec un segno :

c4 c c c
\bar ":|.S"
c4 c c c \break
\bar ":|.S"
c4 c c c
\bar ":|.S-S"
c4 c c c \break
\bar ":|.S-S"
c4 c c c
\bar "S.|:-S"
c4 c c c \break
\bar "S.|:-S"
c4 c c c
\bar "S.|:"
c4 c c c \break
\bar "S.|:"
c4 c c c
\bar ":|.S.|:"
c4 c c c \break
\bar ":|.S.|:"
c4 c c c
\bar ":|.S.|:-S"
c4 c c c \break
\bar ":|.S.|:-S"
c1

[image of music]

Par ailleurs, la commande \inStaffSegno crée une barre de mesure surmontée d’un segno, et sait coopérer avec l’instruction \repeat volta – voir Répétitions courantes.

L’instruction \defineBarLine permet de définir ses propres types de barre de mesure, en respectant la syntaxe :

\defineBarLine type_de_barre #'(fin début extension)

Les variables fournies à \defineBarline peuvent inclure la chîne vide "" qui correspond à une barre invisible, ou bien être valorisées à #f – ce qui aura pour effet ne n’imprimer aucune barre.

Une fois la définition explicitée, la nouvelle barre s’utilise à l’aide de \bar type_de_barre.

Sont à ce jour disponibles dix éléments différents :

\defineBarLine ":" #'("" ":" "")
\defineBarLine "=" #'("=" "" "")
\defineBarLine "[" #'("" "[" "")
\defineBarLine "]" #'("]" "" "")

\new Staff {
  s1 \bar "|"
  s1 \bar "."
  s1 \bar "!"
  s1 \bar ";"
  s1 \bar ":"
  s1 \bar "k"
  s1 \bar "S"
  s1 \bar "="
  s1 \bar "["
  s1 \bar "]"
  s1 \bar ""
}

[image of music]

Le type "=" fournit un double trait destiné à être utilisé en combinaison avec un segno. Nous vous recommandons de lui préférer \bar "||" pour imprimer une simple double barre fine.

Le signe "-" permet d’annoter un type de barre de mesure pour le distinguer lorsqu’il en existe plusieurs ayant la même apparence mais au comportement différent en fin de ligne ou en matière d’extension. Ce qui suit le "-" n’est d’aucune utilité dans la construction de la barre.

\defineBarLine "||-dashedSpan" #'("||" "" "!!")

\new StaffGroup <<
  \new Staff {
    c1 \bar "||"
    c1 \bar "||-dashedSpan"
    c1
  }
  \new Staff {
    c1
    c1
    c1
  }
>>

[image of music]

Par ailleurs, le caractère espace " " permer de préserver de l’espace et ainsi aligner correctement les différents tronçons d’une barre d’un seul tenant entre les portées d’un système :

\defineBarLine ":|.-wrong" #'(":|." "" "|.")
\defineBarLine ":|.-right" #'(":|." "" " |.")

\new StaffGroup <<
  \new Staff {
    c1 \bar ":|.-wrong"
    c1 \bar ":|.-right"
    c1
  }
  \new Staff {
    c1
    c1
    c1
  }
>>

[image of music]

Si d’autres éléments étaient nécessaires, LilyPond dispose de moyens aisés pour les définir. Pour de plus amples informations quant à la manière de modifier ou ajouter des barres de mesure, consultez le fichier ‘scm/bar-line.scm’.

Dans une partition comprenant plusieurs portées, la commande \bar placée sur une portée s’applique automatiquement à toutes les portées. Les barres de mesure que l’on obtient alors sont d’un seul tenant sur les portées d’un StaffGroup, d’un PianoStaff ou d’un GrandStaff.

<<
  \new StaffGroup <<
    \new Staff {
      e4 d
      \bar "||"
      f4 e
    }
    \new Staff { \clef bass c4 g e g }
  >>
  \new Staff { \clef bass c2 c2 }
>>

[image of music]

La commande ‘\bar type_de_barre’ sert de raccourci pour ‘\set Timing.whichBar = type_de_barre’. Dès que l’on définit whichBar, une barre de mesure est créée selon le style défini.

Le type de barre de mesure par défaut utilisé pour l’insertion automatique est "|". Vous pouvez en changer à tout moment grâce à ‘\set Timing.defaultBarType = type_de_barre’.

Voir aussi

Manuel de notation : Sauts de ligne, Répétitions et reprises, Regroupement de portées.

Fichiers d’initialisation : ‘scm/bar-line.scm’.

Morceaux choisis : Rythme.

Référence des propriétés internes : BarLine (faisant partie du contexte Staff), SpanBar (sur plusieurs portées), Timing_translator (pour les propriétés liées au temps).


Numéros de mesure

Les numéros de mesure sont imprimés par défaut à chaque début de ligne, sauf la première. Ce nombre est stocké par la propriété currentBarNumber qui sera mise à jour à chaque mesure. Vous pouvez aussi le définir de manière arbitraire :

c1 c c c
\break
\set Score.currentBarNumber = #50
c1 c c c

[image of music]

Vous pouvez imprimer un numéro de mesure à intervalle régulier plutôt qu’en tête de chaque ligne. Pour y arriver, il faudra dans un premier temps annuler le comportement par défaut afin que les numéros puissent être imprimés ailleurs qu’en début de ligne. Tout ceci est contrôlé par la propriété break-visibility du BarNumber. Elle se compose de trois commutateurs – définis à « vrai » (#t) ou « faux » (#f) – pour spécifier si le numéro de mesure est visible ou non. Les valeurs sont rangées dans l’ordre suivant : visible en fin de ligne, visible en cours de ligne et visible en début de ligne. Voici comment imprimer partout les numéros de mesure :

\override Score.BarNumber.break-visibility = ##(#t #t #t)
\set Score.currentBarNumber = #11
% Permit first bar number to be printed
\bar ""
c1 | c | c | c
\break
c1 | c | c | c

[image of music]

Morceaux choisis

Afficher le numéro de la première mesure

Par défaut, LilyPond n’affiche pas le premier numéro de mesure s’il est inférieur à 2. Le fait de définir barNumberVisibility à all-bar-numbers-visible vous permettra d’imprimer n’importe quel numéro pour la première mesure. Notez que l’impression d’un numéro de mesure ne peut intervenir que s’il y a une barre. Aussi, pour pouvoir le faire au début d’un morceau, devrez-vous ajouter une barre vide avant la première note.

\relative c' {
  \set Score.barNumberVisibility = #all-bar-numbers-visible
  \bar ""
  c1 | d | e | f \break
  g1 | e | d | c
}

[image of music]

Imprimer les numéros de mesure à intervalle régulier

Vous pouvez imprimer un numéro de mesure à intervalle régulier plutôt qu’en tête de chaque ligne seulement, en recourant à la propriété barNumberVisibility. Voici comment afficher le numéro toutes les deux mesures sauf en fin de ligne.

\relative c' {
  \override Score.BarNumber.break-visibility = #end-of-line-invisible
  \set Score.currentBarNumber = #11
  % Permit first bar number to be printed
  \bar ""
  % Print a bar number every second measure
  \set Score.barNumberVisibility = #(every-nth-bar-number-visible 2)
  c1 | c | c | c | c
  \break
  c1 | c | c | c | c
}

[image of music]

Inscrire le numéro de mesure dans un cadre ou un cercle

Les numéros de mesure peuvent être encadrés ou entourés d’un cercle.

\relative c' {
  % Prevent bar numbers at the end of a line and permit them elsewhere
  \override Score.BarNumber.break-visibility = #end-of-line-invisible
  \set Score.barNumberVisibility = #(every-nth-bar-number-visible 4)

  % Increase the size of the bar number by 2
  \override Score.BarNumber.font-size = #2

  % Draw a box round the following bar number(s)
  \override Score.BarNumber.stencil
    = #(make-stencil-boxer 0.1 0.25 ly:text-interface::print)
  \repeat unfold 5 { c1 }

  % Draw a circle round the following bar number(s)
  \override Score.BarNumber.stencil
    = #(make-stencil-circler 0.1 0.25 ly:text-interface::print)
  \repeat unfold 4 { c1 } \bar "|."
}

[image of music]

Numérotation des mesures et alternatives

Deux méthodes alternatives vous permettent de gérer la numérotation des mesures en cas de reprises.

\relative c'{
  \set Score.alternativeNumberingStyle = #'numbers
  \repeat volta 3 { c4 d e f | }
    \alternative {
      { c4 d e f | c2 d \break }
      { f4 g a b | f4 g a b | f2 a | \break }
      { c4 d e f | c2 d }
    }
  c1 \break
  \set Score.alternativeNumberingStyle = #'numbers-with-letters
  \repeat volta 3 { c,4 d e f | }
    \alternative {
      { c4 d e f | c2 d \break }
      { f4 g a b | f4 g a b | f2 a | \break }
      { c4 d e f | c2 d }
    }
  c1
}

[image of music]

Alignement des numéros de mesure

Les numéros de mesure s’alignent en principe sur la droite de l’objet dont ils dépendent. C’est normalement le coin gauche de la portée ou, en cours de ligne, à gauche de la barre. Vous pouvez toutefois les centrer par rapport à la barre ou les afficher à droite de la barre.

\relative c' {
  \set Score.currentBarNumber = #111
  \override Score.BarNumber.break-visibility = #all-visible
  % Increase the size of the bar number by 2
  \override Score.BarNumber.font-size = #2
  % Print a bar number every second measure
  \set Score.barNumberVisibility = #(every-nth-bar-number-visible 2)
  c1 | c1
  % Center-align bar numbers
  \override Score.BarNumber.self-alignment-X = #CENTER
  c1 | c1
  % Left-align bar numbers
  \override Score.BarNumber.self-alignment-X = #LEFT
  c1 | c1
}

[image of music]

Suppression des numéros de mesure d’une partition

Désactiver le graveur concerné – Bar_number_engraver – donnera une partition – contexte Score – sans numéros de mesure.

\layout {
  \context {
    \Score
    \remove "Bar_number_engraver"
  }
}

\relative c'' {
  c4 c c c \break
  c4 c c c
}

[image of music]

Voir aussi

Morceaux choisis : Rythme.

Référence des propriétés internes : BarNumber, Bar_number_engraver.

Problèmes connus et avertissements

Les numéros de mesure peuvent entrer en collision avec les crochets d’un StaffGroup. La propriété padding – décalage – de l’objet BarNumber permet alors d’ajuster leur positionnement.


Vérification des limites et numéros de mesure

Les tests de limite de mesure (ou tests de mesure) aident à détecter les erreurs dans les durées. Un test de mesure s’écrit avec une barre verticale, |. Lors du traitement, elle doit correspondre à une barre de mesure. Sinon, un avertissement est émis qui indique le numéro de ligne où est détectée l’erreur. Dans l’exemple suivant, le deuxième test de mesure signale une erreur.

\time 3/4 c2 e4 | g2 |

Le test de mesure peut être aussi utilisé dans les paroles, par exemple :

\lyricmode {
 \time 2/4
 Twin -- kle | Twin -- kle
}

Des durées incorrectes font échouer les tests de mesure et peuvent souvent mettre la partition sens dessus dessous, particulièrement s’il s’agit de musique polyphonique. Vérifier les tests de mesure qui ont échoué et les durées incorrectes est un bon moyen de commencer à corriger sa partition.

Lorsque plusieurs tests successifs présentent un même décalage, seul le message d’avertissement concernant la première occurrence est affiché. L’origine du problème est de fait plus évidente.

Il est aussi possible d’attribuer une autre valeur au symbole |, en assignant une expression musicale à "|". Dans l’exemple suivant, le | servira à insérer une double barre là où il apparaît, au lieu de simplement vérifier que la fin de la mesure est atteinte.

"|" = \bar "||"
{
  c'2 c' |
  c'2 c'
  c'2 | c'
  c'2 c'
}

[image of music]

Lorsque l’on recopie de longues pièces, il peut être utile de vérifier que les numéros de mesure de LilyPond correspondent à l’original que l’on recopie. Cela se fait avec \barNumberCheck. Par exemple,

\barNumberCheck #123

affiche un avertissement lors du traitement si le numéro de mesure à ce point (variable currentBarNumber) n’est pas égal à 123.

Voir aussi

Morceaux choisis : Rythme.


Indications de repère

Indiquer un repère s’obtient grâce à la commande \mark.

c1 \mark \default
c1 \mark \default
c1 \mark \default
c1 \mark \default

[image of music]

Lorsque vous utilisez \mark \default, le repère s’incrémente automatiquement ; toutefois donner un nombre en argument permet de spécifier manuellement le repère en question. La valeur à utiliser est enregistrée dans la propriété rehearsalMark.

c1 \mark \default
c1 \mark \default
c1 \mark #8
c1 \mark \default
c1 \mark \default

[image of music]

La lettre I n’est pas utilisée, conformément aux usages de la gravure. Cependant, vous pourrez intégrer la lettre I en utilisant l’une des commandes suivantes selon que ce repère doive être simple, inclus dans un rectangle ou dans un cercle :

\set Score.markFormatter = #format-mark-alphabet
\set Score.markFormatter = #format-mark-box-alphabet
\set Score.markFormatter = #format-mark-circle-alphabet
\set Score.markFormatter = #format-mark-box-alphabet
c1 \mark \default
c1 \mark \default
c1 \mark #8
c1 \mark \default
c1 \mark \default

[image of music]

Le style de repère est déterminé par la propriété markFormatter. Il s’agit d’une fonction qui prend en arguments le repère en cours (un entier) ainsi que le contexte en cours, et retournera un objet de type markup. Dans l’exemple qui suit, markFormatter est réglé pour une procédure type. Quelques mesures plus loin, son comportement est modifié pour imprimer un repère encadré.

\set Score.markFormatter = #format-mark-numbers
c1 \mark \default
c1 \mark \default
\set Score.markFormatter = #format-mark-box-numbers
c1 \mark \default
\set Score.markFormatter = #format-mark-circle-numbers
c1 \mark \default
\set Score.markFormatter = #format-mark-circle-letters
c1

[image of music]

Le fichier ‘scm/translation-functions.scm’ comporte les définitions de format-mark-numbers (comportement par défaut), format-mark-box-numbers, format-mark-letters et format-mark-box-letters. Vous pouvez vous en inspirer pour d’autres fonctions de formatage.

format-mark-barnumbers, format-mark-box-barnumbers et format-mark-circle-barnumbers permettent d’imprimer le numéro de mesure au lieu des compteurs alphabétique ou numérique.

On peut aussi spécifier manuellement une marque de repère :

\mark "A1"

Score.markFormatter sera sans effet sur des repères ainsi définis. Un \markup peut néanmoins s’utiliser en argument.

\mark \markup{ \box A1 }

Un \mark peut contenir un glyphe musical tel que le signe segno.

c1 \mark \markup { \musicglyph #"scripts.segno" }
c1 \mark \markup { \musicglyph #"scripts.coda" }
c1 \mark \markup { \musicglyph #"scripts.ufermata" }
c1

[image of music]

Pour connaître les différents symboles accessibles par \musicglyph, consultez La fonte Feta.

Pour affiner le positionnement des repères, veuillez vous référer à Mise en forme du texte, et tout particulièrement ce qui concerne la break-alignable-interface au chapitre Alignement des objets.

Les définitions format-mark-numbers et format-mark-letters sont inscrites dan le fichier ‘scm/translation-functions.scm’. Elles seront une source d’inspiration en matière de fonctions de formatage.

Voir aussi

Manuel de notation : La fonte Feta, Mise en forme du texte, Alignement des objets.

Fichiers d’initialisation : ‘scm/translation-functions.scm’.

Morceaux choisis : Rythme.

Référence des propriétés internes : MarkEvent, Mark_engraver, RehearsalMark.


1.2.6 Fonctionnalités rythmiques particulières


Notes d’ornement

Les petites notes sont des ornements entièrement écrits. Leur taille est un peu plus petite que celle des notes normales et elles n’occupent pas de temps dans la mesure.

c4 \grace b16 a4(
\grace { b16 c16 } a2)

[image of music]

Les plus courantes sont les acciaccatures, qui doivent se jouer très vite, et qui s’écrivent sous forme d’une petite note barrée (sur la hampe) et liée. L’appoggiature est une petite note non barrée, qui vole une fraction à la durée de la note réelle qui la suit. LilyPond dispose aussi, grâce à la fonction \slashedGrace, d’une petite note barrée et dépourvue de liaison, qui viendra s’insérer entre deux notes déjà liées.

\acciaccatura d8 c4
\appoggiatura e8 d4
\acciaccatura { g16 f } e2
\slashedGrace a,8 g4
\slashedGrace b16 a4(
\slashedGrace b8 a2)

[image of music]

Les petites notes se placent de façon synchrone entre les différentes portées. Dans l’exemple suivant, il y a deux petites double-croches pour chaque petite croche.

<<
  \new Staff { e2 \grace { c16 d e f } e2 }
  \new Staff { c2 \grace { g8 b } c2 }
>>

[image of music]

La commande \afterGrace sert à placer une petite note après une note réelle – et non avant comme d’ordinaire. Cette commande requiert deux arguments : la note réelle, et la ou les petites notes qui s’y rattachent.

c1 \afterGrace d1 { c16[ d] } c1

[image of music]

Les petites notes se placent alors aux trois quarts de la durée de la note réelle. Cette fraction peut être changée en définissant afterGraceFraction. Dans l’exemple suivant, vous pouvez observer la différence entre le comportement par défaut, à 15/16 et enfin à la moitié de la durée de base.

<<
  \new Staff {
    c1 \afterGrace d1 { c16[ d] } c1
  }
  \new Staff {
    #(define afterGraceFraction (cons 15 16))
    c1 \afterGrace d1 { c16[ d] } c1
  }
  \new Staff {
    #(define afterGraceFraction (cons 1 2))
    c1 \afterGrace d1 { c16[ d] } c1
  }
>>

[image of music]

Des silences invisibles permettent d’ajuster l’espace entre les petites notes et la note réelle. Nous pourrions positionner ces petites notes à sept huitièmes de la durée de la note de base :

\new Voice {
  <<
    { d1^\trill_( }
    { s2 s4. \grace { c16 d } }
  >>
  c1)
}

[image of music]

Les expressions \grace obéissent à des règles typographiques particulières, notamment en matière d’orientation et de taille des objets. De ce fait, toute subtilité de mise en forme devra être indiquée à l’intérieur de l’expression introduite par \grace ; ces réglages additionnels doivent également être désactivés dans cette même expression.

\new Voice {
  \acciaccatura {
    \stemDown
    f16->
    \stemNeutral
  }
  g4 e c2
}

[image of music]

Morceaux choisis

Utilisation de hampe barrée pour une note normale

Le trait que l’on trouve sur les hampes des acciaccatures peut être appliqué dans d’autres situations.

\relative c'' {
  \override Flag.stroke-style = #"grace"
  c8( d2) e8( f4)
}

[image of music]

Mise en forme des notes d’ornement

Il est possible de changer globalement la mise en forme des notes d’ornement dans un morceau, au moyen des fonctions add-grace-property et remove-grace-property. Ici, par exemple, on ôte la définition de l’orientation des objets Stem pour toutes les petites notes, afin que les hampes ne soient pas toujours orientées vers le haut, et on leur préfère des têtes en forme de croix.

\relative c'' {
  \new Staff {
    $(remove-grace-property 'Voice 'Stem 'direction)
    $(add-grace-property 'Voice 'NoteHead 'style 'cross)
    \new Voice {
       \acciaccatura { f16 } g4
       \grace { d16 e } f4
       \appoggiatura { f,32 g a } e2
    }
  }
}

[image of music]

Redéfinition des réglages de mise en forme par défaut des notes d’ornement

Vous pouvez modifier les valeurs des variables startGraceMusic, stopGraceMusic, startAcciaccaturaMusic, stopAcciaccaturaMusic, startAppoggiaturaMusic et stopAppoggiaturaMusic afin d’en personnaliser les effets. Pour plus de détails, voir le fichier ‘ly/grace-init.ly’.

startAcciaccaturaMusic = {
  <>(
  \override Flag.stroke-style = #"grace"
  \slurDashed
}

stopAcciaccaturaMusic = {
  \revert Flag.stroke-style
  \slurSolid
  <>)
}

\relative c'' {
  \acciaccatura d8 c1
}

[image of music]

Positionnement des notes d’ornement avec espace flottant

Lorsqu’est activée la propriété strict-grace-spacing, l’espacement des notes d’ornement se fera de manière « élastique ». Autrement dit, elles seront décollées de leur note de rattachement : LilyPond commence par espacer les notes normales, puis les ornements sont placés à la gauche de leur note de rattachement.

\relative c'' {
  <<
    \override Score.SpacingSpanner.strict-grace-spacing = ##t
    \new Staff \new Voice {
      \afterGrace c4 { c16[ c8 c16] }
      c8[ \grace { b16 d } c8]
      c4 r
    }
    \new Staff {
      c16 c c c c c c c c4 r
    }
  >>
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : ornements, acciacature, appogiature.

Manuel de notation : Changement d’échelle des durées, Barres de ligature manuelles.

Fichiers d’initialisation : ‘ly/grace-init.ly’.

Morceaux choisis : Rythme.

Référence des propriétés internes : GraceMusic, Grace_auto_beam_engraver, Grace_beam_engraver, Grace_engraver, Grace_spacing_engraver.

Problèmes connus et avertissements

Un groupe de notes ligaturées constituant une acciaccatura apparaîtra comme une appoggiatura, c’est-à-dire sans trait.

La synchronisation des petites notes se fait de façon parfois surprenante, car les autres objets de la portée – barre de mesure, armure, etc. – sont eux aussi synchrones. Pensez-y lorsque vous mêlez des portées comprenant des petites notes et d’autres sans :

<<
  \new Staff { e4 \bar ".|:" \grace c16 d2. }
  \new Staff { c4 \bar ".|:" d2. }
>>

[image of music]

Il est possible de remédier à cela en insérant, sur les autres portées, des silences invisibles dans une expression précédée de \grace et correspondant à la durée des petites notes :

<<
  \new Staff { e4 \bar ".|:" \grace c16 d2. }
  \new Staff { c4 \bar ".|:" \grace s16 d2. }
>>

[image of music]

Lorsque des petites notes font l’objet d’un contexte de voix, cela perturbe la présentation des voix normales. Vous pourrez y remédier en insérant un silence ou une note entre la commande affectant la voix et les petites notes.

accMusic = {
  \acciaccatura { f8 } e8 r8 \acciaccatura { f8 } e8 r4
}

\new Staff {
  <<
    \new Voice {
      \relative c'' {
        r8 r8 \voiceOne \accMusic \oneVoice r8 |
        r8 \voiceOne r8 \accMusic \oneVoice r8 |
      }
    }
    \new Voice {
      \relative c' {
        s8 s8 \voiceTwo \accMusic \oneVoice s8 |
        s8 \voiceTwo r8 \accMusic \oneVoice s8 |
      }
    }
  >>
}

[image of music]

Seules des expressions musicales séquentielles peuvent être utilisées pour des petites notes ; il n’est pas possible d’imbriquer ni de juxtaposer des sections de petites notes, faute de quoi le traitement du code peut échouer ou produire des erreurs.

En ce qui concerne la sortie MIDI, les petites notes ont une durée du quart de la valeur que vous leur attribuez. Par voie de conséquence, si la durée globale d’une succession de petites notes venait à dépasser la durée de la note qui précède, vous déclencheriez une erreur du type « Going back in MIDI time ». Il vous faudra donc raccourcir les petites notes. Par exemple,

c'8 \acciaccatura { c'8[ d' e' f' g'] }

deviendrait :

c'8 \acciaccatura { c'16[ d' e' f' g'] }

ou bien modifier explicitement l’échelle des durées :

c'8 \acciaccatura { \scaleDurations 1/2 { c'8[ d' e' f' g'] } }

Voir Changement d’échelle des durées.


Alignement et cadences

Dans un contexte orchestral, une cadence constitue un problème spécifique. Lors du montage d’une partition contenant une cadence, tous les autres instruments doivent sauter autant de notes que ce qu’en comporte la cadence, faute de quoi ils démarreraient trop tôt ou trop tard.

Les fonctions mmrest-of-length ou skip-of-length permettent de pallier ce problème. Ces fonctions Scheme prennent en argument un fragment de musique, et génèrent un \skip ou un silence multimesure d’une durée correspondant à ce fragment.

MyCadenza = \relative c' {
  c4 d8 e f g g4
  f2 g4 g
}

\new GrandStaff <<
  \new Staff {
    \MyCadenza c'1
    \MyCadenza c'1
  }
  \new Staff {
    #(mmrest-of-length MyCadenza)
    c'1
    #(skip-of-length MyCadenza)
    c'1
  }
>>

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : cadenza.

Morceaux choisis : Rythme.


Gestion du temps

Le temps est administré par le Timing_translator, qui réside en principe dans le contexte Score. Un alias, Timing, sera ajouté au contexte auquel le Timing_translator est rattaché. Déclarer explicitement un contexte Voice ou Staff assure l’existence de cet alias.

Timing dispose des propriétés suivantes afin de garder trace du minutage de la partition.

currentBarNumber

Le numéro de la mesure en cours. Un exemple d’utilisation se trouve au chapitre Numéros de mesure.

measureLength

La longueur de la mesure, dans la métrique en cours. Pour une mesure à 4/4, elle est de 1, et de 3/4 pour une mesure à 6/8. Sa valeur détermine où peut s’insérer une barre et comment seront générées les ligatures automatiques.

measurePosition

Le moment où l’on en est dans la mesure en cours. Cette quantité est remise à 0 dès lors qu’on dépasse measureLength ; la variable currentBarNumber est alors incrémentée.

timing

Lorsqu’on lui assigne la valeur vrai, les valeurs ci-dessus mentionnées sont mises à jour à chaque pas. Fixée à faux, le graveur restera indéfiniment dans la mesure en cours.

Le calage peut être modifié en réglant explicitement l’une de ces variables. Dans l’exemple qui suit, nous réglons la métrique à 4/4, tout en fixant measureLength à 5/4. Arrivé à 4/8 dans la troisième mesure, nous avançons de 1/8, en assignant 5/8 à measurePosition, raccourcissant donc cette mesure d’une croche. La barre de mesure suivante tombera donc à 9/8 et non à 5/8.

\new Voice \relative c' {
  \set Timing.measureLength = #(ly:make-moment 5/4)
  c1 c4 |
  c1 c4 |
  c4 c
  \set Timing.measurePosition = #(ly:make-moment 5/8)
  b4 b b8 |
  c4 c1 |
}

[image of music]

Comme le montre cet exemple, ly:make-moment n d construit une durée de n/d fois une ronde. Par conséquent, ly:make-moment 1 8 correspond à une croche, et ly:make-moment 7 16 à la durée de sept doubles croches.

Voir aussi

Manuel de notation : Numéros de mesure, Musique sans métrique

Morceaux choisis : Rythme.

Références des propriétés internes : Timing_translator, Score


1.3 Signes d’interprétation

[image of music]

Ce chapitre traite des différentes indications d’interprétation que l’on peut trouver sur les partitions.


1.3.1 Signes d’interprétation attachés à des notes

Nous allons voir au cours de ces lignes comment ajouter aux notes des indications d’interprétation – articulation, ornementation, nuance – et aborderons la manière de générer vos propres signes.


Articulations et ornements

Les différents symboles qui indiquent des ponctuations ou des modes de jeu différents s’ajoutent aux notes de la manière suivante :

note\nom

Les valeurs de nom sont répertoriées dans l’annexe Liste des signes d’articulation. En voici un exemple :

c4\staccato c\mordent b2\turn
c1\fermata

[image of music]

Certains signes d’articulation disposent d’un raccourci. On les ajoute à chaque note au moyen d’un tiret suivi du caractère correspondant à l’articulation désirée. C’est entre autres le cas pour marcato, stopped, tenuto, staccatissimo, accent, staccato, et portato, comme l’illustre l’exemple ci-dessous.

c4-^  c-+  c--  c-!
c4->  c-.  c2-_

[image of music]

Même si LilyPond place automatiquement ces symboles, selon les règles contenues dans le fichier ‘scm/script.scm’, il est possible de l’obliger à les positionner au-dessus ou en dessous de la note, comme indiqué au chapitre Direction et positionnement.

Les articulations sont des objets de type script ; les propriétés de ces objets sont abordées plus en détail au chapitre Script.

Une articulation peut se rattacher aussi bien à un silence qu’à une note, mais pas à un silence multimesures. Il existe cependant un cas particulier : le point d’orgue – ou point d’arrêt – attaché à un silence valant l’intégralité de la mesure. LilyPond dispose à cet effet de la commande \fermataMarkup, qui créera un objet MultiMeasureRestText rattaché à ce « silence multimesures ».

\override Script.color = #red
\override MultiMeasureRestText.color = #blue
a2\fermata r\fermata
R1\fermataMarkup

[image of music]

En dehors des articulations habituelles, vous pouvez adjoindre du texte – avec ou sans mise en forme – à n’importe quelle note. Voir à ce propos Commentaires textuels.

Pour plus d’information sur la manière d’ordonner Scripts et TextScripts, consultez le chapitre Positionnement des objets.

Morceaux choisis

Modification de la signification des raccourcis pour les signes d’articulation

Les raccourcis sont répertoriés dans le fichier ‘ly/script-init.ly’, dans lequel on retrouve les variables dashHat, dashPlus, dashDash, dashBang, dashLarger, dashDot et dashUnderscore ainsi que leur valeur par défaut. Ces valeurs peuvent être modifiées selon vos besoins. Il suffit par exemple, pour affecter au raccourci -+ (dashPlus) le symbole du trille en lieu et place du + (caractère plus), d’assigner la valeur trill à la variable dashPlus :

\relative c'' { c1-+ }

dashPlus = \trill

\relative c'' { c1-+ }

[image of music]

Contrôle de l’ordre vertical des articulations et ornements

Les symboles s’ordonnent verticalement suivant la propriété script-priority. Plus sa valeur numérique est faible, plus le symbole sera proche de la note. Dans l’exemple suivant, l’objet TextScript – le dièse – a d’abord la propriété la plus basse et se voit donc placé au plus près de la note ; ensuite, c’est l’objet Script – le mordant – qui a la propriété la plus basse, et se place alors sous le dièse. Lorsque deux objets ont la même priorité, c’est l’ordre dans lequel ils sont indiqués qui détermine lequel sera placé en premier.

\relative c''' {
  \once \override TextScript.script-priority = #-100
  a2^\prall^\markup { \sharp }

  \once \override Script.script-priority = #-100
  a2^\prall^\markup { \sharp }
}

[image of music]

Création d’un grupetto retardé

Obtenir un grupetto retardé et dans lequel la note la plus basse est altérée requiert quelques surcharges. La propriété outside-staff-priority doit être désactivée (#f) pour éviter qu’elle prenne le pas sur la propriété avoid-slur. L’ajustement du positionnement horizontal s’effectue en jouant sur les fractions 2/3 et 1/3.

\relative c'' {
  c2*2/3 ( s2*1/3\turn d4) r
  <<
    { c4.( d8) }
    { s4 s\turn }
  >>
  \transpose c d \relative c'' <<
    { c4.( d8) }
    {
      s4
      \once \set suggestAccidentals = ##t
      \once \override AccidentalSuggestion.outside-staff-priority = ##f
      \once \override AccidentalSuggestion.avoid-slur = #'inside
      \once \override AccidentalSuggestion.font-size = -3
      \once \override AccidentalSuggestion.script-priority = -1
      \single \hideNotes
      b8-\turn \noBeam
      s8
    }
  >>
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : tenuto, accent, staccato, portato.

Manuel d’initiation : Positionnement des objets.

Manuel de notation : Commentaires textuels, Direction et positionnement, Liste des signes d’articulation, Trilles.

Fichiers d’initialisation : ‘scm/script.scm’.

Morceaux choisis : Signes d’interprétation.

Référence des propriétés internes : Script, TextScript.


Nuances

À chaque nuance absolue correspond une commande qui peut être indiquée après une note : c4\ff par exemple. Les commandes de nuance disponibles sont \ppppp, \pppp, \ppp, \pp, \p, \mp, \mf, \f, \ff, \fff, \ffff, \fffff, \fp, \sf, \sff, \sp, \spp, \sfz et \rfz. Les nuances se placent aussi bien en dessous qu’au-dessus de la portée ; pour plus d’information, consultez Direction et positionnement.

c2\ppp c\mp
c2\rfz c^\mf
c2_\spp c^\ff

[image of music]

Un crescendo est délimité par \< et \!, ou peut se terminer par une commande de nuance explicite, ou bien un decrescendo ou un nouveau crescendo. Il en va de même pour un diminuendo. Au lieu de \< et \>, vous pouvez utiliser \cr et \decr, auquel cas LilyPond n’imprimera pas de soufflet (hairpin en anglais).

c2\< c\!
d2\< d\f
e2\< e\>
f2\> f\!
e2\> e\mp
d2\> d\>
c1\!

[image of music]

Un soufflet terminé par un simple \! prendra fin sur la droite de la tête de note à laquelle il est attaché. Dans le cas où il se termine par l’intervention d’un autre soufflet (contraire ou non), il prendra fin au milieu de la tête de note affublée d’un \< ou d’un \>, et le nouveau soufflet débutera à l’extrémité droite de cette même tête de note.

c1\< | c4 a c\< a | c4 a c\! a\< | c4 a c a\!

[image of music]

Il en va de même lorsqu’un soufflet est interrompu par une nuance explicite. Notez bien que la largeur occupée par cette nuance explicite influe sur la terminaison du soufflet :

c1\< | c4 a c\mf a | c1\< | c4 a c\ffff a

[image of music]

Les indications de nuance sont attachées aux notes ; aussi, lorsque l’on veut faire se succéder plusieurs nuances pendant une note tenue, il faudra avoir recours à des silences invisibles :

c4\< c\! d\> e\!
<< f1 { s4 s4\< s4\> s4\! } >>

[image of music]

On peut avoir recours à l’indication \espressivo pour indiquer un crescendo suivi d’un decrescendo sur une même note. Gardez à l’esprit qu’il s’agit d’une articulation, et en aucun cas d’une nuance.

c2 b4 a
g1\espressivo

[image of music]

La commande \cresc permet d’indiquer textuellement le début d’un crescendo. \decresc ou \dim marquent le début d’un decrescendo. Les lignes d’extension sont gérées automatiquement.

g8\cresc a b c b c d e\mf |
f8\decresc e d c e\> d c b |
a1\dim ~ |
a2. r4\! |

[image of music]

Une indication textuelle peut indiquer, au lieu d’un soufflet, un changement de nuance :

\crescTextCresc
c4\< d e f\! |
\dimTextDecresc
g4\> e d c\! |
\dimTextDecr
e4\> d c b\! |
\dimTextDim
d4\> c b a\! |
\crescHairpin
\dimHairpin
c4\< d\! e\> d\! |

[image of music]

Pour créer des indications de nuance qui restent alignées avec les nuances habituelles, reportez-vous au chapitre Personnalisation des indications de nuance.

Le positionnement vertical des nuances est géré par le DynamicLineSpanner.

L’utilisation d’un contexte Dynamics permet de graver les nuances sur leur propre ligne – Il suffit de placer des silences invisibles pour gérer le temps. Bien que le contexte Dynamics accepte des notes pour indiquer les durées, celles-ci ne seront pas imprimées. Le contexte Dynamics peut aussi contenir des indications textuelles avec ou sans extenseur, ainsi que les indications de pédale.

<<
  \new Staff \relative c' {
    c2 d4 e |
    c4 e e,2 |
    g'4 a g a |
    c1 |
  }
  \new Dynamics {
    s1\< |
    s1\f |
    s2\dim s2-"rit." |
    s1\p |
  }
>>

[image of music]

Commandes prédéfinies

\dynamicUp, \dynamicDown, \dynamicNeutral, \crescTextCresc, \dimTextDim, \dimTextDecr, \dimTextDecresc, \crescHairpin, \dimHairpin.

Morceaux choisis

Soufflets et barres de mesure

En principe, un soufflet – (de)crescendo imprimé sous forme graphique – commence au bord gauche de la note de départ, et se termine au bord droit de la note d’arrivée. Cependant, si la note d’arrivée est sur un premier temps, le soufflet s’arrêtera au niveau de la barre de mesure qui la précède. Ce comportement peut être annulé en assignant faux (#f) à la propriété to-barline.

\relative c'' {
  e4\< e2.
  e1\!
  \override Hairpin.to-barline = ##f
  e4\< e2.
  e1\!
}

[image of music]

Ajustement de la longueur d’un soufflet

Si un soufflet est trop court, il suffit d’ajuster la propriété minimum-length de l’objet Hairpin pour l’allonger.

\relative c'' {
  c4\< c\! d\> e\!
  \override Hairpin.minimum-length = #5
  << f1 { s4 s\< s\> s\! } >>
}

[image of music]

Impression de soufflets « al niente »

Des crescendos ou decrescendos al niente peuvent être indiqués de manière graphique, en assignant vrai (#t) à la propriété circled-tip, ce qui affiche un cercle à leur extrémité.

\relative c'' {
  \override Hairpin.circled-tip = ##t
  c2\< c\!
  c4\> c\< c2\!
}

[image of music]

Différents styles de soufflet

Les soufflets de nuance peuvent adopter des styles différents.

\relative c'' {
  \override Hairpin.stencil = #flared-hairpin
  a4\< a a a\f
  a4\p\< a a a\ff
  a4\sfz\< a a a\!
  \override Hairpin.stencil = #constante-hairpin
  a4\< a a a\f
  a4\p\< a a a\ff
  a4\sfz\< a a a\!
  \override Hairpin.stencil = #flared-hairpin
  a4\> a a a\f
  a4\p\> a a a\ff
  a4\sfz\> a a a\!
  \override Hairpin.stencil = #constante-hairpin
  a4\> a a a\f
  a4\p\> a a a\ff
  a4\sfz\> a a a\!
}

[image of music]

Alignement vertical des nuances indications textuelles

Tous les objets DynamicLineSpanner (soufflets ou nuances textuelles) viennent s’aligner sur une ligne de référence placée, par rapport à la portée, à au moins la valeur de 'staff-padding sauf lorsque d’autres éléments de notation les en éloigne plus. Les nuances seront centrés sur une même ligne dès lors que 'staff-padding aura été défini à une valeur suffisante.

C’est le même principe – en combinaison avec \textLengthOn – qui sert à aligner les indications textuelles sur une ligne de référence.

\markup \vspace #1 %avoid LSR-bug

music = \relative c' {
  a'2\p b\f
  e4\p f\f\> g, b\p
  c2^\markup { \huge gorgeous } c^\markup { \huge fantastic }
}

{
  \music
  \break
  \override DynamicLineSpanner.staff-padding = #3
  \textLengthOn
  \override TextScript.staff-padding = #1
  \music
}

[image of music]

Masquage de l’extension des nuances textuelles

Les crescendos et decrescendos indiqués textuellement – tels que cresc. ou dim. – sont suivis de pointillés qui montrent leur étendue. On peut empêcher l’impression de ces pointillés.

\relative c'' {
  \override DynamicTextSpanner.style = #'none
  \crescTextCresc
  c1\< | d | b | c\!
}

[image of music]

Modifidation du texte et de l’extension de nuances textuelles

Le texte par défaut des crescendos et decrescendos se change en modifiant les propriétés de contexte crescendoText et decrescendoText. L’aspect de la ligne d’extension est fonction de la propriété style du DynamicTextSpanner. Sa valeur par défaut est 'hairpin, mais d’autres valeurs sont disponibles, comme 'line, 'dashed-line et 'dotted-line.

\relative c'' {
  \set crescendoText = \markup { \italic { cresc. poco } }
  \set crescendoSpanner = #'text
  \override DynamicTextSpanner.style = #'dotted-line
  a2\< a
  a2 a
  a2 a
  a2 a\mf
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : al niente, crescendo, decrescendo, soufflet.

Manuel d’initiation : Articulations et nuances.

Manuel de notation : Direction et positionnement, Personnalisation des indications de nuance, Contenu de la sortie MIDI, Gestion des nuances en MIDI.

Morceaux choisis : Signes d’interprétation.

Référence des propriétés internes : DynamicText, Hairpin, DynamicLineSpanner, Dynamics.


Personnalisation des indications de nuance

La manière la plus simple de personnaliser une indication de nuance consiste à utiliser un objet \markup.

moltoF = \markup { molto \dynamic f }

\relative c' {
  <d e>16_\moltoF <d e>
  <d e>2..
}

[image of music]

Vous pouvez créer des indications de nuance éditoriales (entre parenthèses ou crochets) grâce aux étiquettes (mode markup) ; la syntaxe en est abordée au chapitre Mise en forme du texte.

roundF = \markup {
    \center-align \concat { \bold { \italic ( }
           \dynamic f \bold { \italic ) } } }
boxF = \markup { \bracket { \dynamic f } }
\relative c' {
  c1_\roundF
  c1_\boxF
}

[image of music]

Grâce à la fonction make-dynamic-script, vous pouvez créer de nouvelles marques textuelles que vous combinerez avec les signes de nuance.

sfzp = #(make-dynamic-script "sfzp")
\relative c' {
  c4 c c\sfzp c
}

[image of music]

make-dynamic-script accepte en argument tout objet de type markup. Notez bien que la police des nuances ne contient que les caractères f,m,p,r,s et z, et que les marques de nuance possèdent des propriétés particulières et prédéfinies quant à leur police. Aussi, lorsque vous créez du texte en pareille situation, nous vous recommandons d’utiliser \normal-text pour annuler ces propriétés. L’intérêt majeur de recourir à la fonction make-dynamic-script plutôt qu’à un simple markup réside dans l’assurance que ces objets personnalisés et les soufflets seront alignés lorsqu’attachés à une même note.

roundF = \markup { \center-align \concat {
           \normal-text { \bold { \italic ( } }
           \dynamic f
           \normal-text { \bold { \italic ) } } } }
boxF = \markup { \bracket { \dynamic f } }
mfEspress = \markup { \center-align \line {
              \hspace #3.7 mf \normal-text \italic espress. } }
roundFdynamic = #(make-dynamic-script roundF)
boxFdynamic = #(make-dynamic-script boxF)
mfEspressDynamic = #(make-dynamic-script mfEspress)
\relative c' {
  c4_\roundFdynamic\< d e f
  g,1~_\boxFdynamic\>
  g
  g'~\mfEspressDynamic
  g
}

[image of music]

La construction d’une indication de nuance personnalisée peut aussi se faire en langage Scheme ; voir Construction d'un markup en Scheme pour en connaître les modalités.

moltoF = #(make-dynamic-script
            (markup #:normal-text "molto"
                    #:dynamic "f"))
\relative c' {
  <d e>16 <d e>
  <d e>2..\moltoF
}

[image of music]

L’utilisation d’un \tweak permettra d’aligner par la gauche cette nuance textuelle sur la tête de note, plutôt qu’un centrage :

moltoF = \tweak DynamicText.self-alignment-X #LEFT
         #(make-dynamic-script
            (markup #:normal-text "molto"
                    #:dynamic "f"))
\relative c' {
  <d e>16 <d e>
  <d e>2..\moltoF <d e>1
}

[image of music]

L’utilisation des fontes en mode markup est abordée au chapitre Sélection de la fonte et de la taille.

Voir aussi

Manuel de notation : Mise en forme du texte, Sélection de la fonte et de la taille, Contenu de la sortie MIDI, Gestion des nuances en MIDI.

Morceaux choisis : Signes d’interprétation.

Manuel d’extension : Construction d'un markup en Scheme.


1.3.2 Signes d’interprétation sous forme de courbe

Ce chapitre traite des signes d’interprétation imprimés sous forme de courbe : liaisons d’articulation ou de phrasé, respirations, chutes et sauts.


Liaisons d’articulation

Une liaison d’articulation indique que les notes doivent être jouées liées, ou legato. Ces liaisons s’indiquent au moyen de parenthèses.

Note : Lorsque la musique est polyphonique, la liaison doit se terminer dans la voix où elle a été entamée.

f4( g a) a8 b(
a4 g2 f4)
<c e>2( <b d>2)

[image of music]

Vous pouvez décider de l’orientation des liaisons par rapport à la portée, comme indiqué au chapitre Direction et positionnement.

Une seule liaison d’articulation peut être imprimée à la fois. S’il est nécessaire d’imprimer une liaison plus longue, englobant des liaisons plus courtes, utilisez des Liaisons de phrasé.

Une liaison est par défaut dessinée d’un trait plein. Il est aussi possible de l’imprimer sous la forme de tirets ou en pointillé :

c4( e g2)
\slurDashed
g4( e c2)
\slurDotted
c4( e g2)
\slurSolid
g4( e c2)

[image of music]

En utilisant \slurHalfDashed, la première moitié de la liaison aura un trait discontinu et continu pour la seconde. L’inverse s’obtient avec \slurHalfSolid.

c4( e g2)
\slurHalfDashed
g4( e c2)
\slurHalfSolid
c4( e g2)
\slurSolid
g4( e c2)

[image of music]

Vous pouvez même personnaliser la densité des tirets d’une liaison :

c4( e g2)
\slurDashPattern #0.7 #0.75
g4( e c2)
\slurDashPattern #0.5 #2.0
c4( e g2)
\slurSolid
g4( e c2)

[image of music]

Commandes prédéfinies

\slurUp, \slurDown, \slurNeutral, \slurDashed, \slurDotted, \slurHalfDashed, \slurHalfSolid, \slurDashPattern, \slurSolid.

Morceaux choisis

Accords et double liaison d’articulation

Certains auteurs utilisent deux liaisons lorsqu’ils veulent lier des accords. Dans LilyPond, il faut pour cela activer la propriété doubleSlurs.

\relative c' {
  \set doubleSlurs = ##t
  <c e>4( <d f> <c e> <d f>)
}

[image of music]

Positionnement d’une annotation à l’intérieur d’une liaison

Lorsqu’une annotation doit s’incrire à l’intérieur d’une liaison, la propriété outside-staff-priority doit être désactivée.

\relative c'' {
  \override TextScript.avoid-slur = #'inside
  \override TextScript.outside-staff-priority = ##f
  c2(^\markup { \halign #-10 \natural } d4.) c8
}

[image of music]

Dessin d’une liaison d’articulation au trait discontinu

Grâce à la propriété dash-definition, une liaison d’articulation peut être formée de traits discontinus variables. dash-definition se compose d’une liste de segments-discontinus (dash-elements). Chaque segment-discontinu contient une liste de paramètres qui déterminent le comportement du trait pour une section de la liaison.

Cette liaison se définit selon le paramètre de Bézier t qui est compris entre 0 (l’extrémité gauche de la liaison) et 1 (l’extrémité droite de la liaison). Chaque segment-discontinu se composera selon la liste (t-début t-fin segment-style segment-taille). La portion de liaison allant de t-début à t-fin aura un trait segment-style de longueur segment-taille. segment-taille est exprimé en espace de portée ; un segment-style à 1 donnera un trait plein.

\relative c' {
  \once \override
    Slur.dash-definition = #'((0 0.3 0.1 0.75)
                                (0.3 0.6 1 1)
                                (0.65 1.0 0.4 0.75))
  c4( d e f)
  \once \override
    Slur.dash-definition = #'((0 0.25 1 1)
                                (0.3 0.7 0.4 0.75)
                                (0.75 1.0 1 1))
  c4( d e f)
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : liaison.

Manuel d’initiation : Non-imbrication des crochets et liaisons.

Manuel de notation : Direction et positionnement, Liaisons de phrasé.

Morceaux choisis : Signes d’interprétation.

Référence des propriétés internes : Slur.


Liaisons de phrasé

Une liaison de phrasé relie plusieurs notes en délimitant une phrase musicale. On indique les points de départ et d’arrivée avec \( et \) respectivement.

c4\( d( e) f(
e2) d\)

[image of music]

D’un point de vue typographique, rien ne distingue une liaison de phrasé d’une liaison d’articulation. Cependant, LilyPond les considère comme des objets différents. Une commande \slurUp n’affectera donc pas une liaison de phrasé. Vous pouvez décider de l’orientation des liaisons de phrasé par rapport à la portée, comme indiqué au chapitre Direction et positionnement.

Il n’est pas possible d’avoir plusieurs liaisons de phrasé en même temps.

Une liaison est par défaut dessinée d’un trait plein. Il est aussi possible de l’imprimer sous la forme de tirets ou en pointillé :

c4\( e g2\)
\phrasingSlurDashed
g4\( e c2\)
\phrasingSlurDotted
c4\( e g2\)
\phrasingSlurSolid
g4\( e c2\)

[image of music]

En utilisant \phrasingslurHalfDashed, la première moitié de la liaison aura un trait discontinu et continu pour la seconde. L’inverse s’obtient avec \phrasingslurHalfSolid.

c4\( e g2\)
\phrasingSlurHalfDashed
g4\( e c2\)
\phrasingSlurHalfSolid
c4\( e g2\)
\phrasingSlurSolid
g4\( e c2\)

[image of music]

Vous pouvez même personnaliser la densité des tirets d’une liaison :

c4\( e g2\)
\phrasingSlurDashPattern #0.7 #0.75
g4\( e c2\)
\phrasingSlurDashPattern #0.5 #2.0
c4\( e g2\)
\phrasingSlurSolid
g4\( e c2\)

[image of music]

La personnalisation des lignes discontinues est identique pour les liaisons de phrasé et les liaisons d’articulation. Pour plus de détails, référez-vous aux morceaux choisis de la section Liaisons d’articulation.

Commandes prédéfinies

\phrasingSlurUp, \phrasingSlurDown, \phrasingSlurNeutral, \phrasingSlurDashed, \phrasingSlurDotted, \phrasingSlurHalfDashed, \phrasingSlurHalfSolid, \phrasingSlurDashPattern, \phrasingSlurSolid.

Voir aussi

Manuel d’initiation : Non-imbrication des crochets et liaisons.

Manuel de notation : Direction et positionnement, Liaisons d’articulation.

Morceaux choisis : Signes d’interprétation.

Référence des propriétés internes : PhrasingSlur.


Signes de respiration

Les indications de respiration sont indiquées par la commande \breathe.

c2. \breathe d4

[image of music]

Un signe de respiration interrompt obligatoirement les ligatures, même automatiques. Pour passer outre ce fonctionnement, voir Barres de ligature manuelles.

c8 \breathe d e f g2

[image of music]

LilyPond gère les divisiones, signes utilisés en notation ancienne pour indiquer les respirations. Pour de plus amples détails, voir Divisions.

Morceaux choisis

Modification de l’indicateur de respiration

On peut choisir le glyphe imprimé par cette commande, en modifiant la propriété text de l’objet BreathingSign, pour lui affecter n’importe quelle indication textuelle.

\relative c'' {
  c2
  \override BreathingSign.text =
    \markup { \musicglyph #"scripts.rvarcomma" }
  \breathe
  d2
}

[image of music]

Remplacement du signe de respiration par une coche

Les musiques vocales ou pour vents utilisent souvent une coche en tant que signe de respiration. Ceci indique une respiration qui enlève une fraction à la note précédente plutôt qu’une véritable pause comme le fait un signe sous forme de virgule. La coche peut être remontée un peu afin de l’isoler de la portée.

\relative c'' {
  c2
  \breathe
  d2
  \override BreathingSign.Y-offset = #2.6
  \override BreathingSign.text =
    \markup { \musicglyph #"scripts.tickmark" }
  c2
  \breathe
  d2
}

[image of music]

Insertion d’une césure

Une surcharge de la propriété text de l’objet BreathingSign permet de créer une marque de césure. LilyPond dispose également d’une variante courbée.

\relative c'' {
  \override BreathingSign.text = \markup {
    \musicglyph #"scripts.caesura.straight"
  }
  c8 e4. \breathe g8. e16 c4

  \override BreathingSign.text = \markup {
    \musicglyph #"scripts.caesura.curved"
  }
  g8 e'4. \breathe g8. e16 c4
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : césure.

Manuel de notation : Divisions.

Morceaux choisis : Signes d’interprétation.

Référence des propriétés internes : BreathingEvent, BreathingSign, Breathing_sign_engraver.


Chutes et sauts

Des indications de désinence peuvent être obtenues au moyen de la commande \bendAfter. Leur direction s’indique au moyen des signes plus (vers le haut) ou moins (vers le bas). Le chiffre indique l’intervalle avec la note de départ.

c2\bendAfter #+4
c2\bendAfter #-4
c2\bendAfter #+6.5
c2\bendAfter #-6.5
c2\bendAfter #+8
c2\bendAfter #-8

[image of music]

Morceaux choisis

Ajustement du galbe des chutes ou sauts

La propriété shortest-duration-space peut devoir être retouchée pour ajuster l’apparence des chutes ou sauts.

\relative c'' {
  \override Score.SpacingSpanner.shortest-duration-space = #4.0
  c2-\bendAfter #5
  c2-\bendAfter #-4.75
  c2-\bendAfter #8.5
  c2-\bendAfter #-6
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musical : chute, saut.

Morceaux choisis : Signes d’interprétation.


1.3.3 Signes d’interprétation sous forme de ligne

Cette partie traite de la manière de générer des signes d’interprétation d’aspect linéaire, tels les glissandos, arpèges et trilles.


Glissando

Un glissando relie une hauteur à une autre en passant par chaque hauteur intermédiaire. On l’obtient en accolant la commande \glissando à la première note.

g2\glissando g'
c2\glissando c,
\afterGrace f,1\glissando f'16

[image of music]

Un glissando peut intervenir au moment d’un changement de portée :

\new PianoStaff <<
  \new Staff = "right" {
    e'''2\glissando
    \change Staff = "left"
    a,,4\glissando
    \change Staff = "right"
    b''8 r |
  }
  \new Staff = "left" {
    \clef bass
    s1
  }
>>

[image of music]

Un glissando peut affecter des notes d’un accord. En dehors du cas où les notes des deux accords sont reliées directement l’une à l’autre, les relations s’établissent à l’aide de la commande \glissandoMap ; les notes d’un accord sont numérotées à partir de zéro et dans leur ordre d’apparition dans le fichier ‘.ly’.

<c, e>1\glissando g' |
<c, e>1\glissando |
<g' b> |
\break
\set glissandoMap = #'((0 . 1) (1 . 0))
<c, g'>1\glissando |
<d a'> |
\set glissandoMap = #'((0 . 0) (0 . 1) (0 . 2))
c1\glissando |
<d f a> |
\set glissandoMap = #'((2 . 0) (1 . 0) (0 . 1))
<f d a'>1\glissando |
<c c'> |

[image of music]

Un glissando est indiqué graphiquement, par une ligne ou des vaguelettes – voir Styles de ligne.

Morceaux choisis

Glissando contemporain

De nos jours, il peut arriver que la note d’arrivée d’un glissando soit absente de la partition. Pour ce faire, il vous faudra utiliser une cadence et « masquer » la note d’arrivée.

\relative c'' {
  \time 3/4
  \override Glissando.style = #'zigzag
  c4 c
  \cadenzaOn
  c4\glissando
  \hideNotes
  c,,4
  \unHideNotes
  \cadenzaOff
  \bar "|"
}

[image of music]

Ajout de marques temporelles à un long glissando

Lorsqu’un glissando s’étend dans la durée, on trouve parfois des indications temporelles, matérialisées par des hampes sans tête de note. De telles hampes permettent aussi d’indiquer des éléments intermédiaires.

L’alignement des hampes avec la ligne de glissando peut requérir quelques aménagements.

glissandoSkipOn = {
  \override NoteColumn.glissando-skip = ##t
  \hide NoteHead
  \override NoteHead.no-ledgers = ##t
}

glissandoSkipOff = {
  \revert NoteColumn.glissando-skip
  \undo \hide NoteHead
  \revert NoteHead.no-ledgers
}

\relative c'' {
  r8 f8\glissando
  \glissandoSkipOn
  f4 g a a8\noBeam
  \glissandoSkipOff
  a8

  r8 f8\glissando
  \glissandoSkipOn
  g4 a8
  \glissandoSkipOff
  a8 |

  r4 f\glissando \<
  \glissandoSkipOn
  a4\f \>
  \glissandoSkipOff
  b8\! r |
}

[image of music]

Saut de ligne et glissando

L’affectation de la valeur #t à la propriété breakable, combinée à after-line-breaking, permet la rupture d’une indication de glissando lors d’un saut de ligne.

glissandoSkipOn = {
  \override NoteColumn.glissando-skip = ##t
  \hide NoteHead
  \override NoteHead.no-ledgers = ##t
}

\relative c'' {
  \override Glissando.breakable = ##t
  \override Glissando.after-line-breaking = ##t
  f1\glissando |
  \break
  a4 r2. |
  f1\glissando
  \once \glissandoSkipOn
  \break
  a2 a4 r4 |
}

[image of music]

Rappel du glissando à l’occasion d’une alternative

Un glissando qui se prolonge sur plusieurs sections \alternative peut se rappeler à l’aide d’une note d’ornement supplémentaire et masquée, à laquelle sera attaché le départ du glissando, ce dans chaque bloc \alternative. Cette note d’ornement devrait avoir la même hauteur que la note où commençait le glissando originel. Ceci est géré par une fonction musicale qui prendra en argument la hauteur de la note d’ornement.

Dans le cadre d’un musicque polyphonique, il ne faudra pas oublier d’ajouter une note d’ornement dans toutes les autres voix afin de préserver la synchronisation.

repeatGliss = #(define-music-function (parser location grace)
  (ly:pitch?)
  #{
    % the next two lines ensure the glissando is long enough
    % to be visible
    \once \override Glissando.springs-and-rods
      = #ly:spanner::set-spacing-rods
    \once \override Glissando.minimum-length = #3.5
    \once \hideNotes
    \grace $grace \glissando
  #})

\score {
  \relative c'' {
    \repeat volta 3 { c4 d e f\glissando }
    \alternative {
      { g2 d }
      { \repeatGliss f g2 e }
      { \repeatGliss f e2 d }
    }
  }
}

music =  \relative c' {
  \voiceOne
  \repeat volta 2 {
    g a b c\glissando
  }
  \alternative {
    { d1 }
    { \repeatGliss c e1 }
  }
}

\score {
  \new StaffGroup <<
    \new Staff <<
      \context Voice { \clef "G_8" \music }
    >>
    \new TabStaff  <<
      \context TabVoice { \clef "moderntab" \music }
    >>
  >>
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : glissando.

Manuel de notation : Styles de ligne.

Morceaux choisis : Signes d’interprétation.

Référence des propriétés internes : Glissando.

Problèmes connus et avertissements

Il n’est pas possible d’imprimer un texte (tel que gliss.) le long de la ligne de glissando.


Arpèges

On peut indiquer qu’un accord doit être arpégé en lui accolant la commande \arpeggio :

<c e g c>1\arpeggio

[image of music]

LilyPond dispose de différents graphismes pour indiquer un arpège ; \arpeggioNormal reviendra au style par défaut.

<c e g c>2\arpeggio

\arpeggioArrowUp
<c e g c>2\arpeggio

\arpeggioArrowDown
<c e g c>2\arpeggio

\arpeggioNormal
<c e g c>2\arpeggio

[image of music]

Des crochets indiquent que l’accord devra être plaqué et non arpégé :

<c e g c>2

\arpeggioBracket
<c e g c>2\arpeggio

\arpeggioParenthesis
<c e g c>2\arpeggio

\arpeggioParenthesisDashed
<c e g c>2\arpeggio

\arpeggioNormal
<c e g c>2\arpeggio

[image of music]

Les indications d’arpeggio peuvent se présenter sous la forme de ligne discontinue à l’aide de la propriété 'dash-details. Pour plus de détails à ce propos, consultez Liaisons d’articulation.

Un arpège peut parfois s’écrire de manière explicite, à l’aide de liaisons de tenue. Pour plus d’information, voir Liaisons de prolongation.

Commandes prédéfinies

\arpeggio, \arpeggioArrowUp, \arpeggioArrowDown, \arpeggioNormal, \arpeggioBracket, \arpeggioParenthesis \arpeggioParenthesisDashed.

Morceaux choisis

Arpège distribué sur une partition pour piano

Dans une double portée pour piano (PianoStaff), un arpège peut s’étendre sur les deux portées grâce à la propriété PianoStaff.connectArpeggios.

\new PianoStaff \relative c'' <<
  \set PianoStaff.connectArpeggios = ##t
  \new Staff {
    <c e g c>4\arpeggio
    <g c e g>4\arpeggio
    <e g c e>4\arpeggio
    <c e g c>4\arpeggio
  }
  \new Staff {
    \clef bass
    \repeat unfold 4 {
      <c,, e g c>4\arpeggio
    }
  }
>>

[image of music]

Arpège distribué pour un autre contexte que le piano

Il est possible de distribuer un arpège sur plusieurs portées d’un système autre que le PianoStaff dès lors que vous incluez le Span_arpeggio_engraver au contexte Score.

\score {
  \new ChoirStaff {
    \set Score.connectArpeggios = ##t
    <<
      \new Voice \relative c' {
        <c e>2\arpeggio
        <d f>2\arpeggio
        <c e>1\arpeggio
      }
      \new Voice \relative c {
        \clef bass
        <c g'>2\arpeggio
        <b g'>2\arpeggio
        <c g'>1\arpeggio
      }
    >>
  }
  \layout {
    \context {
      \Score
      \consists "Span_arpeggio_engraver"
    }
  }
}

[image of music]

Arpège distribué sur plusieurs voix

Affecter le graveur Span_arpeggio_engraver au contexte de la portée (Staff) permet de distribuer un arpège sur plusieurs voix :

\new Staff \with {
  \consists "Span_arpeggio_engraver"
}
\relative c' {
  \set Staff.connectArpeggios = ##t
  <<
    { <e' g>4\arpeggio <d f> <d f>2 }
    \\
    { <d, f>2\arpeggio <g b>2 }
  >>
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : arpeggio.

Manuel de notation : Liaisons d’articulation, Liaisons de prolongation.

Morceaux choisis : Signes d’interprétation.

Référence des propriétés internes : Arpeggio, Slur, PianoStaff.

Problèmes connus et avertissements

Il est impossible de mêler au même instant, dans un contexte PianoStaff, des lignes d’arpèges connectées et d’autres non connectées.

La manière simple de créer des lignes d’arpège sous forme de parenthèse n’est pas opérationnelle pour des arpèges inter-portées ; voir Hampes et changements de portée.


Trilles

Les trilles brefs s’indiquent comme n’importe quelle ponctuation, avec un simple \trill ; voir Articulations et ornements.

Les trilles plus longs sont délimités par \startTrillSpan et \stopTrillSpan :

d1\startTrillSpan
d1
c2\stopTrillSpan r2

[image of music]

Lorsqu’un saut de ligne intervient alors qu’une prolongation de trille est présente, l’indication de trille et sa prolongation sont rappelées sur la première note de la nouvelle ligne :

d1\startTrillSpan
\break
d1
c2\stopTrillSpan r2

[image of music]

Lorsque des trilles interviennent sur une succession de hauteurs différentes, point n’est besoin d’expliciter la commande \stopTrillSpan puisque l’apparition d’un nouveau trille interrompt de fait celui qui le précédait :

d1\startTrillSpan
d1
b1\startTrillSpan
d2\stopTrillSpan r2

[image of music]

Dans l’exemple suivant, un trille se combine avec des notes d’ornement. La syntaxe d’une telle construction ainsi que le moyen de positionner les notes d’ornement avec précision est expliquée au chapitre Notes d’ornement.

d1~\afterGrace
d1\startTrillSpan { c32[ d]\stopTrillSpan }
e2 r2

[image of music]

Les trilles qui font intervenir une hauteur précise peuvent être indiqués par la commande pitchedTrill. Le premier argument est la note réelle ; le second est une hauteur qui sera imprimée comme une tête de note noire entre parenthèses.

\pitchedTrill
e2\startTrillSpan fis
d2 c2\stopTrillSpan

[image of music]

Dans l’exemple suivant, le second trille de la deuxième mesure est ambigu – le fa qui est forcé n’est pas diésé. Pour lever toute ambiguïté, il suffit de forcer l’impression de l’altération en ajoutant un ! à la note considérée.

\pitchedTrill
eis4\startTrillSpan fis
eis4\stopTrillSpan
\pitchedTrill
eis4\startTrillSpan cis
eis4\stopTrillSpan
\pitchedTrill
eis4\startTrillSpan fis
eis4\stopTrillSpan
\pitchedTrill
eis4\startTrillSpan fis!
eis4\stopTrillSpan

[image of music]

Commandes prédéfinies

\startTrillSpan, \stopTrillSpan.

Voir aussi

Glossaire musicologique : trille.

Manuel de notation : Articulations et ornements, Notes d’ornement.

Morceaux choisis : Signes d’interprétation.

Référence des propriétés internes : TrillSpanner.


1.4 Répétitions et reprises

[image of music]

La répétition est une notion essentielle en musique, et il existe de nombreuses façons de mettre en œuvre et noter ce concept. LilyPond prend en charge les types de répétition suivants :

volta

Le passage répété n’est pas développé, mais il est encadré par des barres de reprise et peut se terminer par plusieurs fins alternatives – ou volte – imprimées de gauche à droite sous des crochets. Lorsque la répétition commence au début de la pièce, aucune barre de reprise n’est gravée au début de la partition. Il s’agit de la notation courante des reprises avec fins alternatives.

unfold

La musique répétée est développée dans la partition autant de fois qu’indiqué. Ceci est particulièrement utile pour de la musique répétitive.

percent

Des barres obliques ou signes de pourcentage indiquent la répétition de temps ou de mesures.

tremolo

Ce type permet de réaliser des trémolos sous forme de liens de croches.


1.4.1 Répétition d’un long passage

Cette section présente la syntaxe des répétitions longues – c’est-à-dire plusieurs mesures. Ces répétitions peuvent prendre deux formes : encadrées par des barres de reprises, ou bien développées dans la partition. Les barres et autres signes de reprise peuvent être contrôlés manuellement.


Répétitions courantes

On peut indiquer une répétition de la façon suivante :

\repeat volta nombre_de_fois expression_musicale

expression_musicale représente ce qui doît être répété.

Les reprises courantes, sans alternative, s’indiquent comme ceci :

\repeat volta 2 { c4 d e f }
c2 d
\repeat volta 2 { d4 e f g }

[image of music]

On peut ajouter une fin alternative à l’aide de la commande \alternative. Chaque alternative est une expression musicale en elle-même ; il faudra donc les regrouper par des accolades.

\repeat volta nombre_de_fois expression_musicale
\alternative {
  { expression_musicale }
}

Si l’on donne trop peu d’alternatives en regard du nombre de fois où le passage doit être rejoué, la première alternative sera jouée plusieurs fois.

Voici une simple reprise avec une fin alternative :

\repeat volta 2 { c4 d e f | }
\alternative {
  { c2 e | }
  { f2 g | }
}
c1

[image of music]

Et une répétition avec plusieurs alternatives :

\repeat volta 3 { c4 d e f | }
\alternative {
  { c2 e | }
  { f2 g | }
  { a2 g | }
}
c1

[image of music]

Note : Lorsqu’il y a plus d’une alternative, prenez garde à ce qu’aucun caractère n’apparaisse entre l’accolade fermant une alternative et l’accolade ouvrant la suivante, au risque de ne pas obtenir le nombre voulu d’alternatives.

Note : Une clause \relative ne doit jamais se trouver à l’intérieur d’une section \repeat : vous aurez immanquablement des portées parasites. Voir Apparition d'une portée supplémentaire.

Lorsqu’une reprise sans fin alternative débute au milieu d’une mesure, elle devrait se terminer aussi au milieu d’une mesure, de telle sorte que les mesures soient complètes. En pareil cas, les indications de reprise ne constituent pas des barres de mesure à proprement parler ; il n’est donc pas nécessaire de faire appel à la commande \partial ou à des contrôles d’intégrité de mesure.

% no \partial here
c4 e g  % no bar check here
% no \partial here
\repeat volta 4 {
  e4 |
  c2 e |
  % no \partial here
  g4 g g  % no bar check here
}
% no \partial here
g4 |
a2 a |
g1 |

[image of music]

Il est possible de créer des reprises en début de morceau avec une levée. Le cas est similaire à ce que nous venons de voir. Toutefois, l’utilisation d’un \partial est ici nécessaire pour respecter cette entame.

\partial 4  % required
\repeat volta 4 {
  e4 |
  c2 e |
  % no \partial here
  g4 g g  % no bar check here
}
% no \partial here
g4 |
a2 a |
g1 |

[image of music]

Lorsqu’une reprise débute par une mesure incomplète et a des fins alternatives, il est indispensable d’ajuster manuellement la propriété Timing.measureLength selon les préceptes suivants :

\partial 4
\repeat volta 2 { e4 | c2 e | }
\alternative {
  {
    f2 d |
    \set Timing.measureLength = #(ly:make-moment 3/4)
    g4 g g  % optional bar check is allowed here
  }
  {
    \set Timing.measureLength = #(ly:make-moment 4/4)
    a2 a |
  }
}
g1 |

[image of music]

La propriété measureLength est abordée plus en détail au chapitre Gestion du temps.

Des liaisons de tenue peuvent être ajoutées à toute alternative :

c1
\repeat volta 2 { c4 d e f ~ }
\alternative {
  { f2 d }
  { f2\repeatTie f, }
}

[image of music]

La commande \inStaffSegno permet de générer une barre de mesure composite par l’adjonction d’un symbole de segno à une barre de reprise créée par une commande \repeat volta. Qu’il s’agisse d’un début, d’une fin ou d’une double reprise, le type de barre est automatiquement sélectionné. L’indication « D.S. » devra cependant être

En dehors de toute reprise :

e1
\inStaffSegno
f2 g a b
c1_"D.S." \bar "|."

[image of music]

Au début d’une reprise :

e1
\repeat volta 2 {
  \inStaffSegno  % start repeat
  f2 g a b
}
c1_"D.S." \bar "|."

[image of music]

En fin de reprise :

e1
\repeat volta 2 {
  f2 g a b
  \inStaffSegno  % end repeat
}
f2 g a b
c1_"D.S." \bar "|."

[image of music]

Entre deux reprises :

e1
\repeat volta 2 {
  f2 g a b
}
\inStaffSegno  % double repeat
\repeat volta 2 {
  f2 g a b
}
c1_"D.S." \bar "|."

[image of music]

Des symboles alternatifs de barre de mesure sont aussi accessibles, dans un contexte Score, à l’aide des propriétés segnoType, startRepeatSegnoType, endRepeatSegnoType ou doubleRepeatSegnoType selon les besoins. Ces types de barre alternative doivent être choisis parmi les types prédéfinis ou préalablement créés à l’aide d’une commande \defineBarLine – voir Barres de mesure.

\defineBarLine ":|.S[" #'(":|." "S[" "")
\defineBarLine "]" #'("]" "" "")
e1
\repeat volta 2 {
  f2 g a b
  \once \set Score.endRepeatSegnoType = ":|.S["
  \inStaffSegno
}
f2 g \bar "]" a b
c1_"D.S." \bar "|."

[image of music]

Morceaux choisis

Diminution de la taille du crochet d’alternative

Les crochets indiquant les fins alternatives s’étalent tout au long de celles-ci. On peut les raccourcir en jouant sur la propriété voltaSpannerDuration. Dans l’exemple suivant, le crochet ne se prolonge que sur une mesure à 3/4.

\relative c'' {
  \time 3/4
  c4 c c
  \set Score.voltaSpannerDuration = #(ly:make-moment 3/4)
  \repeat volta 5 { d4 d d }
  \alternative {
    {
      e4 e e
      f4 f f
    }
    { g4 g g }
  }
}

[image of music]

Ajout du crochet de reprise à d’autres portées

D’ordinaire, le graveur Volta_engraver réside dans le contexte Score ; les crochets précédant une reprise s’impriment donc seulement au-dessus de la portée du haut. On peut ajuster cela en déplaçant ce graveur vers les contextes de portée (Staff) qui doivent comporter ces crochets.

<<
  \new Staff { \repeat volta 2 { c'1 } \alternative { c' } }
  \new Staff { \repeat volta 2 { c'1 } \alternative { c' } }
  \new Staff \with { \consists "Volta_engraver" } { c'2 g' e' a' }
  \new Staff { \repeat volta 2 { c'1 } \alternative { c' } }
>>

[image of music]

Succession de reprises et style de barre par défaut

LilyPond dispose de trois différents styles de barre pour indiquer une succession de reprises. Vous devez opter pour un style par défaut, à l’aide de la propriété doubleRepeatType.

\relative c'' {
  \repeat volta 1 { c1 }
  \set Score.doubleRepeatType = #":..:"
  \repeat volta 1 { c1 }
  \set Score.doubleRepeatType = #":|.|:"
  \repeat volta 1 { c1 }
  \set Score.doubleRepeatType = #":|.:"
  \repeat volta 1 { c1 }
}

[image of music]

Numérotation des mesures et alternatives

Deux méthodes alternatives vous permettent de gérer la numérotation des mesures en cas de reprises.

\relative c'{
  \set Score.alternativeNumberingStyle = #'numbers
  \repeat volta 3 { c4 d e f | }
    \alternative {
      { c4 d e f | c2 d \break }
      { f4 g a b | f4 g a b | f2 a | \break }
      { c4 d e f | c2 d }
    }
  c1 \break
  \set Score.alternativeNumberingStyle = #'numbers-with-letters
  \repeat volta 3 { c,4 d e f | }
    \alternative {
      { c4 d e f | c2 d \break }
      { f4 g a b | f4 g a b | f2 a | \break }
      { c4 d e f | c2 d }
    }
  c1
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : répétition, volta.

Manuel de notation : Barres de mesure, Modification des greffons de contexte, Modification des liaisons, Gestion du temps.

Morceaux choisis : Répétitions.

Référence des propriétés internes : VoltaBracket, RepeatedMusic, VoltaRepeatedMusic, UnfoldedRepeatedMusic.

Problèmes connus et avertissements

L’extension d’une liaison à partir d’un bloc \repeat sur un bloc \alternative n’est possible que pour la première alternative. L’aspect visuel d’une liaison se continuant dans les autres alternatives, peut être simulée à l’aide de la commande \repeatTie lorsqu’elle s’arrête sur sa première note – méthode qui cependant ne fonctionne pas pour un TabStaff. D’autres moyens existent pour indiquer la prolongation d’une liaison sur des alternatives, y compris dans un TabStaff, en suivant les préceptes donnés à la rubrique Modification des liaisons.

Selon le même principe, une liaison ne saurait partir de la fin d’une alternative pour se terminer au début de la reprise.

L’extension d’un glissando à partir d’un bloc \repeat sur un bloc \alternative n’est possible que pour la première alternative. L’aspect visuel d’un glissando se continuant dans les autres alternatives peut être simulé à l’aide d’un glissando partant d’une note d’ornement supplémentaire et masquée. Un exemple se trouve à la rubrique Glissando.

Le développement, à l’aide de la commande \unfoldRepeats, d’une répétition qui commence sur une mesure incomplète et contient un bloc alternative avec modification de la propriété measureLength entraînera des messages d’erreur concernant le placement des barres de mesure.

Des reprises imbriquées telles que

\repeat …
\repeat …
\alternative

présentent une ambiguïté, dans la mesure où l’on ne sait à quelle section \repeat attribuer la section \alternative. Pour résoudre cette ambiguïté, il convient de toujours insérer la commande \alternative à l’intérieur de la section \repeat. Il est préférable, dans une telle situation, d’utiliser des accolades pour plus de clarté.


Indications de reprise manuelles

Note : Les méthodes présentées dans les lignes qui suivent ne devraient servir à indiquer que des constructions de répétition inhabituelles. En règle générale, il vaut mieux recourir à la fonction \repeat pour créer une reprise ou bien insérer la barre de mesure adéquate. Pour plus d’information, voir le chapitre Barres de mesure.

La propriété repeatCommands sert à contrôler la mise en forme des reprises. On la définit par une suite de commandes de reprise Scheme.

start-repeat

Pour imprimer une barre de reprise .|:

c1
\set Score.repeatCommands = #'(start-repeat)
d4 e f g
c1

[image of music]

Traditionnellement, on n’imprime pas de signe de reprise en début de morceau.

end-repeat

Pour imprimer une barre de reprise :|.

c1
d4 e f g
\set Score.repeatCommands = #'(end-repeat)
c1

[image of music]

(volta nombre) … (volta #f)

Pour obtenir un crochet indiquant le numéro de l’alternative. Pour que le crochet s’imprime effectivement, il faut spécifier explicitement l’endroit où il doit se terminer.

f4 g a b
\set Score.repeatCommands = #'((volta "2"))
g4 a g a
\set Score.repeatCommands = #'((volta #f))
c1

[image of music]

Plusieurs commandes de reprise peuvent intervenir au même moment :

f4 g a b
\set Score.repeatCommands = #'((volta "2, 5") end-repeat)
g4 a g a
c1
\set Score.repeatCommands = #'((volta #f) (volta "95") end-repeat)
b1
\set Score.repeatCommands = #'((volta #f))

[image of music]

Le crochet indiquant une alternative peut contenir aussi du texte. Il peut s’agir d’un ou plusieurs nombres ou bien d’une indication textuelle (markup) – voir Mise en forme du texte. Le plus simple, dans le cas d’une indication textuelle, est de tout d’abord définir ce markup, puis de l’inclure dans une liste Scheme.

voltaAdLib = \markup { 1. 2. 3... \text \italic { ad lib. } }
\relative c'' {
  c1
  \set Score.repeatCommands =
    #(list(list 'volta voltaAdLib) 'start-repeat)
  c4 b d e
  \set Score.repeatCommands = #'((volta #f) (volta "4.") end-repeat)
  f1
  \set Score.repeatCommands = #'((volta #f))
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Barres de mesure, Mise en forme du texte.

Morceaux choisis : Répétitions.

Référence des propriétés internes : VoltaBracket, RepeatedMusic, VoltaRepeatedMusic.


Répétitions explicites

Adjoindre à la commande \repeat l’opion unfold permet de s’affranchir de ressaisir de la musique répétitive. En voici la syntaxe :

\repeat unfold nombre_de_fois expression_musicale

Le contenu de expression_musicale sera donc expansé autant de fois que stipulé par nombre_de_fois.

\repeat unfold 2 { c4 d e f }
c1

[image of music]

Dans certains cas, et tout particulièrement dans un contexte \relative, la fonction \repeat unfold ne revient pas à écrire littéralement la même expression musicale plusieurs fois. Ainsi :

\repeat unfold 2 { a'4 b c }

n’est pas équivalent à

a'4 b c | a'4 b c

Une répétition expansée peut aussi avoir une fin alternative :

\repeat unfold 2 { g4 f e d }
\alternative {
  { c2 g' }
  { cis,2 b }
}
c1

[image of music]

Si l’on donne trop peu d’alternatives en regard du nombre de fois où le passage doit être rejoué, la première alternative sera jouée plusieurs fois.

\repeat unfold 4 { c4 d e f }
\alternative {
  { c2 g' }
  { c,2 b }
  { e2 d }
 }
c1

[image of music]

S’il y a par contre plus d’alternatives que de répétitions, les alternatives superflues seront tout simplement ignorées et ne seront pas imprimées.

\repeat unfold 2 { c4 d e f }
\alternative {
  { c2 g' }
  { c,2 b }
  { e2 d }
}
c1

[image of music]

Vous pouvez imbriquer plusieurs fonctions unfold, qu’elles comportent ou non des fins alternatives :

\repeat unfold 2 {
  \repeat unfold 2 { c4 d e f }
  \alternative {
    { c2 g' }
    { c,2 b }
  }
}
c1

[image of music]

Une construction en accord peut se répéter à l’aide du symbole q – voir Répétition d’accords.

Note : L’insertion d’un \relative dans une section \repeat sans déclaration explicite du contexte Voice génèrera une portée supplémentaire – voir Apparition d'une portée supplémentaire.

Voir aussi

Manuel de notation : Répétition d’accords.

Morceaux choisis : Répétitions.

Référence des propriétés internes : RepeatedMusic, UnfoldedRepeatedMusic.


1.4.2 Autres types de répétition

Nous abordons ici les reprises de courte durée. Il en existe deux formes, à savoir la répétition d’une même note sur quelques mesures – représentée par une barre oblique ou le signe pourcent – et les trémolos.


Répétitions de mesure

Le style de « reprise en pourcent » sert à répéter une séquence de notes. Elle sera imprimée une fois, puis remplacée par un symbole spécial.

En voici la syntaxe :

\repeat percent nombre expression_musicale

Les séquences inférieures à une mesure sont remplacées par une barre oblique.

\repeat percent 4 { c128 d e f }
\repeat percent 4 { c64 d e f }
\repeat percent 5 { c32 d e f }
\repeat percent 4 { c16 d e f }
\repeat percent 4 { c8 d }
\repeat percent 4 { c4 }
\repeat percent 2 { c2 }

[image of music]

Les séquences d’une ou deux mesures sont remplacées par un symbole qui ressemble au symbole de pourcentage.

\repeat percent 2 { c4 d e f }
\repeat percent 2 { c2 d }
\repeat percent 2 { c1 }

[image of music]

\repeat percent 3 { c4 d e f | c2 g' }

[image of music]

Les séquences inférieures à la mesure et qui contiennent des durées différentes sont remplacées par un double symbole de pourcentage.

\repeat percent 4 { c8. <d f>16 }
\repeat percent 2 { \tuplet 3/2 { r8 c d } e4 }

[image of music]

Morceaux choisis

Compteur de répétition en pourcent

Les répétitions de plus de deux mesures sont surmontées d’un compteur, si l’on active la propriété countPercentRepeats comme le montre l’exemple suivant :

\relative c'' {
  \set countPercentRepeats = ##t
  \repeat percent 4 { c1 }
}

[image of music]

Affichage du numéro de répétition en pourcent

Le numéro de mesure répétée sera imprimé à intervalle régulier si vous déterminez la propriété de contexte repeatCountVisibility.

\relative c'' {
  \set countPercentRepeats = ##t
  \set repeatCountVisibility = #(every-nth-repeat-count-visible 5)
  \repeat percent 10 { c1 } \break
  \set repeatCountVisibility = #(every-nth-repeat-count-visible 2)
  \repeat percent 6 { c1 d1 }
}

[image of music]

Répétition en pourcent isolée

Des symboles de pourcentage isolés peuvent aussi être obtenus, au moyen d’un silence multimesure dont on modifie l’aspect :

makePercent =
#(define-music-function (parser location note) (ly:music?)
   "Make a percent repeat the same length as NOTE."
   (make-music 'PercentEvent
               'length (ly:music-length note)))

\relative c'' {
  \makePercent s1
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : percent repeat, simile.

Morceaux choisis : Répétitions.

Référence des propriétés internes : RepeatSlash, RepeatSlashEvent, DoubleRepeatSlash, PercentRepeat, PercentRepeatCounter, PercentRepeatedMusic, Percent_repeat_engraver, DoublePercentEvent, DoublePercentRepeat, DoublePercentRepeatCounter, PercentRepeatCounter, PercentRepeatedMusic. Double_percent_repeat_engraver, Slash_repeat_engraver.


Répétitions en trémolo

Il y a deux formes de trémolo : la répétition alernative de deux notes ou accords, et la répétition rapide d’une seule note ou d’un accord. Lorsqu’il est constitué d’une alternance répétitive, le trémolo s’indique en ajoutant des barres de ligature entre les deux notes ou accords concernés. Lorsqu’il s’agit d’une répétition rapide, des barres de ligature penchées sont ajoutées à la note en question.

On peut placer une notation de trémolo entre deux notes, avec la commande \repeat suivie du style trémolo :

\repeat tremolo 8 { c16 d }
\repeat tremolo 6 { c16 d }
\repeat tremolo 2 { c16 d }

[image of music]

La syntaxe de \repeat tremolo requiert expressément deux notes encadrées par des accolades, et le nombre de répétitions exprimé en durée d’une note (pointée ou non). Ainsi, dans l’exemple ci-dessus, \repeat tremolo 7 est valide car correspond à une note doublement pointée, à l’inverse de \repeat tremolo 9.

La durée d’un trémolo est égale à la durée de l’expression entre accolades multipliée par le nombre de fois à répéter : \repeat tremolo 8 { c16 d16 } correspond donc à la valeur d’une ronde, et sera représenté par deux rondes séparées par des barres de trémolo.

On peut indiquer de la même manière un trémolo sur une seule note, qu’il faudra alors laisser sans accolades :

\repeat tremolo 4 c'16

[image of music]

Le même résultat s’obtient en faisant suivre la note considérée de deux points et d’un nombre (note:nombre). Le nombre en question correspond à la valeur de la subdivision ; il doit être au moins de 8, auquel cas la hampe sera barrée par un seul trait de ligature. Si ce nombre est omis, la dernière valeur – telle que mémorisée dans tremoloFlags – sera utilisée.

c2:8 c:32
c: c:

[image of music]

Morceaux choisis

Trémolo et changement de portée

Dans la mesure où \repeat tremolo requiert deux arguments musicaux pour un trémolo d’accords, la note ou l’accord de la portée opposée doit être encadré par des accolades et se voir adjoindre la commande \change Staff.

\new PianoStaff <<
  \new Staff = "up" \relative c'' {
    \key a \major
    \time 3/8
    s4.
  }
  \new Staff = "down" \relative c'' {
    \key a \major
    \time 3/8
    \voiceOne
    \repeat tremolo 6 {
      <a e'>32
      {
        \change Staff = "up"
        \voiceTwo
        <cis a' dis>32
      }
    }
  }
>>

[image of music]

Voir aussi

Morceaux choisis : Répétitions.


1.5 Notes simultanées

[image of music]

La notion musicale de polyphonie fait référence au fait d’avoir plus d’une voix simultanément dans une pièce. Dans LilyPond, la notion de polyphonie fait référence au fait d’avoir plus d’une voix sur la même portée.


1.5.1 Monophonie

Nous allons voir ici comment gérer plusieurs notes simultanées dans une même voix.


Notes en accords

Un accord est formé en mettant une série de hauteurs entre < et >. Un accord peut être suivi d’une durée comme une simple note.

<a c e>1 <a c e>2 <f a c e>4 <a c>8. <g c e>16

[image of music]

Un accord peut être suivi d’une indication d’articulation comme une simple note.

<a c e>1\fermata <a c e>2-> <f a c e>4\prall <a c>8.^! <g c e>16-.

[image of music]

Certaines notes, au sein même d’un accord, peuvent être affectées d’une articulation ou d’un ornement :

<a c\prall e>1 <a-> c-^ e>2 <f-. a c-. e-.>4
<a-+ c-->8. <g\fermata c e\turn>16

[image of music]

Certains éléments de notation, tels que nuances, soufflets et liaisons, ne peuvent se rattacher qu’à l’accord et non aux notes qui le composent, sous peine de ne les voir s’imprimer.

<a\f c( e>1 <a c) e>\f <a\< c e>( <a\! c e>)
<a c e>\< <a c e> <a c e>\!

[image of music]

Un accord peut se voir comme un conteneur de notes, articulations et autres éléments rattachés. Par voie de conséquence, un accord dépourvu de note n’a pas de durée ; toute articulation qui lui serait attachée interviendra au même moment que la note ou l’accord qui le suit et lui sera donc combiné – pour des combinaisons plus complexes, voir Expressions simultanées.

\grace { g8( a b }
<> ) \p \< -. -\markup \italic "sempre staccato"
\repeat unfold 4 { c4 e }  c1\f

[image of music]

Les accords peuvent être saisis en mode relatif. Dans un accord, l’octave de chaque hauteur saisie est fonction de la précédente, à l’exception de la première qui, elle, sera positionnée en fonction de la première hauteur mentionnée dans l’accord précédent ou de la note individuelle précédente. Les autres notes au sein de l’accord se positionnent relativement à la précédente dans cet accord.

<a c e>1 <f a c> <a c e> <f' a c> <b, e b,>

[image of music]

Pour plus d’information à propos des accords, voir Notation des accords.

Voir aussi

Glossaire musicologique : accord.

Manuel d’initiation : Combinaison de notes en accords.

Manuel de notation : Articulations et ornements, Notation des accords. Octaves relatives, Plusieurs voix.

Morceaux choisis : Notes simultanées.

Problèmes connus et avertissements

Un accord comportant plus de deux notes dans le même « espace de portée » – tel que ‘<e f! fis!>’ – conduit immanquablement à des chevauchements. En fonction de la situation, un meilleur rendu peut nécessiter de recourir à


Répétition d’accords

Dans le but de vous épargner de la saisie, LilyPond dispose d’un raccourci – symbolisé par la lettre q – qui a pour effet de répéter le dernier accord saisi :

<a c e>1 q <f a c>2 q

[image of music]

À l’instar de n’importe quel accord, le symbole de répétition peut être affublé d’une durée, de signes d’articulation, markups, liaisons, ligatures… En fait, c’est la structure du dernier accord qui est dupliquée.

<a c e>1\p^"text" q2\<( q8)[-! q8.]\! q16-1-2-3 q8\prall

[image of music]

Dans la mesure où le symbole de répétition d’accord enregistre la structure du dernier accord construit, il est tout à fait possible de l’utiliser même après une succession de notes individuelles et de silences :

<a c e>1 c'4 q2 r8 q8 |
q2 c, |

[image of music]

Le symbole de répétition d’accord ne prend en charge que les hauteurs, en aucun cas les nuances, articulations ou ornementations, qu’elles aient été attachées aux notes le composant ou à l’ensemble.

<a-. c\prall e>1\sfz c4 q2 r8 q8 |
q2 c, |

[image of music]

Le seul moyen de les reproduire consiste à utiliser explicitement la fonction \chordRepeats, en lui adjoignant un argument supplémentaire qui recense les types d’événement à répéter et qui seraient absents de l’accord construit par un q.

\relative c'' {
  \chordRepeats #'(articulation-event)
  { <a-. c\prall e>1\sfz c'4 q2 r8 q8-. } |
  q2 c, |
}

[image of music]

Comme vous pouvez le constater, l’utilisation de \chordRepeats au sein d’un bloc \relative ne produit pas le résultat escompté : les événements de l’accord expansés sont identiques à la saisie traditionnelle d’un accord, ce qui a pour conséquence que l’octave affectée par \relative repose sur le contexte en cours.

Dans la mesure où l’imbrication de clauses \relative n’est pas source d’interférence, l’ajout d’un \relative à ce qui sera concerné par l’instruction \chordRepeats permet d’établir une relation d’octave entre les accords dès avant leur expansion. Dans le cas présent, l’intégralité du bloc \relative intérieur n’affecte en rien ce qui l’entoure, ce qui explique la spécification d’octave attachée à la dernière note :

\new Voice
\relative c'' {
  \chordRepeats #'(articulation-event)
  \relative c''
  { <a-. c\prall e>1\sfz c'4 q2 r8 q8-. } |
  q2 c |
}

[image of music]

Les interactions avec \relative ne se produisent que lors d’un appel explicite de \chordRepeats : l’expansion implicite en début de saisie intervient à un moment où toutes les instances de \relative ont déjà été interprétées.

Voir aussi

Manuel de notation : Articulations et ornements, Notation des accords.

Fichiers d’initialisation : ‘ly/chord-repetition-init.ly’.


Expressions simultanées

Lorsqu’une ou plusieurs expressions musicales sont encadrées par des doubles chevrons, elles sont considérées comme étant simultanées. Si la première expression débute par une note unique ou si l’intégralité de l’expression simultanée est explicitement rattachée à une voix en particulier, elle sera placée sur une seule portée. Dans le cas contraire, les éléments d’une expression simultanée seront placés sur des portées distinctes.

Voici deux exemples d’expression simultanée sur une même portée :

\new Voice {  % explicit single voice
  << { a4 b g2 } { d4 g c,2 } >>
}

[image of music]

% single first note
a << { a4 b g } { d4 g c, } >>

[image of music]

Cette manière de procéder est utile lorsque les éléments de l’expression ont des rythmes identiques. Dès que vous tenterez d’attacher sur une même hampe des notes de durée différente, vous générerez des erreurs. Notes, articulations et modifications de propriétés au sein d’un même Voice sont enregistrées et gravées selon l’ordre musical :

<a c>4-.  <>-. << c a >>  << { c-. <c a> } { a s-. } >>

[image of music]

La présence de plusieurs hampes, ligatures, durées ou propriétés au même instant musical nécessite l’utilisation de plusieurs voix.

Dans l’exemple suivant, l’expression simultanée génère implicitement plusieurs portées :

% no single first note
<< { a4 b g2 } { d4 g2 c,4 } >>

[image of music]

En pareil cas, des rythmes différents ne sont source d’aucun problème puisqu’ils sont interprétés dans des voix différentes.

Problèmes connus et avertissements

Des notes, bien qu’appartenant à des voix différentes, mais dont les hampes ont la même orientation, peuvent se retrouver au même endroit sur la portée, ce quelque soit le décalage que vous auriez pu leur appliquer. Ceci ne manque pas de faire apparaître un message

warning: ignoring too many clashing note columns

en français :
Avertissement : trop d'empilements de notes se chevauchent. On fera au mieux.

lors de la compilation. Le déclenchement de cet avertissement peut être désactivé par une clause

\override NoteColumn.ignore-collision = ##t

Ceci n’aura pas pour seule conséquence que ce message ne sera plus émis ; les procédures d’évitement de collision de quelqu’ordre que ce soit seront désactivées, ce qui peut conduire à quelques effets inattendus (voir aussi Problèmes connus et avertissements à la rubrique Résolution des collisions).


Clusters

Un cluster indique un agrégat de sons. On peut le représenter par une plage limitée par un ambitus (notes extrêmes). On obtient une telle notation en appliquant la fonction \makeClusters à une séquence d’accords, comme

\makeClusters { <g b>2 <c g'> }

[image of music]

Des notes ordinaires et des clusters peuvent cohabiter sur une même portée, y compris simultanément – en pareil cas, rien ne sera fait pour tenter d’empêcher les chevauchements entre notes et clusters.

Voir aussi

Glossaire musicologique : cluster.

Morceaux choisis : Notation simultanée.

Référence des propriétés internes : ClusterSpanner, ClusterSpannerBeacon, Cluster_spanner_engraver.

Problèmes connus et avertissements

L’apparence d’un cluster sera extrêmement resserrée s’il ne comporte au moins deux accords.

Dans la mesure où un cluster ne possède pas de hampe, il n’y a aucun moyen d’en connaître la durée ; cependant la longueur du signe imprimé dépend directement de la durée affectée aux accords qui le définissent.

Seul un silence peut séparer deux clusters.

Les clusters ne sont pas reproduits en MIDI.


1.5.2 Plusieurs voix

Nous allons nous intéresser, dans les paragraphes qui suivent, à la gestion de notes simultanées réparties sur plusieurs voix ou plusieurs portées.


Polyphonie sur une portée

Instanciation explicite des voix

La manière la plus facile d’entrer des fragments avec plus d’une voix sur une portée est la suivante :

\new Staff <<
  \new Voice = "first"
    { \voiceOne r8 r16 g e8. f16 g8[ c,] f e16 d }
  \new Voice= "second"
    { \voiceTwo d16 c d8~ 16 b c8~ 16 b c8~ 16 b8. }
>>

[image of music]

Vous constaterez que les voix sont créées explicitement et qu’elles sont nommées. Les commandes \voiceOne\voiceFour déterminent les voix de telle sorte que les première et troisième auront des hampes vers le haut, et les deuxième et quatrième vers le bas. D’autre part, les notes des troisième et quatrième voix seront quelque peu décalées, tout comme leurs silences, afin d’éviter les collisions. La commande \oneVoice permet de retrouver les réglages par défaut.

Polyphonie temporaire

Un fragment temporairement polyphonique se construit de la manière suivante :

<< { \voiceOne ... }
  \new Voice { \voiceTwo ... }
>> \oneVoice

En fait, la première expression d’une polyphonie temporaire reste dans le même contexte Voice que celui existant auparavant et qui perdurera après ce fragment. Les autres expressions entre doubles chevrons seront assignées à des voix temporaires distinctes. C’est la raison pour laquelle les paroles qui suivaient la voix avant la polyphonie continueront à le faire durant ce passage polyphonique et après lui :

<<
  \new Voice = "melody" {
    a4
    <<
      {
        \voiceOne
        g f
      }
      \new Voice {
        \voiceTwo
        d2
      }
    >>
    \oneVoice
    e4
  }
  \new Lyrics \lyricsto "melody" {
  This is my song.
  }
>>

[image of music]

Vous remarquerez que les commandes \voiceOne et \voiceTwo permettent d’obtenir des réglages différents pour chacune des voix.

La construction avec un double antislash

Une construction de la forme << {…} \\ {…} >>, dans laquelle plusieurs expressions sont séparées par des doubles obliques inversées, se comporte différemment de celle sans séparateur : tous les membres de cette construction seront assignés à de nouveaux contextes de voix. Ces contextes de voix, créés implicitement, portent les noms "1", "2", etc. Dans chacun de ces contextes, le positionnement des liaisons, la direction des hampes, etc. sont réglés de manière appropriée. En voici un exemple :

<<
  { r8 r16 g e8. f16 g8[ c,] f e16 d }
  \\
  { d16 c d8~ 16 b c8~ 16 b c8~ 16 b8. }
>>

[image of music]

Cette syntaxe peut être utilisée dans la mesure où la création puis la disparition de voix temporaires sont sans conséquence. Les réglages de ces voix créées implicitement sont les mêmes que si elles avaient été créées à l’aide des commandes \voiceOne à \voiceFour, dans leur ordre d’apparition.

Dans l’exemple qui suit, la voix intermédiaire a des hampes vers le haut. Nous la plaçons donc en troisième position, de telle sorte qu’elle adopte les réglages de \voiceThree qui correspondent à ce que nous voulons. Grâce à des espaces invisibles, nous évitons de surcharger la portée avec des demis soupirs.

<<
  { r8 g g  g g f16 ees f8 d }
  \\
  { ees,8 r ees r d r d r }
  \\
  { d'8 s c s bes s a s }
>>

[image of music]

En dehors des cas les plus simples, nous vous invitons à toujours créer les contextes de voix de manière explicite. Voir à ce sujet Contextes et graveurs et Instanciation explicite des voix.

Ordre des voix

L’ordre dans lequel doivent apparaître les voix d’une construction simultanée suit le schéma suivant :

Voix 1: la plus haute
Voix 2: la plus basse
Voix 3: deuxième plus haute
Voix 4: deuxième plus basse
Voix 5: troisième plus haute
Voix 6: troisième plus basse
etc.

Cette présentation en entonnoir peut sembler quelque peu contre-intuitive ; elle simplifie cependant grandement le processus de mise en forme. Vous noterez que les hampes des voix au numéro impair vont vers le haut, celles des voix paires vers le bas :

\new Staff <<
  \time 2/4
  { f''2 }  % 1: highest
  \\
  { c'2  }  % 2: lowest
  \\
  { d''2 }  % 3: second-highest
  \\
  { e'2  }  % 4: second-lowest
  \\
  { b'2  }  % 5: third-highest
  \\
  { g'2  }  % 6: third-lowest
>>

[image of music]

Note : Paroles et objets étendus (liaisons, soufflets etc.) ne peuvent passer d’une voix à l’autre.

Identité rythmique

Lorsque l’on doit saisir des fragments de musique parallèle qui ont le même rythme, on peut les combiner dans un contexte de voix unique et par voie de conséquence former des accords. Il suffit pour cela de les regrouper dans une construction de musique simultanée simple au sein d’une voix explicite :

\new Voice <<
  { e4 f8 d e16 f g8 d4 }
  { c4 d8 b c16 d e8 b4 }
>>

[image of music]

Prenez garde que les différents éléments doivent impérativement avoir la même structure rythmique, sous peine de ligature aléatoire et de messages d’avertissement.

Commandes prédéfinies

\voiceOne, \voiceTwo, \voiceThree, \voiceFour, \oneVoice.

Voir aussi

Manuel d’initiation : Instanciation explicite des voix, Les voix contiennent la musique.

Manuel de notation : Hampes, Portées de percussion, Silences invisibles.

Morceaux choisis : Notation simultanée.


Styles de voix

Opter pour des couleurs et des têtes de notes spécifiques selon la voix permet de les identifier plus facilement :

<<
  { \voiceOneStyle d4 c2 b4 }
  \\
  { \voiceTwoStyle e,2 e }
  \\
  { \voiceThreeStyle b2. c4 }
  \\
  { \voiceFourStyle g'2 g }
>>

[image of music]

La commande \voiceNeutralStyle permet de revenir à une présentation normale.

Commandes prédéfinies

\voiceOneStyle, \voiceTwoStyle, \voiceThreeStyle, \voiceFourStyle, \voiceNeutralStyle.

Voir aussi

Manuel d’initiation : Autres sources de documentation, J'entends des Voix.

Morceaux choisis : Notation simultanée.


Résolution des collisions

Les notes de hauteur identique appartenant à des voix différentes, même si leur hampe sont opposées, verront leur tête automatiquement fusionner. Les notes dont la tête diffère ou bien qui ont la hampe dans la même direction ne seront pas automatiquement fusionnées. Les silences, lorsqu’ils sont dans une autre voix et à l’opposé des hampes seront décalés verticalement. Vous constaterez, dans l’exemple suivant, que la fusion échoue aux premier et troisième temps de la première mesure, ainsi qu’au premier temps de la deuxième mesure.

<<
  {
    c8 d e d c d c4
    g'2 fis
  } \\ {
    c2 c8. b16 c4
    e,2 r
  } \\ {
    \oneVoice
    s1
    e8 a b c d2
  }
>>

[image of music]

Cependant, vous pouvez fusionner une tête de blanche avec une tête de croche – jamais avec une noire. Les têtes du premier temps de la première mesure ont bien fusionné :

<<
  {
    \mergeDifferentlyHeadedOn
    c8 d e d c d c4
    g'2 fis
  } \\ {
    c2 c8. b16 c4
    e,2 r
  } \\ {
    \oneVoice
    s1
    e8 a b c d2
  }
>>

[image of music]

De même, vous pouvez fusionner les têtes de notes pointées et non pointées comme au troisième temps de la première mesure :

<<
  {
    \mergeDifferentlyHeadedOn
    \mergeDifferentlyDottedOn
    c8 d e d c d c4
    g'2 fis
  } \\ {
    c2 c8. b16 c4
    e,2 r
  } \\ {
    \oneVoice
    s1
    e8 a b c d2
  }
>>

[image of music]

Lorsque trois notes ou plus s’agglutinent dans un même empilement, \mergeDifferentlyHeadedOn ne peut mener à bien la fusion des deux notes qui devraient l’être. Pour obtenir une fusion optimale, appliquez un décalage (\shift) à la note qui ne devrait pas fusionner. Ici, on applique un \shiftOn pour décaler le sol de l’empilement ; le rendement de \mergeDifferentlyHeadedOn est alors comme il faut.

<<
  {
    \mergeDifferentlyHeadedOn
    \mergeDifferentlyDottedOn
    c8 d e d c d c4
    \shiftOn
    g'2 fis
  } \\ {
    c2 c8. b16 c4
    e,2 r
  } \\ {
    \oneVoice
    s1
    e8 a b c d2
  }
>>

[image of music]

La commande \shiftOn permet, sans pour autant le forcer, un décalage des notes d’une voix en particulier. Une note ou un accord appartenant à cette voix ne seront décalés que si leur hampe menaçait d’entrer en collision avec une hampe appartenant à une autre voix allant dans la même direction. La commande \shiftOff interdit l’apparition de décalage.

Les voix externes – habituellement les voix une et deux – sont affectées de \shiftOff, alors que les voix internes – trois et quatre – sont affectées de \shiftOn. Lorsqu’un décalage intervient, les notes dont les hampes sont ascendantes (voix impaire) iront vers la droite, et les notes à hampe descendante (voix paire) iront vers la gauche.

Voici un exemple qui vous permettra de bien visualiser ce qui se passe en interne.

Note : Lorsqu’il y a trois voix ou plus, prenez garde au fait que l’ordre d’apparition des voix dans votre fichier ne correspond pas à l’ordre vertical des voix tel qu’il apparaîtra sur la portée.

\new Staff \relative c'' {
  %% saisie abrégée
  <<
    { f2  }  % 1: extrême haute
    \\
    { g,2 }  % 2: extrême basse
    \\
    { d'2 }  % 3: intermédiaire haute
    \\
    { b2  }  % 4: intermédiaire basse
  >>
  %% expansion en interne de ce qui précède
  <<
    \new Voice = "1" { \voiceOne   \shiftOff f'2 }
    \new Voice = "2" { \voiceTwo   \shiftOff g,2 }
    \new Voice = "3" { \voiceThree \shiftOn  d'2 } % décale à droite
    \new Voice = "4" { \voiceFour  \shiftOn  b2  } % décale à gauche
  >>
}

[image of music]

Les commandes \shiftOnn et \shiftOnnn sont des niveaux supplémentaires de décalage qui peuvent s’adopter temporairement dans certaines situations complexes – voir Exemple concret.

Les têtes de notes ne fusionneront que dans la mesure où leur hampe sont opposées – implicitement parce qu’appartenant aux voix une ou deux, ou bien explicitement.

Commandes prédéfinies

\mergeDifferentlyDottedOn, \mergeDifferentlyDottedOff, \mergeDifferentlyHeadedOn, \mergeDifferentlyHeadedOff.

\shiftOn, \shiftOnn, \shiftOnnn, \shiftOff.

Morceaux choisis

Ajout de voix pour éviter les collisions

Dans certains cas de musique polyphonique complexe, une voix supplémentaire peut permettre d’éviter les risques de collision. Lorsque quatre voix parallèles ne suffisent pas, la fonction Scheme context-spec-music permet d’ajouter encore d’autres voix.

voiceFive = #(context-spec-music (make-voice-props-set 4) 'Voice)

\relative c'' {
  \time 3/4
  \key d \minor
  \partial 2
  <<
    \new Voice  {
      \voiceOne
      a4. a8
      e'4 e4. e8
      f4 d4. c8
    }
    \new Voice {
      \voiceTwo
      d,2
      d4 cis2
      d4 bes2
    }
    \new Voice {
      \voiceThree
      f'2
      bes4 a2
      a4 s2
    }
    \new Voice {
      \voiceFive
      s2
      g4 g2
      f4 f2
    }
  >>
}

[image of music]

Décalage horizontal forcé

Quand LilyPond est dépassé, la propriété force-hshift de l’objet NoteColumn et des silences à hauteur déterminée peuvent s’avérer utiles pour dicter au programme les choix de placement. On travaille ici en espace de portée.

\relative c' <<
  {
    <d g>2 <d g>
  }
  \\
  {
    <b f'>2
    \once \override NoteColumn.force-hshift = #1.7
    <b f'>2
  }
>>

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : polyphonie.

Manuel d’initiation : Exemple concret, Les voix contiennent la musique, Notes simultanées.

Morceaux choisis : Notation simultanée.

Référence des propriétés internes : NoteColumn, NoteCollision, RestCollision.

Problèmes connus et avertissements

Une clause \override NoteColumn.ignore-collision = ##t aura pour effet une fusion incorrecte des têtes de note différentes à partir de voix différentes.

\mergeDifferentlyHeadedOn
<< { c16 a' b a } \\ { c,2 } >>
\override NoteColumn.ignore-collision = ##t
<< { c16 a' b a } \\ { c,2 } >>

[image of music]


Regroupement automatique de parties

Le regroupement automatique de parties vous permet de fusionner deux pupitres sur une seule portée, ceci dans le but de créer des partitions d’orchestre. Lorsque les deux parties sont identiques sur une certaine durée, une seule s’affiche. Lorsqu’elles diffèrent, deux voix séparées apparaissent, avec des hampes dont la direction est gérée automatiquement. Vous pouvez aussi identifier et faire ressortir les solos et parties a due.

Voici la syntaxe qui permet de combiner des parties :

\partcombine expression_musicale_1 expression_musicale_2

L’exemple suivant illustre les fonctionnalités élémentaires du combinateur de parties : positionner les parties sur une portée, gérer la direction des hampes et de la polyphonie. Les identifiants sont les mêmes pour la combinaison et les parties séparées.

instrumentOne = \relative c' {
  c4 d e f |
  R1 |
  d'4 c b a |
  b4 g2 f4 |
  e1 |
}

instrumentTwo = \relative g' {
  R1 |
  g4 a b c |
  d4 c b a |
  g4 f( e) d |
  e1 |
}

<<
  \new Staff \instrumentOne
  \new Staff \instrumentTwo
  \new Staff \partcombine \instrumentOne \instrumentTwo
>>

[image of music]

Les notes de la troisième mesure n’apparaissent qu’une seule fois, alors qu’elles ont été spécifiées deux fois (une fois dans chacune des parties). La direction des hampes et des liaisons de tenue ou de phrasé est gérée automatiquement, selon qu’il s’agisse d’un solo ou d’un unisson. La première partie, dont le contexte s’appellera one, aura toujours ses hampes dirigées vers le haut et sera notée « Solo », alors que la deuxième, appelée two, aura des hampes vers le bas et sera notée « Solo II ». Les parties à l’unisson seront par défaut estampillées d’un « a2 ».

LilyPond interprète dans un contexte Voice chacun des arguments fournis à \partcombine. Si vous travaillez avec des octaves relatives, spécifiez \relative dans chacune des expressions musicales, comme ceci :

\partcombine
  \relative … expression_musicale_1
  \relative … expression_musicale_2

Une section \relative à l’extérieur du \partcombine restera sans effet sur les hauteurs de expression_musicale_1 ou de expression_musicale_2.

En matière d’édition professionnelle, les voix sont souvent maintenues séparément et sur une durée conséquente, bien que les notes des différentes voix soient les mêmes et pourraient donc être présentées à l’unisson. Dans la mesure où \partcombine considère les notes séparément, combiner des notes en accord ou indiquer un solo ne serait pas optimal en pareil cas. LilyPond dispose alors de certaines commandes qui permettent d’influencer le comportement de la fonction \partcombine :

Les commandes se terminant par …Once n’affectent que la note qui les suit directement dans l’expression musicale.

instrumentOne = \relative c' {
  \partcombineApart c2^"apart" e |
  \partcombineAutomatic e2^"auto" e |
  \partcombineChords e'2^"chord" e |
  \partcombineAutomatic c2^"auto" c |
  \partcombineApart c2^"apart" \partcombineChordsOnce e^"chord once" |
  c2 c |
}
instrumentTwo = \relative c' {
  c2 c |
  e2 e |
  a,2 c |
  c2 c' |
  c2 c |
  c2 c |
}

<<
  \new Staff { \instrumentOne }
  \new Staff { \instrumentTwo }
  \new Staff { \partcombine \instrumentOne \instrumentTwo }
>>

[image of music]

Utilisation de \partcombine et paroles

La commande \partcombine n’est pas conçue pour traiter des paroles ; si l’une des voix est explicitement nommée, afin de lui adjoindre des paroles, le combinateur de parties cessera de fonctionner. Toutefois, le recours à un contexte NullVoice permet d’obtenir les effets escomptés – voir Polyphonie et paroles communes.

Morceaux choisis

Combinaison de deux parties sur une même portée

L’outil de combinaison de parties (la commande \partcombine) permet d’avoir deux parties différentes sur une même portée. LilyPond ajoute automatiquement des indications textuelles, telles que « solo » ou « a2 ». Si votre intention n’est que de fusionner les parties, sans ajouter de texte, assignez faux à la propriété printPartCombineTexts. Dans le cas de partitions vocales, et plus particulièrement d’hymnes, ces « solo/a2 » ne sont d’aucune utilité, aussi vaut-il mieux les désactiver. Dans le cas où il y aurait alternance entre solo et tutti, il vaut mieux faire appel à de la musique polyphonique standard.

Voici trois moyens d’imprimer deux parties sur une même portée : en polyphonie normale, avec \partcombine sans indication supplémentaire, et avec \partcombine commentée.

musicUp = \relative c'' {
  \time 4/4
  a4 c4.( g8) a4 |
  g4 e' g,( a8 b) |
  c b a2.
}

musicDown = \relative c'' {
  g4 e4.( d8) c4 |
  r2 g'4( f8 e) |
  d2 \stemDown a
}

\score {
  <<
    <<
    \new Staff {
      \set Staff.instrumentName = #"Standard polyphony"
      << \musicUp \\ \musicDown >>
    }
    \new Staff \with { printPartCombineTexts = ##f } {
      \set Staff.instrumentName = #"PartCombine without texts"
      \partcombine \musicUp \musicDown
    }
    \new Staff {
      \set Staff.instrumentName = #"PartCombine with texts"
      \partcombine \musicUp \musicDown
    }
    >>
  >>
  \layout {
    indent = 6.0\cm
    \context {
      \Score
      \override SystemStartBar.collapse-height = #30
    }
  }
}

[image of music]

Modification des indications de parties combinées

Lorsque vous regroupez automatiquement des parties, vous pouvez modifier le texte qui sera affiché pour les solos et pour les parties à l’unisson :

\new Staff <<
  \set Staff.soloText = #"girl"
  \set Staff.soloIIText = #"boy"
  \set Staff.aDueText = #"together"
  \partcombine
    \relative c'' {
      g4 g r r
      a2 g
    }
    \relative c'' {
      r4 r a( b)
      a2 g
    }
>>

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : a due, partie.

Manuel de notation : Écriture de parties séparées.

Morceaux choisis : Notation simultanée.

Référence des propriétés internes : PartCombineMusic, Voice.

Problèmes connus et avertissements

Les différentes commandes \partcombine… ne prennent en charge que deux voix. De la même manière, le combinateur n’est pas conçu pour travailler avec des paroles ; il s’arrête dès qu’il est explicitement fait appel à l’une des voix pour y attacher des paroles.

\partcombine… ne peut s’inscrire ni dans un bloc \tuplet ni dans un bloc \relative.

Lorsque printPartCombineTexts est actif et que les deux voix jouent souvent les mêmes notes, le combinateur peut afficher a2 plus d’une fois par mesure.

\partcombine n’examine que l’attaque des notes. Il n’est donc pas en mesure de déterminer si une note attaquée précédemment est encore jouée ou non, ce qui peut engendrer quelques problèmes, entre autres des indications de « Solo » ou « Unison » incorrectement placées.

\partcombine conserve les objets étendus (liaisons, soufflets, etc.) dans la même voix de sorte à éviter qu’ils soient improprement ou pas du tout imprimés lorsque leur départ ou terminaison est dans une voix différente.

En interne, \partcombine interprète les deux arguments en tant que Voices, dénommées one et two, puis décide de quand les parties seront fusionnées. Par conséquent, si les arguments changent pour d’autres noms de contexte Voice, les événements qu’ils contiendraient seront ignorés.

Certaines considérations apparaissent aussi dans les chapitres Tablatures par défaut et Barres de ligature automatiques.


Saisie de musique en parallèle

On peut écrire plusieurs voix de façon entremêlée. La fonction \parallelMusic prend en charge une liste des variables à créer, ainsi qu’une expression musicale. Le contenu des différentes mesures de l’expression musicale deviennent les valeurs des variables respectives que vous pourrez ensuite utiliser pour imprimer la partition.

Note : Les contrôles de barre de mesure | sont obligatoires et les mesures doivent être de longueur identique.

\parallelMusic #'(voiceA voiceB voiceC) {
  % Bar 1
  r8 g'16 c'' e'' g' c'' e'' r8 g'16 c'' e'' g' c'' e'' |
  r16 e'8.~   4              r16 e'8.~   4              |
  c'2                        c'2                        |

  % Bar 2
  r8 a'16 d'' f'' a' d'' f'' r8 a'16 d'' f'' a' d'' f'' |
  r16 d'8.~   4              r16 d'8.~   4              |
  c'2                        c'2                        |

}
\new StaffGroup <<
  \new Staff << \voiceA \\ \voiceB >>
  \new Staff { \clef bass \voiceC }
>>

[image of music]

Vous pouvez travailler en mode relatif. Notez cependant que la commande \relative n’apparaît pas au sein du bloc \parallelMusic. Le calcul des hauteurs relatives s’effectue voix par voix, et non au fil des lignes saisies ; en d’autres termes, les notes de la voiceA ignorent tout de celles de la voiceB.

\parallelMusic #'(voiceA voiceB voiceC) {
  % Bar 1
  r8 g16 c e g, c e r8 g,16 c e g, c e  |
  r16 e8.~ 4        r16 e8.~  4         |
  c2                c                   |

  % Bar 2
  r8 a,16 d f a, d f r8 a,16 d f a, d f |
  r16 d8.~  4        r16 d8.~  4        |
  c2                 c                  |

 }
\new StaffGroup <<
  \new Staff << \relative c'' \voiceA \\ \relative c' \voiceB >>
  \new Staff \relative c' { \clef bass \voiceC }
>>

[image of music]

Ceci fonctionne bien avec la musique pour piano. L’exemple suivant affecte quatre mesures à quatre variables :

global = {
  \key g \major
  \time 2/4
}

\parallelMusic #'(voiceA voiceB voiceC voiceD) {
  % Bar 1
  a8    b     c   d     |
  d4          e         |
  c16 d e fis d e fis g |
  a4          a         |

  % Bar 2
  e8      fis  g     a   |
  fis4         g         |
  e16 fis g  a fis g a b |
  a4           a         |

  % Bar 3 ...
}

\score {
  \new PianoStaff <<
     \new Staff {
       \global
       <<
         \relative c'' \voiceA
         \\
         \relative c'  \voiceB
       >>
     }
     \new Staff {
       \global \clef bass
       <<
         \relative c \voiceC
         \\
         \relative c \voiceD
       >>
     }
  >>
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel d’initiation : Organisation du code source avec des variables.

Morceaux choisis : Notation simultanée.


1.6 Notation sur la portée

[image of music]

Cette section aborde les détails de gravure de la portée, la réalisation de partitions comprenant plusieurs portées et l’ajout d’indications globales d’exécution, présentes sur certaines portées seulement.


1.6.1 Gravure des portées

Nous allons voir ici comment créer des portées et comment les regrouper.


Initialisation de nouvelles portées

Les portées – en anglais staff (staves au pluriel) – sont créées à l’aide des commandes \new ou \context. Pour de plus amples détails, consultez Création et référencement d’un contexte.

Le contexte de portée standard s’appelle Staff :

\new Staff { c4 d e f }

[image of music]

Le contexte DrumStaff crée une portée à cinq lignes correspondant à une batterie traditionnelle et chacun des instruments est représenté par un symbole spécifique. Les éléments sont saisis en mode batterie, initialisé par la commande \drummode, chaque composante étant spécifiée par son nom. Pour de plus amples détails, consultez Portées de percussion.

\new DrumStaff {
  \drummode { cymc hh ss tomh }
}

[image of music]

Un RhythmicStaff est composé d’une portée à ligne unique chargée de présenter les valeurs rythmiques saisies. Seules sont imprimées les durées. Pour de plus amples détails, consultez Gravure de lignes rythmiques.

\new RhythmicStaff { c4 d e f }

[image of music]

Un TabStaff crée une portée de tablature correspondant aux six cordes d’une guitare standard. Pour de plus amples détails, consultez Tablatures par défaut.

\new TabStaff { c4 d e f }

[image of music]

LilyPond dispose aussi de deux contextes dédiés à la musique ancienne : MensuralStaff et VaticanaStaff. Ils sont abordés plus en détails au chapitre Contextes prédéfinis.

Le contexte GregorianTranscriptionStaff permet d’obtenir des éditions modernes du grégorien. Bien entendu, il est dépourvu de barres de mesure.

\new GregorianTranscriptionStaff { c4 d e f e d }

[image of music]

Vous pourrez toujours définir d’autres contextes de portée selon vos besoins, en suivant les indications fournies au chapitre Définition de nouveaux contextes.

Voir aussi

Glossaire musicologique : staff, portées.

Manuel de notation : Création et référencement d’un contexte, Portées de percussion, Gravure de lignes rythmiques, Tablatures par défaut, Contextes prédéfinis, Symbole de la portée, Contextes du chant grégorien, Contextes de musique mensurale, Définition de nouveaux contextes.

Morceaux choisis : Notation sur la portée.

Référence des propriétés internes : Staff, DrumStaff, GregorianTranscriptionStaff, RhythmicStaff, TabStaff, MensuralStaff, VaticanaStaff, StaffSymbol.


Regroupement de portées

LilyPond dispose de différents contextes permettant de regrouper des portées individuelles et d’obtenir ainsi des « systèmes ». Chacun de ces contextes définira le style de regroupement, avec son signe particulier en début de portée et ses règles de gestion des barres de mesure.

Lorsqu’aucun contexte particulier n’est spécifié, les propriétés suivantes s’appliqueront par défaut : les portées du groupe ne sont pas reliées, hormis par une simple ligne verticale en début de ligne, et les barres de mesure sont indépendantes.

<<
  \new Staff { c1 c }
  \new Staff { c1 c }
>>

[image of music]

Dans un StaffGroup, le groupe de portées est signifié par un crochet, et les barres de mesure sont d’un seul tenant.

\new StaffGroup <<
  \new Staff { c1 c }
  \new Staff { c1 c }
>>

[image of music]

Dans un ChoirStaff, le groupe de portées est signifié par un crochet sur la gauche, et les barres de mesure sont individuelles.

\new ChoirStaff <<
  \new Staff { c1 c }
  \new Staff { c1 c }
>>

[image of music]

Dans un GrandStaff, le groupe de portées est signifié par une accolade sur la gauche, et les barres de mesure sont d’un seul tenant.

\new GrandStaff <<
  \new Staff { c1 c }
  \new Staff { c1 c }
>>

[image of music]

Le contexte PianoStaff est identique au GrandStaff, sauf qu’il gère automatiquement l’affichage du nom d’instrument – voir Noms d’instrument pour plus de détails.

\new PianoStaff <<
  \set PianoStaff.instrumentName = #"Piano"
  \new Staff { c1 c }
  \new Staff { c1 c }
>>

[image of music]

Les barres de mesure au début de chaque système adoptent l’un des styles SystemStartBar, SystemStartBrace ou SystemStartBracket. Dans chaque contexte, seul l’un de ces styles est utilisé, et c’est la propriété systemStartDelimiter qui détermine lequel. Un quatrième style, SystemStartSquare, doit quant à lui être spécifié de manière explicite.

Vous pouvez aussi créer vos propres contextes de regroupement, comme l’explique Définition de nouveaux contextes.

Morceaux choisis

Indication de regroupement de portées par un rectangle

Un regroupement de portées sera indiqué par un simple rectangle – SystemStartSquare – en début de ligne dès lors que vous le mentionnerez explicitement au sein d’un contexte StaffGroup ou ChoirStaff.

\score {
  \new StaffGroup { <<
  \set StaffGroup.systemStartDelimiter = #'SystemStartSquare
    \new Staff { c'4 d' e' f' }
    \new Staff { c'4 d' e' f' }
  >> }
}

[image of music]

Indicateur de regroupement et portée unique

Lorsque, dans des regroupements de type ChoirStaff ou StaffGroup, une seule portée est active, aucune indication n’est donnée en début de ligne. Affecter à la propriété collapse-height un nombre de lignes inférieur à celui de la portée permet de modifier ce comportement par défaut.

Notez bien que dans le cas des PianoStaff et GrandStaff, pour lesquels le délimiteur de système est une accolade et non un crochet, il ne s’agit pas de la même propriété – voir le deuxième système de l’exemple.

\score {
  \new StaffGroup <<
    % Must be lower than the actual number of staff lines
    \override StaffGroup.SystemStartBracket.collapse-height = #4
    \override Score.SystemStartBar.collapse-height = #4
    \new Staff {
      c'1
    }
  >>
}
\score {
  \new PianoStaff <<
    \override PianoStaff.SystemStartBrace.collapse-height = #4
    \override Score.SystemStartBar.collapse-height = #4
    \new Staff {
      c'1
    }
  >>
}

[image of music]

Présentation à l’ancienne (barres de mesure entre les portées)

En musique mensurale, les barres de mesure ne traversent pas les portées. Pour obtenir ce résultat avec un StaffGroup plutôt qu’en utilisant un ChoirStaff, il faudra rendre « transparentes » les portions de barre qui recouvrent les portées.

global = {
  \hide Staff.BarLine
  s1 s
  % the final bar line is not interrupted
  \undo \hide Staff.BarLine
  \bar "|."
}
\new StaffGroup \relative c'' {
  <<
    \new Staff { << \global { c1 c } >> }
    \new Staff { << \global { c c } >> }
  >>
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : accolade, crochet, système.

Manuel de notation : Noms d’instrument, Définition de nouveaux contextes.

Morceaux choisis : Notation sur la portée.

Référence des propriétés internes : Staff, StaffGroup, ChoirStaff, GrandStaff, PianoStaff, SystemStartBar, SystemStartBrace, SystemStartBracket, SystemStartSquare.

Problèmes connus et avertissements

Un PianoStaff ne peut contenir, par défaut, de ChordNames.


Imbrication de regroupements de portées

Les accolades et crochets qui délimitent les systèmes peuvent être imbriqués en profondeur. Chaque niveau inférieur aura son propre délimiteur, en plus de celui du niveau supérieur.

\new StaffGroup <<
  \new Staff { c2 c | c2 c }
  \new StaffGroup <<
    \new Staff { g2 g | g2 g }
    \new StaffGroup \with {
      systemStartDelimiter = #'SystemStartSquare
    }
    <<
      \new Staff { e2 e | e2 e }
      \new Staff { c2 c | c2 c }
    >>
  >>
>>

[image of music]

Vous pouvez aussi créer vos propres contextes d’imbrication, comme l’explique Définition de nouveaux contextes.

Morceaux choisis

Imbrications de regroupements de portées

La propriété systemStartDelimiterHierarchy permet de créer des regroupements imbriqués complexes. La commande \set StaffGroup.systemStartDelimiterHierarchy prend en argument la liste alphabétique des sous-groupes à hiérarchiser. Chaque sous-groupe peut être affublé d’un délimiteur particulier. Chacun des regroupements intermédiaires doit être borné par des parenthèses. Bien que des éléments de la liste puissent être omis, le premier délimiteur embrassera toujours l’intégralité des portées. Vous disposez des quatre délimiteurs SystemStartBar, SystemStartBracket, SystemStartBrace et SystemStartSquare.

\new StaffGroup
\relative c'' <<
  \set StaffGroup.systemStartDelimiterHierarchy
    = #'(SystemStartSquare (SystemStartBrace (SystemStartBracket a
                             (SystemStartSquare b)  ) c ) d)
  \new Staff { c1 }
  \new Staff { c1 }
  \new Staff { c1 }
  \new Staff { c1 }
  \new Staff { c1 }
>>

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Regroupement de portées, Noms d’instrument, Définition de nouveaux contextes.

Morceaux choisis : Notation sur la portée.

Référence des propriétés internes : StaffGroup, ChoirStaff, SystemStartBar, SystemStartBrace, SystemStartBracket, SystemStartSquare.


Séparation des systèmes

Le nombre de systèmes peut varier d’une page à l’autre ; vous pouvez, en pareil cas, rendre plus évidente la séparation entre les systèmes en l’indiquant visuellement. Ce « séparateur » est absent par défaut, mais vous pouvez l’activer par une option au sein du bloc \paper.

\book {
  \score {
    \new StaffGroup <<
      \new Staff {
        \relative c'' {
          c4 c c c
          \break
          c4 c c c
        }
      }
      \new Staff {
        \relative c'' {
          c4 c c c
          \break
          c4 c c c
        }
      }
    >>
  }
  \paper {
    system-separator-markup = \slashSeparator
    % following commands are needed only to format this documentation
    paper-width = 100\mm
    paper-height = 100\mm
    tagline = ##f
  }
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Mise en forme de la page.

Morceaux choisis : Notation sur la portée.


1.6.2 Modification de portées individuelles

Cette section explique le réglage de la gravure de chaque portée, comme la taille de portée ou le nombre de lignes ; sont aussi décrits la suspension et la reprise de portées, ainsi que les portées d’ossia.


Symbole de la portée

Les commandes \stopStaff et \startStaff permettent respectivement de clôturer et (re)démarrer une portée n’importe où dans une partition.

\stopStaff f4 d \startStaff g, e
f'4 d \stopStaff g, e
f'4 d \startStaff g, e

[image of music]

Commandes prédéfinies

\startStaff, \stopStaff.

Les notes, nuances, etc. sont regroupées dans un assemblage de lignes horizontales, que l’on nomme la portée (en anglais staff, et staves au pluriel). Dans LilyPond, ces lignes sont dessinées au moyen d’un objet graphique (grob) à part entière, nommé StaffSymbol – symbole de portée. Modifier les propriétés d’un StaffSymbol changera l’apparence de la portée, dès lors qu’elles auront été définies avant de créer la portée en question.

Vous pouvez modifier le nombre de lignes d’une portée :

f4 d \stopStaff
\override Staff.StaffSymbol.line-count = #2
\startStaff g, e |

f'4 d \stopStaff
\revert Staff.StaffSymbol.line-count
\startStaff g, e |

[image of music]

Le positionnement de chacune des lignes de la portée est modifiable. Une liste de nombres détermine le positionnement de chaque ligne. Le 0 correspond à la ligne médiane d’une portée habituelle, pour laquelle la liste est donc (-4 -2 0 2 4). Une ligne sera donc imprimée pour chaque valeur exprimée ; le nombre de lignes, ainsi que leur position dans la portée, peut donc se modifier à l’aide d’une seule commande.

f4 d \stopStaff
\override Staff.StaffSymbol.line-positions = #'(1 3 5 -1 -3)
\startStaff g, e |
f'4 d \stopStaff
\override Staff.StaffSymbol.line-positions = #'(8 6.5 -6 -8 -0.5)
\startStaff g, e

[image of music]

Afin de préserver l’orientation habituelle des hampes – ascendantes dans la partie inférieure de la portée, descendantes dans la partie supérieure – la ligne (ou l’interligne) centrale de la portée personnalisée devra être en phase avec avec la ligne médiane d’une portée classique (0). La position de la clef et celle du do médium demanderont parfois un ajustement afin d’être en phase avec cette nouvelle portée. Pour plus d’explications, reportez-vous aux exemples du chapitre Clefs.

Lorsque vous modifierez l’épaisseur des lignes, gardez à l’esprit que les lignes supplémentaires et les hampes seront aussi modifiées.

\new Staff \with {
  \override StaffSymbol.thickness = #3
}
{ e4 d c b }

[image of music]

L’épaisseur des lignes supplémentaires (ledger lines) peut être déterminée indépendamment des lignes de la portée.

\new Staff \with {
  \override StaffSymbol.thickness = #2
  \override StaffSymbol.ledger-line-thickness = #'(0.5 . 0.4)
}
{ f'4 a, a,, f }

[image of music]

La première valeur est multipliée par l’épaisseur de ligne de portée, la seconde par l’espace d’interligne ; ces deux valeurs sont alors combinées pour donner la nouvelle épaisseur des lignes supplémentaires.

L’emplacement des lignes supplémentaires est réglable :

\new Staff \with {
  \override StaffSymbol.ledger-positions = #'(-3 -2 -1 2 5 6)
}
{ f'4 a, a,, f }

[image of music]

Vous pouvez faire apparaître des lignes supplémentaires additionnelles au-dessus ou en dessous des têtes de note selon leur positionnement relatif aux autres notes, qu’elles aient ou non elles-mêmes des lignes supplémentaires.

\new Staff \with {
  \override StaffSymbol.ledger-extra = #4
}
{ f'4 a, d, f, }

[image of music]

Des lignes supplémentaires peuvent apparaître y compris au sein d’une portée, notamment lorsque vous l’avez personnalisée. L’exemple suivant illustre deux cas de figure quant au positionnement des lignes supplémentaires selon que la propriété legder-position est définie explicitement ou non. La présence du \stopStaff est ici rendue nécessaire pour annuler les effets de la commande \override qui s’applique à l’intégralité du StaffSymbol.

\override Staff.StaffSymbol.line-positions =   #'(-8 0 2 4)
d4 e f g
\stopStaff
\startStaff
\override Staff.StaffSymbol.ledger-positions = #'(-8 -6 (-4 -2) 0)
d4 e f g

[image of music]

Modifier l’équidistance des lignes de la portée affectera aussi les lignes supplémentaires.

\new Staff \with {
  \override StaffSymbol.staff-space = #1.5
}
{ f'4 d, g, e, }

[image of music]

Morceaux choisis

Empâtement de certaines lignes d’une portée

Vous pourriez avoir envie, dans un but pédagogique, de rendre certaines lignes d’une portée plus épaisses que les autres, comme la ligne médiane, ou bien pour mettre en exergue la ligne portant la clef de sol. Il suffit pour cela d’ajouter une ligne qui sera accolée à celle qui doit être mise en évidence, grâce à la propriété line-positions de l’objet StaffSymbol.

{
  \override Staff.StaffSymbol.line-positions =
    #'(-4 -2 -0.2 0 0.2 2 4)
  d'4 e' f' g'
}

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : ligne, ligne supplémentaire, portée.

Manuel de notation : Clefs.

Morceaux choisis : Notation sur la portée.

Référence des propriétés internes : StaffSymbol, staff-symbol-interface.


Portées d’ossia

Une portée d’ossia – ou de variante – s’obtient en créant, à l’endroit approprié, une nouvelle portée simultanée :

\new Staff \relative c'' {
  c4 b d c
  <<
    { c4 b d c }
    \new Staff { e4 d f e }
  >>
  c4 b c2
}

[image of music]

L’exemple ci-dessus n’est probablement pas ce qui vous conviendra le plus. Afin que cette ossia se place au-dessus de la portée à laquelle elle se réfère, étant par ailleurs dépourvue de métrique et de clef, et d’une taille légèrement inférieure, vous devrez avoir recours à quelques retouches. Le manuel d’initiation aborde une technique particulière pour obtenir ce résultat, au chapitre Expressions musicales imbriquées.

L’exemple qui suit utilise, pour aligner la portée d’ossia, la propriété alignAboveContext. Cette méthode est tout à fait appropriée lorsqu’il y a un nombre restreint d’ossias.

\new Staff = "main" \relative c'' {
  c4 b d c
  <<
    { c4 b d c }

    \new Staff \with {
      \remove "Time_signature_engraver"
      alignAboveContext = #"main"
      fontSize = #-3
      \override StaffSymbol.staff-space = #(magstep -3)
      \override StaffSymbol.thickness = #(magstep -3)
      firstClef = ##f
    }
    { e4 d f e }
  >>
  c4 b c2
}

[image of music]

Dans le cas où de nombreux et courts fragments d’ossia affecteraient une même portée, il est judicieux de créer un contexte Staff vide auquel sera attribué un identifiant. Il suffira alors, pour entamer un fragment d’ossia, de « faire appel » à ce contexte grâce aux commandes \startStaff et \stopStaff. Vous vous rendrez compte à l’utilisation des avantages que procure cette façon de procéder, bien plus que dans l’exemple suivant.

<<
  \new Staff = "ossia" \with {
    \remove "Time_signature_engraver"
    \hide Clef
    fontSize = #-3
    \override StaffSymbol.staff-space = #(magstep -3)
    \override StaffSymbol.thickness = #(magstep -3)
  }
  { \stopStaff s1*6 }

  \new Staff \relative c' {
    c4 b c2
    <<
      { e4 f e2 }
      \context Staff = "ossia" {
        \startStaff e4 g8 f e2 \stopStaff
      }
    >>
    g4 a g2 \break
    c4 b c2
    <<
      { g4 a g2 }
      \context Staff = "ossia" {
        \startStaff g4 e8 f g2 \stopStaff
      }
    >>
    e4 d c2
  }
>>

[image of music]

Vous pourriez aussi recourir à la commande \Staff \RemoveEmptyStaves pour créer votre portée d’ossia. Cependant, cette méthode reste limitée à l’apparition de ces ossias en début de ligne. Pour plus d’information au sujet de la commande \Staff \RemoveEmptyStaves, reportez-vous au chapitre Masquage de portées.

<<
  \new Staff = "ossia" \with {
    \remove "Time_signature_engraver"
    \hide Clef
    fontSize = #-3
    \override StaffSymbol.staff-space = #(magstep -3)
    \override StaffSymbol.thickness = #(magstep -3)
  } \relative c'' {
    R1*3
    c4 e8 d c2
  }
  \new Staff \relative c' {
    c4 b c2
    e4 f e2
    g4 a g2 \break
    c4 b c2
    g4 a g2
    e4 d c2
  }
>>

\layout {
  \context {
    \Staff \RemoveEmptyStaves
    \override VerticalAxisGroup.remove-first = ##t
  }
}

[image of music]

Morceaux choisis

Positionnement d’une ossia et des paroles

Cet exemple illustre la manière de positionner une portée d’ossia et des paroles à l’aide des propriétés de contexte alignBelowContext et alignAboveContext.

\paper {
  ragged-right = ##t
}

\relative c' <<
  \new Staff = "1" { c4 c s2 }
  \new Staff = "2" { c4 c s2 }
  \new Staff = "3" { c4 c s2 }
  { \skip 2
    <<
      \lyrics {
        \set alignBelowContext = #"1"
        lyrics4 below
      }
      \new Staff \with {
        alignAboveContext = #"3"
        fontSize = #-2
        \override StaffSymbol.staff-space = #(magstep -2)
        \remove "Time_signature_engraver"
      } {
        \tuplet 6/4 {
          \override TextScript.padding = #3
          c8[^"ossia above" d e d e f]
        }
      }
    >>
  }
>>

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : ossia, portée, Frenched staff.

Manuel d’initiation : Expressions musicales imbriquées, Taille des objets, Longueur et épaisseur des objets.

Manuel de notation : Masquage de portées.

Morceaux choisis : Notation sur la portée.

Référence des propriétés internes : StaffSymbol.


Masquage de portées

Désactiver le graveur Staff_symbol_engraver dans un contexte Staff permet de masquer des lignes. La commande \stopStaff aura le même effet.

\new Staff \with {
  \remove "Staff_symbol_engraver"
}
\relative c''' { a8 f e16 d c b a2 }

[image of music]

L’instruction \Staff \RemoveEmptyStaves placée dans un bloc \layout aura pour effet de masquer toute portée qui ne contient rien. Dans les partitions d’orchestre, les portées qui n’ont que des silences sont habituellement masquées afin de gagner de la place. Ce style d’édition s’appelle en anglais « French Score ». Cette fonctionnalité masque et supprime toutes les portées vides d’une partition, hormis celles du premier système.

Note : Une portée est considérée comme vide dès lors qu’elle ne contient que des silences multimesures, des silences visibles ou invisibles (ou d’espacement – les \skip) ou bien une combinaison de ces éléments.

\layout {
  \context {
    \Staff \RemoveEmptyStaves
  }
}

\relative c' <<
  \new Staff {
    e4 f g a \break
    b1 \break
    a4 b c2
  }
  \new Staff {
    c,4 d e f \break
    R1 \break
    f4 g c,2
  }
>>

[image of music]

\Staff \RemoveEmptyStaves permet aussi de gérer des fragments d’ossia attachés à une portée. Pour plus de détails, voir Portées d’ossia.

La commande \VaticanaStaff \RemoveEmptyStaves permet de masquer des portées vides dans les contextes de musique ancienne. Pour des contextes RhythmicStaff, il faudra utiliser \RhythmicStaff \RemoveEmptyStaves.

Commandes prédéfinies

\Staff \RemoveEmptyStaves, \VaticanaStaff \RemoveEmptyStaves, \RhythmicStaff \RemoveEmptyStaves.

Morceaux choisis

Masquage de la première ligne si elle est vide

Par défaut, le premier système comportera absolument toutes les portées. Si vous préférez masquer les portées vides y compris pour le premier système, vous devrez activer la propriété remove-first du VerticalAxisGroup. Mentionnée dans un bloc \layout, cette commande agira de manière globale. Pour qu’elle ne soit effective que pour une portée particulière, vous devrez également spécifier le contexte (Staff pour qu’il ne concerne que la portée en cours) en préfixe de la propriété.

La première ligne inférieure du deuxième StaffGroup est bien présente, pour la simple raison que le réglage en question ne s’applique qu’à la portée dans laquelle il a été inscrit.

\layout {
  \context {
    \Staff \RemoveEmptyStaves
    % To use the setting globally, uncomment the following line:
    % \override VerticalAxisGroup.remove-first = ##t
  }
}
\new StaffGroup <<
  \new Staff \relative c' {
    e4 f g a \break
    c1
  }
  \new Staff {
    % To use the setting globally, comment this line,
    % uncomment the line in the \layout block above
    \override Staff.VerticalAxisGroup.remove-first = ##t
    R1 \break
    R
  }
>>
\new StaffGroup <<
  \new Staff \relative c' {
    e4 f g a \break
    c1
  }
  \new Staff {
    R1 \break
    R
  }
>>

[image of music]

Voir aussi

Glossaire musicologique : Frenched staff.

Manuel d’initiation: Visibilité et couleur des objets.

Manuel de notation : Modification des réglages par défaut d’un contexte, Symbole de la portée, Portées d’ossia, Dictée à trous, Silences invisibles, Visibilité des objets.

Morceaux choisis : Notation sur la portée.

Référence des propriétés internes : ChordNames, FiguredBass, Lyrics, Staff, VerticalAxisGroup, Staff_symbol_engraver.

Problèmes connus et avertissements

Supprimer le Staff_symbol_engraver aura pour effet de masquer les barres de mesure. Forcer leur visibilité peut entraîner des problèmes de formatage. En pareil cas il vaut mieux, au lieu de supprimer le graveur, recourir aux dérogations suivantes :

\omit StaffSymbol
\override NoteHead.no-ledgers = ##t

En ce qui concerne les désagréments et messages liés à l’utilisation de l’instruction \Staff \RemoveEmptyStaves, consultez Modification des réglages par défaut d’un contexte.


1.6.3 Écriture de parties séparées

Nous allons voir, au fil des lignes qui suivent, comment insérer des indications de tempo ou des noms d’instrument dans une partition. Nous aborderons aussi la citation d’autres voix, et comment la mettre en forme.


Noms d’instrument

Dans un conducteur, les noms d’instrument sont portés en regard de chacune des portées, qu’il s’agisse d’un contexte Staff, PianoStaff, StaffGroup, GrandStaff ou ChoirStaff . La première ligne affichera la valeur de instrumentName, et les suivantes celle de shortInstrumentName.

\new Staff \with {
  instrumentName = #"Violin "
  shortInstrumentName = #"Vln. "
}
{ c4.. g'16 c4.. g'16 \break | c1 }

[image of music]

Le recours à la commande \markup permet de construire des noms d’instrument particuliers, tels que

\new Staff \with {
  instrumentName = \markup {
    \column { "Clarinetti"
      \line { "in B" \smaller \flat }
    }
  }
}
{ c4 c,16 d e f g2 }

[image of music]

Lorsque plusieurs contextes de portée sont regroupés, les noms d’instrument, que ce soit sous leur forme développée ou abrégée, sont par défaut centrés. Si l’un d’entre eux est libellé sur plusieurs lignes, il faudra recourir à l’instruction \center-column :

<<
  \new Staff \with {
    instrumentName = #"Flute"
  }
  { f2 g4 f }
  \new Staff \with {
    instrumentName = \markup {
      \center-column { "Clarinet"
      \line { "in B" \smaller \flat }
      }
    }
  }
  { c4 b c2 }
>>

[image of music]

Lorsque le nom d’un instrument est relativement long, il est judicieux d’augmenter les retraits – indent – au sein du bloc \layout à l’aide des commandes indent et short-indent. Pour plus de plus amples détails sur ces réglages, reportez-vous au chapitre Variables d’indentation et de décalage.

\relative c'' {
  <<
    \new Staff \with {
      instrumentName = #"Alto Flute in G"
      shortInstrumentName = #"Flt."
    }
    {
      f2 g4 f \break
      g4 f g2
    }
    \new Staff \with {
      instrumentName = #"Clarinet"
      shortInstrumentName = #"Clar."
    }
    {
      c,4 b c2 \break
      c2 b4 c
    }
  >>
}

\layout {
  indent = 3.0\cm
  short-indent = 1.5\cm
}

[image of music]

Des noms d’instrument peuvent s’utiliser dans d’autres contextes, tels que ChordNames ou FiguredBass, dès lors qu’on leur adjoint le graveur Instrument_name_engraver. Pour de plus amples informations sur la manière d’activer ou désactiver un graveur, voir Modification des greffons de contexte.

Vous pouvez changer le nom d’un instrument en cours de morceau. Notez cependant que la valeur de instrumentName ne s’affichera que sur la première portée :

\new Staff \with {
  instrumentName = #"Flute"
  shortInstrumentName = #"Flt."
}
{
  c1 c c c \break
  c1 c c c \break
  \set Staff.instrumentName = #"Clarinet"
  \set Staff.shortInstrumentName = #"Clt."
  c1 c c c \break
  c1 c c c \break
}

[image of music]

Lorsqu’un musicien doit changer d’instrument – piccolo et flûte, basson et contrebasson –, la commande \addInstrumentDefinition, couplée à l’instruction \instrumentSwitch permet de spécifier en détail les modifications intervenant lors du changement. La commande \addInstrumentDefinition prend deux arguments : une chaîne de caractères qui servira d’identifiant, et une liste d’association de valeurs aux propriétés de ce nouvel instrument. Ces définitions devront être déclarées avant tout autre élément musical. L’instruction \instrumentSwitch se placera dans la musique au moment de la substitution :

\addInstrumentDefinition #"contrabassoon"
  #`((instrumentTransposition . ,(ly:make-pitch -1 0 0))
     (shortInstrumentName . "Cbsn.")
     (clefGlyph . "clefs.F")
     (middleCPosition . 6)
     (clefPosition . 2)
     (instrumentCueName . ,(make-bold-markup "cbsn."))
     (midiInstrument . "bassoon"))

\new Staff \with {
  instrumentName = #"Bassoon"
}
\relative c' {
  \clef tenor
  \compressFullBarRests
  c2 g'
  R1*16
  \instrumentSwitch "contrabassoon"
  c,,2 g \break
  c,1 ~ | 1
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Variables d’indentation et de décalage, Modification des greffons de contexte.

Morceaux choisis : Notation sur la portée.

Référence des propriétés internes : InstrumentName, PianoStaff, Staff.


Citation d’autres voix

Il est assez courant qu’une voix soit doublée par une autre. Par exemple, les premiers et seconds violons peuvent jouer les mêmes notes durant un moment. LilyPond gère parfaitement ces situations où une voix est la réplique d’une autre, sans devoir ressaisir la musique en question.

L’instruction \addQuote, placée au niveau le plus haut – c’est à dire en dehors de tout bloc de musique – définit la musique dont il sera possible de répliquer des fragments.

Au cours d’une partie, des extraits de répliques peuvent être cités en utilisant la commande \quoteDuring. Cette commande prend deux arguments : le nom de la voix reproduite, tel que défini par \addQuote, et une expression musicale qui indique la durée de cette citation.

fluteNotes = \relative c'' {
  a4 gis g gis | b4^"quoted" r8 ais\p a4( f)
}

oboeNotes = \relative c'' {
  c4 cis c b \quoteDuring #"flute" { s1 }
}

\addQuote "flute" { \fluteNotes }

\score {
  <<
    \new Staff \with { instrumentName = "Flute" } \fluteNotes
    \new Staff \with { instrumentName = "Oboe" } \oboeNotes
  >>
}

[image of music]

Si l’expression musicale utilisée pour \quoteDuring contenait autre chose que du silence, il en résulterait une situation polyphonique, ce qui n’est pas le but recherché :

fluteNotes = \relative c'' {
  a4 gis g gis | b4^"quoted" r8 ais\p a4( f)
 }

oboeNotes = \relative c'' {
  c4 cis c b \quoteDuring #"flute" { e4 r8 ais b4 a }
}

\addQuote "flute" { \fluteNotes }

\score {
  <<
    \new Staff \with { instrumentName = "Flute" } \fluteNotes
    \new Staff \with { instrumentName = "Oboe" } \oboeNotes
  >>
}

[image of music]

L’instruction \quoteDuring prendra en compte les réglages d’une commande \transposition, qu’elle apparaisse au niveau de la voix répliquée ou dans celle qui réplique.

clarinetNotes = \relative c'' {
  \transposition bes
  \key d \major
  b4 ais a ais | cis4^"quoted" r8 bis\p b4( f)
}

oboeNotes = \relative c'' {
  c4 cis c b \quoteDuring #"clarinet" { s1 }
 }
\addQuote "clarinet" { \clarinetNotes }
 
\score {
  <<
    \new Staff \with { instrumentName = "Clarinet" } \clarinetNotes
    \new Staff \with { instrumentName = "Oboe" } \oboeNotes
  >>
}

[image of music]

LilyPond répliquera, par défaut, tous les éléments – articulations, nuances, markups, etc. La propriété quotedEventTypes permet de définir plus précisément quels éléments de la voix originelle seront reproduits.

fluteNotes = \relative c'' {
  a2 g2 |
  b4\<^"quoted" r8 ais a4\f( c->)
 }

oboeNotes = \relative c'' {
  c2. b4 |
  \quoteDuring #"flute" { s1 }
}

\addQuote "flute" { \fluteNotes }

\score {
  <<
    \set Score.quotedEventTypes = #'(note-event articulation-event
                                     crescendo-event rest-event
                                     slur-event dynamic-event)
    \new Staff \with { instrumentName = "Flute" } \fluteNotes
    \new Staff \with { instrumentName = "Oboe" } \oboeNotes
  >>
 }

[image of music]

Les citations peuvent être « balisées » par un nom particulier afin de les utiliser de différentes manières. Pour de plus amples détails à ce propos, consultez le chapitre Utilisation de balises.

Voir aussi

Manuel de notation : Instruments transpositeurs, Utilisation de balises.

Fichiers d’initialisation : ‘scm/define-event-classes.scm’.

Morceaux choisis : Notation sur la portée.

Référence des propriétés internes : Music classes, QuoteMusic, Voice.

Problèmes connus et avertissements

Seul le contenu de la première Voice rencontrée dans la partie marquée d’une commande \addQuote pourra être retenu. Par voie de conséquence, musique ne saurait comprendre de \new ou une instance \context Voice qui la ferait passer à une autre voix.

Citer des notes d’ornement ne fonctionne pas, et peut même entraîner un blocage de LilyPond.

Citer des triolets imbriqués peut entraîner un résultat de piètre qualité.


Mise en forme d’une citation

Le moyen le plus simple pour mettre en forme des notes provenant d’une autre voix consiste à déclarer explicitement un contexte CueVoice au sein de la voix où elle apparaît.

R1
<<
  { e2\rest r4. e8 }
  \new CueVoice {
    \stemUp d'8^"flute" c d e fis2
  }
>>
d,4 r a r

[image of music]

L’instruction \cueClef, utilisée conjointement à un contexte CueVoice explicite permet d’indiquer la clef, dans une taille réduite, propre à la voix citée. Le retour à la clef d’origine s’effectue à l’aide de l’instruction \cueClefUnset.

\clef "bass"
R1
<<
  { e2\rest r4. \cueClefUnset e,8 }
  \new CueVoice {
    \cueClef "treble" \stemUp d''8^"flute" c d e fis2
  }
>>
d,,4 r a r

[image of music]

Notez que les deux instructions \cueClef et \cueClefUnset sont disponibles si nécessaire en dehors d’un CueVoice.

\clef "bass"
R1
\cueClef "treble"
d'8^"flute" c d e fis2
\cueClefUnset
d,,4 r a r

[image of music]

Lorsque la situation est plus complexe, instrument transpositeur ou citations de plusieurs sources, vous disposez des instructions \cueDuring et \cueDuringWithClef, versions spécifiques de la commande \quoteDuring – voir la rubrique précédente (Citation d’autres voix).

Leur syntaxe est :

\cueDuring #origine #position #musique

et

\cueDuringWithClef #origine #position #clef #musique

Des mesures issues de la partie d’origine seront recopiées dans un contexte de CueVoice et synchronisées avec musique – habituellement un silence. L’apparition des petites notes initialise une polyphonie temporaire pour la portée concernée. L’argument position détermine si ces petites notes seront attachées à la première ou à la seconde voix – UP pour la première, DOWN pour la seconde.

fluteNotes = \relative c'' {
  r2. c4 | d8 c d e fis2 | g2 d |
}

oboeNotes = \relative c'' {
  R1
  \new CueVoice { \set instrumentCueName = "flute" }
  \cueDuring #"flute" #UP { R1 }
  g2 c,
}

\addQuote "flute" { \fluteNotes }

\new Staff {
  \oboeNotes
}

[image of music]

La propriété quotedCueEventTypes permet de définir précisément quels éléments de la voix originelle seront reproduits. Sa valeur par défaut est '(note-event rest-event tie-event beam-event tuplet-span-event). LilyPond reproduira donc les notes, silences, liaisons de prolongation, ligatures et nolets, mais pas les articulations, annotations ni nuances.

Note : Dans l’exemple précédent, il était nécessaire de déclarer explicitement le contexte Voice, sinon l’intégralité de l’expression musicale se serait retrouvée dans le contexte CueVoice.

oboeNotes = \relative c'' {
  r2 r8 d16(\f f e g f a)
  g8 g16 g g2.
}
\addQuote "oboe" { \oboeNotes }

\new Voice \relative c'' {
  \set Score.quotedCueEventTypes = #'(note-event rest-event tie-event
                                      beam-event tuplet-span-event
                                      dynamic-event slur-event)
  \cueDuring #"oboe" #UP { R1 }
  g2 c,
}

[image of music]

Le nom de l’instrument qui est répliqué sera imprimé dès lors qu’aura été définie la propriété instrumentCueName d’un contexte CueVoice temporaire. Le positionnement et le style adopté par instrumentCueName dépendent de l’objet InstrumentSwitch – voir Noms d’instrument. Par ailleurs, si la citation nécessite l’apparition d’une clef différente, celle-ci devra être introduite manuellement, tout comme l’originale qui devra être rappelée en fin de citation.

fluteNotes = \relative c'' {
  r2. c4 d8 c d e fis2 g2 d2
}

bassoonNotes = \relative c {
  \clef bass
  R1
  \clef treble
  \new CueVoice { \set instrumentCueName = "flute" }
  \cueDuring #"flute" #UP { R1 }
  \clef bass
  g4. b8 d2
}

\addQuote "flute" { \fluteNotes }

\new Staff {
  \bassoonNotes
}

[image of music]

L’instruction \cueDuringWithClef se chargera quant à elle, et grâce à un argument supplémentaire, de gérer le changement de clef nécessaire à la citation et le retour à la clef originelle.

fluteNotes = \relative c'' {
  r2. c4 d8 c d e fis2 g2 d2
}

bassoonNotes = \relative c {
  \clef bass
  R1
  \new CueVoice { \set instrumentCueName = "flute" }
  \cueDuringWithClef #"flute" #UP #"treble" { R1 }
  g4. b8 d2
}

\addQuote "flute" { \fluteNotes }

\new Staff {
  \bassoonNotes
}

[image of music]

L’instruction \cueDuring, à l’instar de la commande \quoteDuring, tient compte des instruments transpositeurs. La citation s’effectue aux hauteurs correspondant à l’instrument où elles apparaissent.

L’instruction \transposedCueDuring est particulièrement adaptée pour des instrument ayant une tessiture éloignée, comme dans le cas d’un piccolo cité dans une partie de clarinette basse. Sa syntaxe est identique à celle de \cueDuring, à ceci près qu’elle nécessite un argument supplémentaire afin de spécifier la transposition à effectuer en hauteur absolue.

piccoloNotes = \relative c''' {
  \clef "treble^8"
  R1
  c8 c c e g2
  c4 g g2
}

bassClarinetNotes = \relative c' {
  \key d \major
  \transposition bes,
  d4 r a r
  \transposedCueDuring #"piccolo" #UP d { R1 }
  d4 r a r
}

\addQuote "piccolo" { \piccoloNotes }

<<
  \new Staff \piccoloNotes
  \new Staff \bassClarinetNotes
>>

[image of music]

La commande killCues permet de supprimer les notes d’une citation. Ceci est utile lorsque cette citation n’est pas imprimée dans le conducteur entre autres. killCues supprimera les notes et autres événements pris en charge par \cueDuring. Pour les autres annotations telles que changement de clef ou instrument concerné, faites appel à des balises – voir Utilisation de balises à ce sujet.

fluteNotes = \relative c'' {
  r2. c4 d8 c d e fis2 g2 d2
}

bassoonNotes = \relative c {
  \clef bass
  R1
  \tag #'part {
    \clef treble
    \new CueVoice { \set instrumentCueName = "flute" }
  }
  \cueDuring #"flute" #UP { R1 }
  \tag #'part \clef bass
  g4. b8 d2
}

\addQuote "flute" { \fluteNotes }

\new Staff {
  \bassoonNotes
}

\new StaffGroup <<
  \new Staff {
    \fluteNotes
  }
  \new Staff {
    \removeWithTag #'part { \killCues { \bassoonNotes } }
  }
>>

[image of music]

Lorsque la citation comporte une étiquette indiquant l’instrument qui joue et un changement de clef, ces éléments peuvent se regrouper à l’aide de la commande \addInstrumentDefinition. Pour plus d’information, reportez-vous au chapitre Noms d’instrument.

Voir aussi

Manuel de notation : Citation d’autres voix, Instruments transpositeurs, Noms d’instrument, Clefs, Citation-repère, Utilisation de balises.

Morceaux choisis : Notation sur la portée.

Référence des propriétés internes : CueVoice, Voice.

Problèmes connus et avertissements

La commande \cueDuring ne sait pas gérer les collisions de silence entre les contextes Voice et CueVoice.

Dans le cadre d’un \cueDuringWithClef ou d’un \transposedCueDuring, l’argument supplémentaire doit intervenir après l’origine et la position.


1.7 Annotations éditoriales

[image of music]

Ce chapitre traite de la manière de modifier l’apparence des notes dans un but pédagogique ou d’analyse.


1.7.1 Dans la portée

Nous allons voir ici comment mettre en exergue certains éléments à l’intérieur même de la portée.


Indication de la taille de fonte musicale

Le plus sûr moyen de régler la taille de la police, quel que soit le contexte, consiste à définir la propriété fontSize. Ceci ne modifiera en rien la taille des différents symboles tels que ligatures ou liaisons.

Note : En matière de taille des éléments textuels, référez-vous au chapitre Sélection de la fonte et de la taille.

\huge
c4.-> d8---3
\large
c4.-> d8---3
\normalsize
c4.-> d8---3
\small
c4.-> d8---3
\tiny
c4.-> d8---3
\teeny
c4.-> d8---3

[image of music]

En interne, la propriété fontSize d’un contexte aura pour effet de définir la propriété font-size pour tous les objets de rendu. La valeur de font-size est un entier représentant la taille proportionnellement à la hauteur standard de la portée en cours. Chaque incrément correspond à une augmentation d’environ 12 % de la taille de la police. Un pas de six aboutit exactement au doublement de la taille. La fonction Scheme magstep convertit le nombre affecté à font-size en facteur d’échelle. Vous pouvez aussi définir directement la propriété font-size de manière à n’affecter seulement que certains objets de rendu.

\set fontSize = #3
c4.-> d8---3
\override NoteHead.font-size = #-4
c4.-> d8---3
\override Script.font-size = #2
c4.-> d8---3
\override Stem.font-size = #-5
c4.-> d8---3

[image of music]

Pour changer la taille des caractères, LilyPond met à l’échelle la fonte dont la taille est la plus proche de la taille voulue. La taille standard (pour laquelle font-size = #0) dépend de la hauteur de la portée. À une portée de 20 points correspond une police de 10 points.

La propriété font-size ne peut intervenir que pour les objets qui utilisent des polices, autrement dit ceux qui disposent de l’interface de rendu font-interface.

Commandes prédéfinies

\teeny, \tiny, \small, \normalsize, \large, \huge.

Voir aussi

Morceaux choisis : Annotations éditoriales.

Référence des propriétés internes : font-interface.


Doigtés

Les doigtés peuvent être indiqués comme suit : note-chiffre_du_doigt

c4-1 d-2 f-4 e-3

[image of music]

Pour les substitutions de doigts, on a recours à une indication textuelle (commande \markup) de doigté (commande \finger).

c4-1 d-2 f\finger \markup \tied-lyric #"4~3" c\finger "2 - 3"

[image of music]

La commande \thumb peut être utilisée pour indiquer, par exemple dans une partition de violoncelle, si une note doit être jouée avec le pouce (thumb en anglais).

<a_\thumb a'-3>2 <b_\thumb b'-3>

[image of music]

Les doigtés des accords peuvent être saisis note par note, en les indiquant après chaque hauteur de note.

<c-1 e-2 g-3 b-5>2 <d-1 f-2 a-3 c-5>

[image of music]

Les indications de doigtés peuvent se placer au-dessus ou en dessous de la portée – voir Direction et positionnement à ce sujet.

Morceaux choisis

Contrôler la position des doigtés dans un accord

Le positionnement des doigtés peut être contrôlé de manière très précise. Afin que l’orientation soit prise en compte, il est nécessaire d’utiliser une syntaxe d’accord < >, même s’il ne s’agit que d’une seule note.

\relative c' {
  \set fingeringOrientations = #'(left)
  <c-1 e-3 a-5>4
  \set fingeringOrientations = #'(down)
  <c-1 e-3 a-5>4
  \set fingeringOrientations = #'(down right up)
  <c-1 e-3 a-5>4
  \set fingeringOrientations = #'(up)
  <c-1 e-3 a-5>4
  \set fingeringOrientations = #'(left)
  <c-1>2
  \set fingeringOrientations = #'(down)
  <e-3>2
}

[image of music]

Impression des doigtés à l’intérieur de la portée

L’empilement des indications de doigté se fait par défaut à l’extérieur de la portée. Néanmoins, il est possible d’annuler ce comportement.

\relative c' {
  <c-1 e-2 g-3 b-5>2
  \override Fingering.staff-padding = #'()
  <c-1 e-2 g-3 b-5>4 <g'-0>
}

[image of music]

Évitement de collision des doigtés d’un accord

Doigtés et numéros de corde, lorsque affectés à des notes individuelles, évitent les hampes et ligatures. Cette fonctionnalité n’est pas activée par défaut en ce qui concerne les notes appartenant à un accord. Voici comment mettre en place la dérogation appropriée en pareil cas.

\relative c' {
  \set fingeringOrientations = #'(up)
  \set stringNumberOrientations = #'(up)
  \set strokeFingerOrientations = #'(up)

  % Default behavior
  r8
  <f c'-5>8
  <f c'\5>8
  <f c'-\rightHandFinger #2 >8

  % Corrected to avoid collisions
  r8
  \override Fingering.add-stem-support = ##t
  <f c'-5>8
  \override StringNumber.add-stem-support = ##t
  <f c'\5>8
  \override StrokeFinger.add-stem-support = ##t
  <f c'-\rightHandFinger #2 >8
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Direction et positionnement.

Morceaux choisis : Annotations éditoriales.

Référence des propriétés internes : FingeringEvent, fingering-event, Fingering_engraver, New_fingering_engraver, Fingering.


Dictée à trous

Les notes masquées – ou invisibles ou encore transparentes – sont utiles dans le cadre d’exercices de théorie ou de composition.

c4 d
\hideNotes
e4 f
\unHideNotes
g a
\hideNotes
b
\unHideNotes
c

[image of music]

Têtes de note, hampes, crochets et silences sont invisibles. Une ligature sera invisible si elle démarre sur une note invisible. Les objets de notation attachés à une note invisible ne seront pas masqués pour autant.

e8(\p f g a)--
\hideNotes
e8(\p f g a)--

[image of music]

Commandes prédéfinies

\hideNotes, \unHideNotes.

Voir aussi

Manuel d’initiation : Visibilité et couleur des objets.

Manuel de notation : Silences invisibles, Visibilité des objets, Masquage de portées.

Morceaux choisis : Annotations éditoriales.

Référence des propriétés internes : Note_spacing_engraver, NoteSpacing.


Coloration d’objets

Des objets peuvent être colorisés individuellement. Une listes des noms des couleurs disponibles se trouvent à l’annexe Liste des couleurs.

\override NoteHead.color = #red
c4 c
\override NoteHead.color = #(x11-color 'LimeGreen)
d
\override Stem.color = #blue
e

[image of music]

L’intégralité de la palette des couleurs définies pour X11 est accessible par la fonction Scheme x11-color. Cette fonction prend en argument une expression symbolique de la forme 'TaraTata ou bien une chaîne de caractères comme "TaraTata". La première formulation est à la fois plus rapide à écrire et aussi plus efficace. Néanmoins, la deuxième forme permet d’accéder aux noms composés des couleurs de X11.

Lorsque la fonction x11-color ne trouve pas le paramètre fourni, elle revient à la couleur par défaut, le noir. Le problème ressort de façon évidente au vu de la partition finale.

\override Staff.StaffSymbol.color = #(x11-color 'SlateBlue2)
\set Staff.instrumentName = \markup {
  \with-color #(x11-color 'navy) "Clarinet"
}

gis8 a
\override Beam.color = #(x11-color "medium turquoise")
gis a
\override Accidental.color = #(x11-color 'DarkRed)
gis a
\override NoteHead.color = #(x11-color "LimeGreen")
gis a
% this is deliberate nonsense; note that the stems remain black
\override Stem.color = #(x11-color 'Boggle)
b2 cis

[image of music]

Un autre moyen consiste à fournir à la fonction Scheme rgb-color les composantes de la couleur exacte au format rouge-vert-bleu (RGB) – chacune étant exprimée en en fraction de 256 (le 0.5 de l’exemple suivant correspond à 128).

\override Staff.StaffSymbol.color = #(x11-color 'SlateBlue2)
\set Staff.instrumentName = \markup {
  \with-color #(x11-color 'navy) "Clarinet"
}

\override Stem.color = #(rgb-color 0 0 0)
gis8 a
\override Stem.color = #(rgb-color 1 1 1)
gis8 a
\override Stem.color = #(rgb-color 0 0 0.5)
gis4 a

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Liste des couleurs, La commande d’affinage \tweak.

Morceaux choisis : Annotations éditoriales.

Problèmes connus et avertissements

Une couleur x11 n’aura pas forcément le même rendu qu’une couleur normale ayant un nom similaire.

Les couleurs de X11 ne sont pas toutes perceptibles dans un navigateur internet. Aussi nous vous recommandons, dans le cadre d’une présentation multimédia, d’utiliser des couleurs de base blue, green, red – bleu, vert, rouge.

Vous ne pouvez pas coloriser des notes à l’intérieur d’un accord avec \override. Si besoin est, utilisez \tweak. Pour plus de détails, consultez La commande d’affinage \tweak.


Parenthèses

Des objets peuvent être mis entre parenthèses en saisissant \parenthesize juste avant l’événement musical. Si l’instruction préfixe un accord, chaque note le composant se présentera entre parenthèses. Vous pouvez aussi mettre individuellement entre parenthèses les notes d’un accord.

c2 \parenthesize d
c2 \parenthesize <c e g>
c2 <c \parenthesize e g>

[image of music]

Les objets autres que des notes peuvent aussi être entre parenthèses. En ce qui concerne les articulations, l’instruction \parenthesize doit cependant être précédée d’un tiret.

c2-\parenthesize -. d
c2 \parenthesize r

[image of music]

Voir aussi

Morceaux choisis : Annotations éditoriales.

Référence des propriétés internes : Parenthesis_engraver, ParenthesesItem, parentheses-interface.

Problèmes connus et avertissements

Lorsqu’un accord est mis entre parenthèses, celles-ci s’appliquent individuellement à chacune des notes le composant, alors qu’on attendrait une seule paire de parenthèses encadrant tout l’accord.


Hampes

Dès qu’une note est rencontrée, un objet Stem se crée automatiquement. Pour les rondes et les silences, ils sont aussi créés, mais en mode invisible.

L’orientation des hampes peut être définie manuellement – voir Direction et positionnement à ce sujet.

Commandes prédéfinies

\stemUp, \stemDown, \stemNeutral.

Morceaux choisis

Direction par défaut des hampes de la ligne médiane

La direction des hampes des notes placées sur la ligne médiane de la portée est gérée par la propriété neutral-direction de l’objet Stem.

\relative c'' {
  a4 b c b
  \override Stem.neutral-direction = #up
  a4 b c b
  \override Stem.neutral-direction = #down
  a4 b c b
}

[image of music]

Changement automatique de l’orientation de hampe de la note médiane selon la mélodie

Afin de suivre la ligne mélodique, LilyPond peut inverser l’orientation de hampe de la note médiane, dès lors qu’aura été ajouté au contexte de voix le graveur Melody_engraver et adaptée la propriété neutral-direction de l’objet Stem.

\relative c'' {
  \time 3/4
  \autoBeamOff
  a8 b g f b g |
  c b d c b c
}

\layout {
  \context {
    \Voice
    \consists "Melody_engraver"
    \override Stem.neutral-direction = #'()
  }
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Direction et positionnement.

Morceaux choisis : Annotations éditoriales.

Référence des propriétés internes : Stem_engraver, Stem, stem-interface.


1.7.2 Hors de la portée

Nous allons nous intéresser ici à souligner des éléments inscrits dans la portée par des éléments qui lui seront externes.


Info-bulle

Vous pouvez marquer et nommer des éléments de notation à l’aide de bulles. L’objectif premier de cette fonctionnalité est d’expliquer la notation.

En voici un exemple :

\new Voice \with { \consists "Balloon_engraver" }
{
  \balloonGrobText #'Stem #'(3 . 4) \markup { "Je suis une hampe" }
  a8
  \balloonGrobText #'Rest #'(-4 . -4) \markup { "Je suis un silence" }
  r
  <c, g'-\balloonText #'(-2 . -2) \markup { "Je suis une tête de note" } c>2.
}

[image of music]

Vous disposez de deux fonctions musicales, balloonGrobText et balloonText. balloonGrobText prend en argument l’objet graphique à agrémenter et s’utilise comme \once \override. balloonText, quant à lui, s’utilise comme une simple articulation et fonctionne comme \tweak pour attacher du texte à l’une des notes d’un accord. Les autres arguments sont le décalage et le texte de la bulle.

Les info-bulles n’ont aucune influence sur l’espacement des notes ; on peut toutefois le gérer ainsi :

\new Voice \with { \consists "Balloon_engraver" }
{
  \balloonGrobText #'Stem #'(3 . 4) \markup { "Je suis une hampe" }
  a8
  \balloonGrobText #'Rest #'(-4 . -4) \markup { "Je suis un silence" }
  r
  \balloonLengthOn
  <c, g'-\balloonText #'(-2 . -2) \markup { "Je suis une tête de note" } c>2.
}

[image of music]

Commandes prédéfinies

\balloonLengthOn, \balloonLengthOff.

Voir aussi

Morceaux choisis : Annotations éditoriales.

Référence des propriétés internes : Balloon_engraver, BalloonTextItem, balloon-interface.


Quadrillage temporel

Vous pouvez tracer des lignes entre les portées, synchronisées avec les notes.

LilyPond a recours à deux graveurs distincts afin d’afficher le quadrillage : le Grid_point_engraver se charge de déterminer l’envergure du crochet, alors que le Grid_line_span_engraver se consacrera au tracé des lignes. Les lignes sont par défaut centrées horizontalement sous les notes et alignées sur la gauche des têtes. La propriété gridInterval spécifie quant à elle l’espace de temps entre chaque ligne.

\layout {
  \context {
    \Staff
    \consists "Grid_point_engraver" %% active les guides
    gridInterval = #(ly:make-moment 1/4)
  }
  \context {
    \Score
    \consists "Grid_line_span_engraver"
     %% centre les lignes guides horizontalement sous les notes
  }
}

\score {
  \new ChoirStaff <<
    \new Staff \relative c'' {
      \stemUp
      c'4. d8 e8 f g4
    }
    \new Staff \relative c {
    %% centre les lignes guides verticalement
      \clef bass
      \stemDown
      c4  g'  f  e
    }
  >>
}

[image of music]

Morceaux choisis

Apparence du quadrillage temporel

Modifier certaines des propriétés du quadrillage temporel aura pour effet d’en changer l’apparence.

\score {
  \new ChoirStaff <<
    \new Staff {
      \relative c'' {
        \stemUp
        c'4. d8 e8 f g4
      }
    }
    \new Staff {
      \relative c {
        % this moves them up one staff space from the default position
        \override Score.GridLine.extra-offset = #'(0.0 . 1.0)
        \stemDown
        \clef bass
        \once \override Score.GridLine.thickness = #5.0
        c4
        \once \override Score.GridLine.thickness = #1.0
        g'4
        \once \override Score.GridLine.thickness = #3.0
        f4
        \once \override Score.GridLine.thickness = #5.0
        e4
      }
    }
  >>
  \layout {
    \context {
      \Staff
      % set up grids
      \consists "Grid_point_engraver"
      % set the grid interval to one quarter note
      gridInterval = #(ly:make-moment 1/4)
    }
    \context {
      \Score
      \consists "Grid_line_span_engraver"
      % this moves them to the right half a staff space
      \override NoteColumn.X-offset = #-0.5
    }
  }
}

[image of music]

Voir aussi

Morceaux choisis : Annotations éditoriales.

Référence des propriétés internes : Grid_line_span_engraver, Grid_point_engraver, GridLine, GridPoint, grid-line-interface, grid-point-interface.


Crochets d’analyse

On utilise des crochets en analyse musicale, pour indiquer la structure d’une pièce.

\layout {
  \context {
    \Voice
    \consists "Horizontal_bracket_engraver"
  }
}
\relative c'' {
  c2\startGroup
  d\stopGroup
}

[image of music]

Les crochets d’analyses sont susceptibles d’être imbriqués :

\layout {
  \context {
    \Voice
    \consists "Horizontal_bracket_engraver"
  }
}
\relative c'' {
  c4\startGroup\startGroup
  d4\stopGroup
  e4\startGroup
  d4\stopGroup\stopGroup
}

[image of music]

Voir aussi

Morceaux choisis : Annotations éditoriales.

Référence des propriétés internes : Horizontal_bracket_engraver, HorizontalBracket, horizontal-bracket-interface, Staff.


1.8 Texte

[image of music]

Nous allons voir ici comment insérer du texte dans une partition, ainsi que différentes manières de le mettre en forme.

Certains éléments de texte ne sont pas abordés ici mais dans des chapitres qui leur sont dédiés. C’est le cas de la Musique vocale et des Titres et entêtes.


1.8.1 Ajout de texte

Cette partie constitue une introduction aux différentes manières d’ajouter du texte à une partition.

Note : Pour écrire des accents et autres caractères spéciaux, il suffit de les insérer directement dans votre fichier LilyPond. Ce fichier devra être sauvegardé avec l’encodage UTF-8. Pour plus d’informations, voir Codage du texte.


Commentaires textuels

Vous pouvez ajouter à une partition des indications sous forme textuelle, comme dans l’exemple suivant. Ces indications se placeront manuellement au-dessus ou au-dessous de la portée selon la syntaxe utilisée – cf. Direction et positionnement.

a8^"pizz." g f e a4-"scherz." f

[image of music]

Cette syntaxe est en fait un raccourci. Des constructions plus élaborées d’annotation peuvent être obtenues en ayant recours à un bloc \markup et selon les préceptes énoncés dans Mise en forme du texte.

a8^\markup { \italic pizz. } g f e
a4_\markup { \tiny scherz. \bold molto } f

[image of music]

Par défaut, ces indications n’affectent en rien l’espacement des notes. Leur longueur peut néanmoins être prise en considération : dans l’exemple qui suit, le premier commentaire n’influe pas sur l’espacement, à l’inverse du second.

a8^"pizz." g f e
\textLengthOn
a4_"scherzando" f

[image of music]

En plus d’indications textuelles, les notes peuvent se voir attacher des articulations, comme indiqué au chapitre Articulations et ornements.

Pour de plus amples détails sur la manière de combiner indications textuelles et articulations, reportez-vous au chapitre Positionnement des objets.

Commandes prédéfinies

\textLengthOn, \textLengthOff.

Voir aussi

Manuel d’initiation : Positionnement des objets.

Manuel de notation : Mise en forme du texte, Direction et positionnement, Articulations et ornements.

Morceaux choisis : Texte.

Référence des propriétés internes : TextScript.

Problèmes connus et avertissements

S’assurer que tous les éléments textuels et les paroles respectent les marges du document requiert des calculs relativement lourds ; vous pouvez toutefois vous en affranchir en ajoutant

\override Score.PaperColumn.keep-inside-line = ##f

Indication textuelle avec extension

Certaines indications d’interprétation comme rallentando, accelerando ou trilles, s’inscrivent textuellement et se prolongent sur plusieurs notes à l’aide d’une ligne pleine, pointillée ou ondulée. Ces objets, que l’on appelle « extenseurs », se dessinent entre deux notes à l’aide de la syntaxe suivante :

\override TextSpanner.bound-details.left.text = "rit."
b1\startTextSpan
e,\stopTextSpan

[image of music]

Le texte à imprimer est spécifié en tant que propriété de l’objet TextSpanner. Il apparaîtra par défaut en italique ; cependant, rien ne s’oppose à un autre graphisme dès lors que vous faites appel à un bloc \markup – voir Mise en forme du texte.

\override TextSpanner.bound-details.left.text =
  \markup { \upright "rit." }
b1\startTextSpan c
e,\stopTextSpan

[image of music]

Le style de ligne se définit lui aussi comme une propriété de l’objet. Les détails concernant la syntaxe à utiliser sont expliqués au chapitre Styles de ligne.

Commandes prédéfinies

\textSpannerUp, \textSpannerDown, \textSpannerNeutral.

Morceaux choisis

Extensions de nuance postfix

Les lignes d’extension des commandes \cresc, \dim et \decresc peuvent désormais être personnalisées facilement sous forme d’opérateurs postfix. Soufflets et (de)crescendos peuvent cohabiter. \< et \> produiront par défaut des soufflets, alors que \cresc etc. produiront une indication textuelle avec extension.

% Some sample text dynamic spanners, to be used as postfix operators
crpoco =
#(make-music 'CrescendoEvent
             'span-direction START
             'span-type 'text
             'span-text "cresc. poco a poco")

\relative c' {
  c4\cresc d4 e4 f4 |
  g4 a4\! b4\crpoco c4 |
  c4 d4 e4 f4 |
  g4 a4\! b4\< c4 |
  g4\dim a4 b4\decresc c4\!
}

[image of music]

Personnalisation des extenseurs de nuance postfix

Il s’agit de fonctions postfix pour personnaliser l’extension des crescendos textuels. L’extension devrait débuter sur la première note de la mesure. Il faut utiliser -\mycresc – comme une articulation – sous peine que le départ de l’extension n’apparaisse qu’à la note suivante.

% Two functions for (de)crescendo spanners where you can explicitly give the
% spanner text.
mycresc =
#(define-music-function (parser location mymarkup) (markup?)
   (make-music 'CrescendoEvent
               'span-direction START
               'span-type 'text
               'span-text mymarkup))
mydecresc =
#(define-music-function (parser location mymarkup) (markup?)
   (make-music 'DecrescendoEvent
               'span-direction START
               'span-type 'text
               'span-text mymarkup))

\relative c' {
  c4-\mycresc "custom cresc" c4 c4 c4 |
  c4 c4 c4 c4 |
  c4-\mydecresc "custom decresc" c4 c4 c4 |
  c4 c4\! c4 c4
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Styles de ligne, Nuances, Mise en forme du texte.

Morceaux choisis : Texte, Signes d’interprétation.

Référence des propriétés internes : TextSpanner.

Problèmes connus et avertissements

LilyPond ne peut traiter qu’un seul extenseur à la fois par voix.


Indications textuelles

La commande \mark est tout d’abord conçue pour les Indications de repère.

c4
\mark "Allegro"
c c c

[image of music]

Cette syntaxe rend possible l’adjonction de n’importe quel texte à une barre de mesure. Ce texte peut être mis en forme de différentes manières dès lors qu’est utilisé un bloc \markup, comme indiqué au chapitre Mise en forme du texte.

<c e>1
\mark \markup { \italic { colla parte } }
<d f>2 <e g>
<c f aes>1

[image of music]

Elle peut aussi servir à insérer des signes de coda ou de segno, ou bien un point d’orgue, au-dessus d’une barre de mesure. Couplez-la alors à la commande \markup pour avoir accès au symbole approprié, selon les indications contenues au chapitre Notation musicale dans du texte formaté.

<bes f>2 <aes d>
\mark \markup { \musicglyph #"scripts.ufermata" }
<e g>1

[image of music]

Le résultat de \mark n’apparaîtra que sur la portée supérieure d’un système. Si vous introduisez la commande \mark au moment d’une barre de mesure, la marque se placera au-dessus de la barre. Si vous y faites appel au milieu d’une mesure, cette marque sera positionnée entre les notes. Si elle intervient en début de ligne, elle sera placée juste avant la première note de cette portée. Enfin, une marque qui tomberait sur un saut de ligne sera imprimée au début de la ligne suivante.

\mark "Allegro"
c1 c
\mark "assai" \break
c  c

[image of music]

Commandes prédéfinies

\markLengthOn, \markLengthOff.

Morceaux choisis

Indication d’un repère en fin de ligne

Les indications de repère peuvent être imprimées à la fin d’une ligne plutôt qu’en tête de la suivante. L’alignement sur la barre de mesure devra alors s’effectuer par l’extrémité droite de l’indication.

\relative c'' {
  g2 c
  d,2 a'
  \once \override Score.RehearsalMark.break-visibility = #end-of-line-visible
  \once \override Score.RehearsalMark.self-alignment-X = #RIGHT
  \mark "D.C. al Fine"
  \break
  g2 b,
  c1 \bar "||"
}

[image of music]

Impression des indications sur toutes les portées d’un système

Bien que ces indications textuelles ne soient habituellement imprimées qu’au niveau de la portée supérieure d’un système, leur affectation peut être répecutée à chacune des portées.

\score {
  <<
    \new Staff { c''1 \mark "molto" c'' }
    \new Staff { c'1 \mark "molto" c' }
  >>
  \layout {
    \context {
      \Score
      \remove "Mark_engraver"
      \remove "Staff_collecting_engraver"
    }
    \context {
      \Staff
      \consists "Mark_engraver"
      \consists "Staff_collecting_engraver"
    }
  }
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Indications de repère, Mise en forme du texte, Notation musicale dans du texte formaté, La fonte Feta.

Morceaux choisis: Texte.

Référence des propriétés internes : MarkEvent, Mark_engraver, RehearsalMark.


Texte indépendant

Un bloc \markup peut exister en lui-même, indépendamment de tout bloc \score, et venir en préambule par exemple – voir le chapitre Structure de fichier à ce propos.

\markup {
  Tomorrow, and tomorrow, and tomorrow...
}

[image of music]

De cette manière, vous pouvez insérer du texte en dehors de la musique. Ceci devient particulièrement utile lorsque le fichier source contient plusieurs morceaux. Pour plus d’informations à ce propos, reportez-vous au chapitre Plusieurs partitions dans un même ouvrage.

\score {
  c'1
}
\markup {
  Tomorrow, and tomorrow, and tomorrow...
}
\score {
  c'1
}

[image of music]

Les blocs de textes peuvent s’étendre sur plusieurs pages, ce qui permet de générer des ouvrages complets uniquement grâce à LilyPond. Cette fonctionnalité, ainsi que la syntaxe appropriée, est abordée plus en détail au chapitre Texte avec sauts de page.

Commandes prédéfinies

\markup, \markuplist.

Morceaux choisis

Bloc de texte indépendant sur deux colonnes

L’utilisation de la commande \markup permet de distribuer un bloc de texte indépendant sur plusieurs colonnes.

\markup {
  \fill-line {
    \hspace #1
    \column {
      \line { O sacrum convivium }
      \line { in quo Christus sumitur, }
      \line { recolitur memoria passionis ejus, }
      \line { mens impletur gratia, }
      \line { futurae gloriae nobis pignus datur. }
      \line { Amen. }
    }
    \hspace #2
    \column \italic {
      \line { O sacred feast }
      \line { in which Christ is received, }
      \line { the memory of His Passion is renewed, }
      \line { the mind is filled with grace, }
      \line { and a pledge of future glory is given to us. }
      \line { Amen. }
    }
    \hspace #1
  }
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Mise en forme du texte, Structure de fichier, Plusieurs partitions dans un même ouvrage, Texte avec sauts de page.

Morceaux choisis : Texte.

Référence des propriétés internes : TextScript.


1.8.2 Mise en forme du texte

Nous allons voir dans les lignes qui suivent la manière de mettre en forme du texte à l’aide de la syntaxe propre au mode \markup.


Introduction au formatage de texte

La commande \markup permet d’ajouter du texte et dispose de sa propre syntaxe que nous appellerons le « mode markup ».

La syntaxe du mode markup n’est pas différente de celle des autres modes de LilyPond : une expression \markup est bornée par des accolades { … }. Un mot unique sera considéré comme une expression minimale, et n’aura donc pas besoin d’être mis entre accolades.

Contrairement aux indications simples, du type "entre guillemets", les blocs \markup peuvent contenir des expressions imbriquées ou d’autres commandes markup, dès lors qu’elles sont précédées du caractère \. Ces commandes n’affecteront que la première expression qui les suit.

a1-\markup intenso
a2^\markup { poco \italic più forte  }
c e1
d2_\markup { \italic "string. assai" }
e
b1^\markup { \bold { molto \italic  agitato } }
c

[image of music]

Un bloc \markup peut contenir du texte entre guillemets. De telles chaînes seront considérées comme des expressions textuelles minimales ; à ce titre, toute commande de type markup ou tout caractère spécial – tel un \ ou un # – sera imprimé littéralement et sans influer sur le formatage du texte. Il est de ce fait possible d’imprimer des guillemets informatiques " dès lors qu’ils sont précédés d’une oblique inverse.

a1^"\italic markup..."
a_\markup { \italic "... imprime des lettres en \"italique\" !" }
a a

[image of music]

Une liste de mots, pour pouvoir être traitée en tant qu’expression distincte, doit être bornée par des " ou précédée d’une commande. La manière de définir les expressions markup aura une influence sur la manière dont elles seront empilées, centrées ou alignées. Dans l’exemple qui suit, la deuxième expression \markup est traitée tout comme la première :

c1^\markup { \center-column { a bbb c } }
c1^\markup { \center-column { a { bbb c } } }
c1^\markup { \center-column { a \line { bbb c } } }
c1^\markup { \center-column { a "bbb c" } }

[image of music]

Vous pouvez stocker les étiquettes textuelles en tant que variables, et attacher ces identificateurs à des notes, comme ici :

allegro = \markup { \bold \large Allegro }

{
  d''8.^\allegro
  d'16 d'4 r2
}

[image of music]

Pour une liste des différentes commandes spécifiques au mode \markup, consultez l’annexe Commandes pour markup (en anglais).

Voir aussi

Manuel de notation : Commandes pour markup.

Fichiers d’initialisation : ‘scm/markup.scm’.

Morceaux choisis : Texte.

Problèmes connus et avertissements

Les erreurs de syntaxe en mode markup sont peu explicites.


Sélection de la fonte et de la taille

Le mode markup autorise des changements élémentaires de la fonte :

d1^\markup {
  \bold { Più mosso }
  \italic { non troppo \underline Vivo }
}
r2 r4 r8
d,_\markup { \italic quasi \smallCaps Tromba }
f1 d2 r

[image of music]

La taille des caractères se modifie, relativement à la taille globale des portées, de différentes manières.

Vous pouvez adopter l’une des tailles prédéfinies, comme ici :

b1_\markup { \huge Sinfonia }
b1^\markup { \teeny da }
b1-\markup { \normalsize camera }

[image of music]

Vous pouvez la modifier relativement à sa valeur précédente :

b1_\markup { \larger Sinfonia }
b1^\markup { \smaller da }
b1-\markup { \magnify #0.6  camera }

[image of music]

Vous pouvez l’augementer ou la diminuer par rapport à la taille globale de portée :

b1_\markup { \fontsize #-2 Sinfonia }
b1^\markup { \fontsize #1 da }
b1-\markup { \fontsize #3 camera }

[image of music]

Vous pouvez lui attribuer une valeur arbitraire quelle que soit la taille de portée globale :

b1_\markup { \abs-fontsize #20 Sinfonia }
b1^\markup { \abs-fontsize #8 da }
b1-\markup { \abs-fontsize #14 camera }

[image of music]

Vous pouvez imprimer du texte en indice ou en exposant. Celui-ci sera dans une taille plus petite, mais rien ne s’oppose à ce que vous lui affectiez un taille normale :

\markup {
  \column {
    \line { 1 \super st movement }
    \line { 1 \normal-size-super st movement
      \sub { (part two) }  }
  }
}

[image of music]

Le mode markup vous permet de sélectionner d’autres familles de fontes. Par défaut, LilyPond utilise une police avec empattement, du type roman, et tout changement doit être explicite. Dans la dernière ligne de l’exemple qui suit, vous noterez qu’il n’y a aucune différence entre les premier et deuxième mots.

\markup {
  \column {
    \line { Act \number 1 }
    \line { \sans { Scene I. } }
    \line { \typewriter { Verona. An open place. } }
    \line { Enter \roman Valentine and Proteus. }
  }
}

[image of music]

Certaines familles de police spécifiques aux nombres ou aux nuances par exemple, ne disposent pas de tous les caractères, comme nous l’avons vu dans les chapitres Personnalisation des indications de nuance et Indications de reprise manuelles.

Lorsqu’un changement survient au milieu d’un mot, il se peut qu’un espacement supplémentaire apparaisse. Il suffit en pareil cas de concaténer les différents éléments :

\markup {
  \column {
    \line {
      \concat { 1 \super st }
      movement
    }
    \line {
      \concat { \dynamic p , }
      \italic { con dolce espressione }
    }
  }
}

[image of music]

Une liste des différentes commandes permettant de changer de fonte ou d’utiliser des fontes personnalisées est disponible à l’annexe Font.

Pour savoir comment personnaliser des fontes, reportez-vous au chapitre Fontes.

Commandes prédéfinies

\teeny, \tiny, \small, \normalsize, \large, \huge, \smaller, \larger.

Voir aussi

Manuel de notation : Font, Personnalisation des indications de nuance, Indications de reprise manuelles, Fontes.

Fichiers d’initialisation : ‘scm/define-markup-commands.scm’.

Morceaux choisis : Texte.

Référence des propriétés internes : TextScript.

Problèmes connus et avertissements

Le recours aux commandes \teeny, \tiny,\small, \normalsize, \large et \huge produiront des espacements nettement moins réguliers que si vous utilisez \fontsize.


Alignement du texte

Cette partie traite de la manière de positionner du texte en mode markup. On déplace l’intégralité d’un objet markup en utilisant la syntaxe décrite au chapitre Déplacement d'objets.

Les objets de type markup peuvent s’aligner de différentes manières. Une indication textuelle est par défaut alignée sur son extrémité gauche. Dans l’exemple qui suit, il n’y a aucune différence entre les deux premiers markups.

d1-\markup { poco }
f
d-\markup { \left-align poco }
f
d-\markup { \center-align { poco } }
f
d-\markup { \right-align poco }

[image of music]

L’alignement horizontal peut être ajusté à l’aide d’une valeur numérique :

a1-\markup { \halign #-1 poco }
e'
a,-\markup { \halign #0 poco }
e'
a,-\markup { \halign #0.5 poco }
e'
a,-\markup { \halign #2 poco }

[image of music]

Certains objets possèdent leurs propres procédures d’alignement, qui annuleront toute spécification d’alignement que vous pourriez leur affecter. La solution consiste alors à déplacer l’intégralité de ces objets markup, comme indiqué par exemple au chapitre Indications textuelles.

L’alignement vertical est quant à lui un peu plus compliqué. Comme nous l’avons vu ci-avant, les objets markup peuvent être déplacés dans leur intégralité. Il est néanmoins possible de déplacer certains éléments spécifiques au sein d’un bloc markup. En pareil cas, l’élément à déplacer doit être précédé d’un « point d’ancrage » – un autre élément du markup ou un objet invisible. L’exemple qui suit illustre ces deux possibilités. Vous noterez par ailleurs que le dernier markup, dépourvu de point d’ancrage, n’est de ce fait pas déplacé.

d2^\markup {
  Acte I
  \raise #2 { Scène 1 }
}
a'
g_\markup {
  \null
  \lower #4 \bold { Très modéré }
}
a
d,^\markup {
  \raise #4 \italic { Une forêt. }
}
a'4 a g2 a

[image of music]

Certaines commandes permettent de régler l’alignement des objets textuels en mode markup, tant au niveau horizontal que vertical. Tout objet soumis à ces commandes doit être précédé d’un point d’ancrage.

d2^\markup {
  Acte I
  \translate #'(-1 . 2) "Scène 1"
}
a'
g_\markup {
  \null
  \general-align #Y #3.2 \bold "Très modéré"
}
a
d,^\markup {
  \null
  \translate-scaled #'(-1 . 2) \teeny "Une forêt."
}
a'4 a g2 a

[image of music]

Un objet de type markup peut contenir plusieurs lignes de texte. Dans l’exemple suivant, chaque élément ou expression ira se placer sur sa propre ligne, tantôt alignée à gauche, tantôt centrée.

\markup {
  \column {
    a
    "b c"
    \line { d e f }
  }
  \hspace #10
  \center-column {
    a
    "b c"
    \line { d e f }
  }
}

[image of music]

Pareillement, une liste d’éléments ou d’expressions sera répartie sur une ligne entière, voire même centrée sur toute la page s’il n’y a qu’un seul élément. De telles expressions peuvent à leur tour contenir du texte multiligne ou une autre expression markup.

\markup {
  \fill-line {
    \line { William S. Gilbert }
    \center-column {
      \huge \smallCaps "The Mikado"
      or
      \smallCaps "The Town of Titipu"
    }
    \line { Sir Arthur Sullivan }
  }
}
\markup {
  \fill-line { 1885 }
}

[image of music]

Les indications textuelles, lorsqu’elles sont relativement longues, peuvent se répartir sur plusieurs lignes en fonction de la largeur de ligne. Le texte sera alors soit aligné à gauche, soit justifié, comme le montre l’exemple suivant :

\markup {
  \column {
    \line  \smallCaps { La vida breve }
    \line \bold { Acto I }
    \wordwrap \italic {
      (La escena representa el corral de una casa de
      gitanos en el Albaicín de Granada. Al fondo una
      puerta por la que se ve el negro interior de
      una Fragua, iluminado por los rojos resplandores
      del fuego.)
    }
    \hspace #0

    \line \bold { Acto II }
    \override #'(line-width . 50)
    \justify \italic {
      (Calle de Granada. Fachada de la casa de Carmela
      y su hermano Manuel con grandes ventanas abiertas
      a través de las que se ve el patio
      donde se celebra una alegre fiesta)
    }
  }
}

[image of music]

Une liste des différentes commandes permettant d’aligner du texte en mode markup est disponible à l’annexe Align.

Voir aussi

Manuel d’initiation : Déplacement d'objets.

Manuel de notation : Align, Indications textuelles.

Fichiers d’initialisation : ‘scm/define-markup-commands.scm’.

Morceaux choisis : Texte.

Référence des propriétés internes : TextScript.


Éléments graphiques dans du texte formaté

Vous pouvez, grâce aux mode markup, ajouter divers objets graphiques à votre partition.

Certaines commandes de markup permettent d’ornementer des éléments textuels avec des graphismes, à l’instar de l’exemple suivant :

\markup \fill-line {
  \center-column {
    \circle Jack
    \box "in the box"
    \null
    \line {
      Erik Satie
      \hspace #3
      \bracket "1866 - 1925"
    }
    \null
    \rounded-box \bold Prelude
  }
}

[image of music]

Certaines directives peuvent nécessiter d’accroître l’espacement autour du texte – voir l’annexe Align pour une liste des différentes commandes particulières au mode markup ainsi que leur description.

\markup \fill-line {
  \center-column {
    \box "Charles Ives (1874 - 1954)"
    \null
    \box \pad-markup #2 "THE UNANSWERED QUESTION"
    \box \pad-x #8 "A Cosmic Landscape"
    \null
  }
}
\markup \column {
  \line {
    \hspace #10
    \box \pad-to-box #'(-5 . 20) #'(0 . 5)
      \bold "Largo to Presto"
  }
  \pad-around #3
      "String quartet keeps very even time,
Flute quartet keeps very uneven time."
}

[image of music]

Vous pouvez imprimer certains graphismes ou symboles sans qu’il n’y ait de texte. Ces objets peuvent même se combiner, à l’instar de n’importe quelle expression markup.

\markup {
  \combine
    \draw-circle #4 #0.4 ##f
    \filled-box #'(-4 . 4) #'(-0.5 . 0.5) #1
  \hspace #5

  \center-column {
    \triangle ##t
    \combine
      \draw-line #'(0 . 4)
      \arrow-head #Y #DOWN ##f
  }
}

[image of music]

Des fonctionnalités graphiques avancées vous permettent même d’inclure dans une partition un fichier image converti au format PostScript encapsulé (extension eps), ou bien de tracer un graphique directement dans le fichier source à partir d’instructions PostScript pures. Nous vous conseillons, en pareil cas, de toujours spécifier les dimensions du dessin, comme dans ce qui suit :

c1^\markup {
  \combine
    \epsfile #X #10 #"./context-example.eps"
    \with-dimensions #'(0 . 6) #'(0 . 10)
    \postscript #"
      -2 3 translate
      2.7 2 scale
      newpath
      2 -1 moveto
      4 -2 4 1 1 arct
      4 2 3 3 1 arct
      0 4 0 3 1 arct
      0 0 1 -1 1 arct
      closepath
      stroke"
  }
c

[image of music]

L’annexe Graphic répertorie les différentes commandes en matière de graphisme.

Voir aussi

Manuel de notation : Graphic, Annotations éditoriales, Align.

Fichiers d’initialisation : ‘scm/define-markup-commands.scm’, ‘scm/stencil.scm’.

Morceaux choisis : Texte.

Référence des propriétés internes : TextScript.


Notation musicale dans du texte formaté

Divers éléments de notation peuvent orner une partition, au moyen d’un objet markup.

Notes et altérations sont données à l’aide d’instructions markup :

a2 a^\markup {
  \note #"4" #1
  =
  \note-by-number #1 #1 #1.5
}
b1_\markup {
  \natural \semiflat \flat
  \sesquiflat \doubleflat
}
\glissando
a1_\markup {
  \natural \semisharp \sharp
  \sesquisharp \doublesharp
}
\glissando b

[image of music]

Le mode markup permet d’accéder à d’autres objets de notation :

g1 bes
ees\finger \markup \tied-lyric #"4~1"
fis_\markup { \dynamic rf }
bes^\markup {
  \beam #8 #0.1 #0.5
}
cis
d-\markup {
  \markalphabet #8
  \markletter #8
}

[image of music]

En règle générale, tout symbole musical peut être inclus dans un markup, comme le montre l’exemple qui suit. Ces différents symboles sont répertoriés dans l’annexe La fonte Feta.

c2
c'^\markup { \musicglyph #"eight" }
c,4
c,8._\markup { \musicglyph #"clefs.G_change" }
c16
c2^\markup { \musicglyph #"timesig.neomensural94" }

[image of music]

La rubrique Tout savoir sur les fontes contient d’autres informations sur l’impression de glyphes non alphabétiques, tels que des crochets ou accolades.

Le mode markup supporte aussi les diagrammes spécifiques à certains instruments :

c1^\markup {
  \fret-diagram-terse #"x;x;o;2;3;2;"
}
c^\markup {
  \harp-pedal #"^-v|--ov^"
}
c
c^\markup {
  \combine
    \musicglyph #"accordion.discant"
    \combine
      \raise #0.5 \musicglyph #"accordion.dot"
      \raise #1.5 \musicglyph #"accordion.dot"
}

[image of music]

La documentation sur ces diagrammes se trouvent à l’annexe Instrument Specific Markup.

Rien ne s’oppose à ce qu’une étiquette ne comporte une partition. Il suffit que l’expression en question contienne un bloc \score incluant un bloc \layout.

c4 d^\markup {
  \score {
    \relative c' { c4 d e f }
    \layout { }
  }
}
e f |
c d e f

[image of music]

Les différentes commandes markup relatives à la notation musicale sont répertoriées à l’annexe Music.

Voir aussi

Manuel de notation : Music, La fonte Feta, Tout savoir sur les fontes.

Fichiers d’initialisation : ‘scm/define-markup-commands.scm’, ‘scm/fret-diagrams.scm’, ‘scm/harp-pedals.scm’.

Morceaux choisis : Texte.

Référence des propriétés internes : TextScript.


Texte avec sauts de page

Alors que \markup s’utilise pour traiter un bloc de texte insécable, \markuplist permet, employé en tête de partition, d’obtenir un bloc de lignes réparties différemment et, le cas échéant, sur plusieurs pages.

\markuplist {
  \justified-lines {
    Un long texte constitué de lignes justifiées.
    ...
  }
  \wordwrap-lines {
    Un autre grand paragraphe.
    ...
  }
  ...
}

[image of music]

Cette syntaxe prend en charge une liste de markups ; il peut s’agir

Les différentes commandes permettant de générer des listes de lignes se trouve dans l’annexe Commandes pour liste de markups (en anglais).

Commandes prédéfinies

\markuplist.

Voir aussi

Manuel de notation : Commandes pour liste de markups.

Manuel d’extension : Définition d'une nouvelle commande de liste de markups.

Fichiers d’initialisation : ‘scm/define-markup-commands.scm’.

Morceaux choisis : Texte.

Référence des propriétés internes : TextScript.


1.8.3 Fontes

Ce chapitre est consacré aux fontes et polices de caractère, à leur gestion. Vous y apprendrez aussi comment changer de fonte en cours de partition.


Tout savoir sur les fontes

La gestion des fontes est assurée par plusieurs bibliothèques : FontConfig se charge de répertorier les différentes fontes installées sur votre système ; quant à Pango, elle se charge plus particulièrement de leur rendu.

Les fontes musicales peuvent se décrire comme un jeu de glyphes spécifiques regroupés dans plusieurs familles. L’exemple qui suit montre la syntaxe à utiliser pour accéder, en mode markup, aux différentes fontes feta non textuelles de LilyPond.

a1^\markup {
  \vcenter {
    \override #'(font-encoding . fetaBraces)
    \lookup #"brace120"
    \override #'(font-encoding . fetaText)
    \column { 1 3 sf }
    \override #'(font-encoding . fetaMusic)
    \lookup #"noteheads.s0petrucci"
  }
}

[image of music]

Tous ces glyphes, à l’exception des accolades qui sont regroupées dans fetaBraces, sont accessibles avec la syntaxe indiquée dans Notation musicale dans du texte formaté.

Une remarque s’impose au sujet des glyphes contenus dans fetaBraces : chacun d’eux est formé du mot brace auquel est accolé un numéro d’ordre. Lorsque vous désirez imprimer une accolade, vous devez la « chercher » par son numéro d’ordre – d’où la fonction \lookup de l’exemple ci-dessus –, tout en sachant qu’il est compris entre 0 (la plus petite) et 575 (la plus grande). Vous serez souvent amené à procéder par tâtonnement pour arriver au résultat optimal. Par ailleurs, fetaBraces ne comporte que des accolades ouvrantes. Pour obtenir une accolade fermante, il suffit d’appliquer une rotation au glyphe sélectionné, comme indiqué à la rubrique Rotation des objets.

Vous disposez de trois familles de fontes textuelles : roman pour la police sérif ou avec empattement – fixée par défaut à New Century Schoolbook –, une police sans empattement (sans sérif) et une à chasse fixe (monospace ou typewriter) – les deux dernières étant déterminées par l’installation de Pango.

Note : Aucune police par défaut n’est associée aux familles sans et typewriter. Lorsque l’une d’elles apparaît dans un fichier source, le résultat peut varier d’un ordinateur à l’autre. Le résultat sera homogène quelque soit la plateforme dès lors que ces polices auront été spécifiées par leur nom et qu’elles sont disponibles pour tout système amené à traiter le fichier. Voir Attribution d’une fonte en particulier et Choix des fontes par défaut.

Chaque famille dispose en principe de différents styles et niveaux de gras. L’exemple qui suit illustre la manière de changer la famille, le style, la graisse ou la taille. Notez bien que l’argument fourni à font-size correspond à la correction à apporter à la taille par défaut.

\override Score.RehearsalMark.font-family = #'typewriter
\mark \markup "Ouverture"
\override Voice.TextScript.font-shape = #'italic
\override Voice.TextScript.font-series = #'bold
d2.^\markup "Allegro"
\override Voice.TextScript.font-size = #-3
c4^smaller

[image of music]

Cette syntaxe s’applique aussi en mode markup, bien que celui-ci dispose d’une syntaxe allégée comme nous l’avons vu dans Sélection de la fonte et de la taille :

\markup {
  \column {
    \line {
      \override #'(font-shape . italic)
      \override #'(font-size . 4)
      Idomeneo,
    }
    \line {
      \override #'(font-family . typewriter)
      {
        \override #'(font-series . bold)
        re
        di
      }
      \override #'(font-family . sans)
      Creta
    }
  }
}

[image of music]

En plus de pouvoir jongler entre les différentes fontes prédéfinies, LilyPond vous permet d’en utiliser d’autres, ce qui fait l’objet des deux prochaines parties : Attribution d’une fonte en particulier et Choix des fontes par défaut.

Voir aussi

Manuel de notation : La fonte Feta, Notation musicale dans du texte formaté, Rotation des objets, Sélection de la fonte et de la taille, Font.


Attribution d’une fonte en particulier

Vous pouvez utiliser n’importe quelle police installée sur votre système, dès lors qu’elle est accessible par Fontconfig et que vous respectez la syntaxe suivante :

\override Staff.TimeSignature.font-name = #"Bitstream Charter"
\override Staff.TimeSignature.font-size = #2
\time 3/4

a1_\markup {
  \override #'(font-name . "Vera Bold")
    { Vera Bold }
}

[image of music]

Pour obtenir la liste de toutes les polices disponibles sur votre machine, lancez

lilypond -dshow-available-fonts toto

(quel qu’il soit, le dernier argument est obligatoire).

Voir aussi

Manuel de notation : Tout savoir sur les fontes, Choix des fontes par défaut.

Morceaux choisis : Texte.


Choix des fontes par défaut

Vous pouvez tout à fait préférer un autre jeu de polices par défaut que celui de LilyPond. Il vous faudra alors spécifier les différentes familles, en respectant l’ordre roman, sans empattement et monospace, comme dans l’exemple suivant ; ces fontes seront automatiquement mises à l’échelle de la taille globale des portées. Pour plus d’explications sur les fontes, relisez Tout savoir sur les fontes.

\paper  {
  #(define fonts
    (make-pango-font-tree "Times New Roman"
                          "Nimbus Sans"
                          "Luxi Mono"
                           (/ staff-height pt 20)))
}

\relative c'{
  c1-\markup {
    roman,
    \sans sans,
    \typewriter typewriter. }
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Tout savoir sur les fontes, Attribution d’une fonte en particulier, Sélection de la fonte et de la taille, Font.


2. Notation spécialisée

Ce chapitre explique comment créer la notation musicale spécifique à certains intruments ou certaines époques.


2.1 Musique vocale

[image of music]

Ce chapitre traite de la musique vocale : comment la saisir et comment s’assurer que les paroles s’alignent avec les notes de la mélodie correspondante.


2.1.1 Vue d’ensemble de la musique vocale

En complément de généralités, ce sous-chapitre aborde quelques styles particuliers en terme de musique vocale.


Références en matière de musique vocale

Graver de la musique vocale soulève plusieurs problèmes ; ils sont abordés soit dans ce chapitre, soit dans d’autres parties de la documentation de LilyPond.

Voir aussi

Glossaire musicologique : ambitus.

Manuel d’initiation : Écriture de chants simples.

Manuel de notation : Introduction au formatage de texte, Ambitus, Mise en forme d’une partition chorale.

Morceaux choisis : Musique vocale.


Saisie des paroles

Il existe un mode de saisie spécialement adapté aux paroles. On l’introduit avec le mot-clé \lyricmode, ou en utilisant \addlyrics ou \lyricsto. Ce mode vous permet de saisir des paroles ainsi que leur ponctuation, de telle sorte que le caractère a ne sera plus interprété comme une note, un la pour les non latinistes, mais comme une syllabe. Les syllabes sont saisies comme des notes, mais les hauteurs sont alors remplacées par du texte. Exemple avec une comptine anglaise :

\lyricmode { Three4 blind mice,2 three4 blind mice2 }

Il y a deux manières principales de préciser la place exacte des syllabes : soit en spécifiant explicitement la durée de chaque syllabe – comme dans l’exemple ci-dessus – soit en alignant automatiquement les paroles sur les notes d’une mélodie ou d’une voix en utilisant \addlyrics ou \lyricsto. La première méthode est abordée plus en détail à la rubrique Durée explicite des syllabes, et la deuxième à la rubrique Durée automatique des syllabes.

Dans les paroles, un mot ou une syllabe commence par une lettre de l’alphabet, et se termine par une espace. Toute syllabe doit donc être séparée d’une autre par une espace, tout autre caractère – chiffre ou ponctuation – étant considéré comme partie intégrante de cette même syllabe. L’exemple suivant comporte une faute de frappe évidente :

\lyricmode { lah lah lah}

la dernière syllabe contient une } ; il y a de fait un défaut de parité avec l’accolade ouvrante, et la compilation échouera fort probablement. Prenez dès à présent l’habitude de toujours encadrer d’espaces une accolade :

\lyricmode { lah lah lah }

Pour utiliser des lettres accentuées ou des caractères spéciaux – cœurs ou guillemets inversés par exemple – il suffit de les insérer dans le fichier et de veiller à le sauvegarder avec le codage UTF-8. Voir à ce sujet Caractères spéciaux pour plus de détails.

\relative c'' { d8 c16 a bes8 f e' d c4 }
\addlyrics { „Schad’ um das schö -- ne grü -- ne Band, }

[image of music]

Pour utiliser des guillemets informatiques standard, faites-les précéder d’une barre oblique inverse et encadrez d’une paire de guillemets la syllabe ainsi composée :

\relative c' { \time 3/4 e4 e4. e8 d4 e d c2. }
\addlyrics { "\"I" am so lone- "ly\"" said she }

[image of music]

Expliquer exactement comment LilyPond repère le début d’un mot en mode paroles (Lyrics) est quelque peu compliqué. En mode Lyrics, un mot peut commencer par : tout caractère alphabétique, _, ?, !, :, ', un des codes de contrôle ^A à ^F et ^Q à ^W, ^Y, ^^, tout caractère ASCII de code strictement supérieur à 127, ou enfin l’un des symboles `, ', ", ou ^, s’il est précédé d’une barre oblique inverse.

LilyPond permet de contrôler très finement le rendu des paroles grâce au mode \markup, utilisable y compris au sein du mode \lyricmode. Des explications complètes sont disponibles au chapitre Mise en forme du texte.

Morceaux choisis

Mise en forme individuelle de syllabes

Le mode markup permet d’individualiser la mise en forme de certaines syllabes.

mel = \relative c'' { c4 c c c }
lyr = \lyricmode {
  Lyrics \markup { \italic can } \markup { \with-color #red contain }
  \markup { \fontsize #8 \bold Markup! }
}

<<
  \new Voice = melody \mel
  \new Lyrics \lyricsto melody \lyr
>>

[image of music]

Voir aussi

Manuel d’initiation : Chansons

Manuel de notation : Caractères spéciaux, Durée automatique des syllabes, Durée explicite des syllabes, Fontes, Mise en forme du texte, Modes de saisie.

Référence des propriétés internes : LyricText.


Alignement des paroles sur la mélodie

L’impression des paroles est réalisée à partir de l’interprétation d’un contexte Lyrics – voir Tout savoir sur les contextes.

\new Lyrics \lyricmode { … }

Vous disposez de deux méthodes pour aligner des paroles sur une mélodie :

Voir aussi

Manuel d’initiation : Alignement des paroles sur une mélodie.

Référence des propriétés internes : Lyrics.


Durée automatique des syllabes

Les paroles peuvent être automatiquement alignées sous une mélodie, de trois manières différentes :

Ces trois méthodes permettent d’ajouter les traits d’union séparant les syllabes d’un même mot ainsi que d’indiquer la tenue de la dernière syllabe. Ceci fait l’objet de la rubrique Traits d’union et de prolongation.

Le contexte Voice contenant la mélodie sur laquelle les paroles vont s’aligner doit rester actif, au risque de voir la suite du texte disparaître. Ceci peut se produire lorsqu’il y a des moments où l’on ne chante pas. La rubrique Conservation d’un contexte vous indiquera comment maintenir un contexte actif.

Utilisation de \lyricsto

Vous pouvez aligner automatiquement des paroles sous une mélodie en spécifiant à l’aide de la commande \lyricsto le contexte de voix qui contient cette mélodie :

<<
  \new Voice = "melodie" {
    a1 a4. a8 a2
  }
  \new Lyrics \lyricsto "melodie" {
    Ce sont les mots
  }
>>

[image of music]

Cette commande adapte les paroles aux notes de la voix (contexte Voice dans le jargon LilyPond) melodie. Ce contexte Voice doit exister avant l’affectation des paroles par \lyricsto. La commande \lyricsto introduit automatiquement le mode \lyricmode ; il n’est alors pas nécessaire de rajouter \lyricmode. Les paroles viendront par défaut se placer en dessous des notes ; la rubrique Positionnement vertical des paroles vous donnera des indications pour d’autres options.

Utilisation de \addlyrics

La commande \addlyrics n’est en fait qu’une manière plus aisée d’écrire de la musique vocale dans une structure Lilypond plus complexe.

{ MUSIQUE }
\addlyrics { PAROLES }

revient au même que

\new Voice = "blah" { MUSIQUE }
\new Lyrics \lyricsto "blah" { PAROLES }

En voici un exemple :

{
  \time 3/4
  \relative c' { c2 e4 g2. }
  \addlyrics { play the game }
}

[image of music]

On peut ajouter davantage de couplets en multipliant le nombre de sections \addlyrics.

{
  \time 3/4
  \relative c' { c2 e4 g2. }
  \addlyrics { play the game }
  \addlyrics { speel het spel }
  \addlyrics { joue le jeu }
}

[image of music]

Cependant, la commande \addlyrics ne peut pas gérer les constructions polyphoniques et ne permet pas d’associer des paroles à un contexte TabVoice. Dans ces cas là, mieux vaut employer \lyricsto.

Utilisation de associatedVoice

La propriété associatedVoice permet de basculer de mélodie pour la synchronisation des paroles. Elle s’emploie de la manière suivante :

\set associatedVoice = #"lala"

La valeur que vous attribuez à cette propriété (ici "lala") doit désigner un contexte Voice nommé, sans quoi les mélismes ne seront pas imprimés correctement.

Voici un exemple de cette manière de procéder :

<<
  \new Staff <<
    \time 2/4
    \new Voice = "one" \relative c'' {
      \voiceOne
      c4 b8. a16 g4. r8 a4 ( b ) c2
    }
    \new Voice = "two" \relative c' {
      \voiceTwo
       s2 s4. f8 e8 d4. c2
    }
  >>
% takes durations and alignment from notes in "one" initially
% then switches to "two"
  \new Lyrics \lyricsto "one" {
    No more let
    \set associatedVoice = "two"  % must be set one syllable early
    sins and sor -- rows grow.
  }
>>

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Traits d’union et de prolongation, Conservation d’un contexte.


Durée explicite des syllabes

On peut aussi se passer de \addlyrics, \lyricsto et associatedVoice pour saisir des paroles. Dans ce cas, les syllabes sont entrées comme des notes – du texte remplaçant les hauteurs – ce qui veut dire que vous devez définir leur durée explicitement.

Par défaut, les syllabes seront alignées par la gauche sur l’instant musical. Les traits d’union seront imprimés entre les syllabes, à l’inverse des mélismes puisqu’il n’y a pas de voix associée.

Voici deux illustrations de cette technique :

<<
  \new Voice = "melody" {
    \time 3/4
    c2 e4 g2 f
  }
  \new Lyrics \lyricmode {
    play1 the4 game4
  }
>>

[image of music]

<<
  \new Staff {
    \relative c'' {
      c2 c2
      d1
    }
  }
  \new Lyrics {
    \lyricmode {
      I2 like4. my8 cat!1
    }
  }
  \new Staff {
    \relative c' {
      c8 c c c c c c c
      c8 c c c c c c c
    }
  }
>>

[image of music]

Cette manière de procéder est tout à fait adaptée lorsqu’un fond musical accompagne des dialogues – voir Dialogue et musique.

Les syllabes seront centrées par rapport à l’instant musical dès lors que vous aurez attribué à la propriété associatedVoice le nom du contexte Voice contenant les notes. Grâce à l’utilisation de associatedVoice, les doubles tirets -- ou soulignés __ seront rendus correctement en trait d’union ou indication de mélisme.

<<
  \new Voice = "melody" {
    \time 3/4
    c2 e4 g f g
  }
  \new Lyrics \lyricmode {
    \set associatedVoice = #"melody"
    play2 the4 game2. __
  }
>>

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Dialogue et musique.

Référence des propriétés internes : Lyrics, Voice.


Plusieurs syllabes sur une note

Pour attribuer plus d’une syllabe à une même note, vous pouvez soit les mettre entre guillemets, soit utiliser le caractère souligné (_) pour obtenir une espace, ou bien encore utiliser un tilde (~) pour obtenir une liaison entre les syllabes.

{
  { \autoBeamOff
    r8 b c fis, fis c' b e,
  }
  \addlyrics
  {
    \override LyricHyphen.minimum-distance = #1.0 % Ensure hyphens are visible
    Che_in ques -- ta_e_in quel -- l'al -- tr'on -- da
  }
  \addlyrics { "Che in" ques -- "ta e in" quel -- l'al -- tr'on -- da }
  \addlyrics { Che~in ques -- ta~e~in quel -- l'al -- tr'on -- da }
}

[image of music]

Voir aussi

Référence des propriétés internes : LyricCombineMusic.


Plusieurs notes pour une même syllabe

Parfois, tout particulièrement en musique médiévale ou baroque, plusieurs notes correspondent à une même syllabe. Ces vocalises sont appelées mélismes. La syllabe à vocaliser est traditionnellement alignée par la gauche sur la première note du mélisme.

Lorsqu’un mélisme tombe sur une syllabe autre que la dernière d’un mot, un trait d’union étiré, indiqué par un double tiret -- dans le fichier source, reliera cette syllabe à la suivante.

Lorsqu’un mélisme tombe sur la dernière syllabe d’un mot ou que ce mot n’en comporte qu’une, l’usage est d’indiquer la « tenue » jusqu’à la dernière note de la vocalise. Ceci s’obtient en ajoutant un double caractère souligné __ après cette syllabe.

Vous disposez de cinq méthodes pour indiquer la présence d’un mélisme :

Vous pouvez totalement désactiver l’interprétation des liaisons de prolongation ou d’articulation et des ligatures apparaissant dans une mélodie comme fait générateur d’un mélisme. Il suffit en ce cas de définir melismaBusyProperties :

<<
  \new Voice = "melody" {
    \time 3/4
    \set melismaBusyProperties = #'()
    c4 d ( e )
    g8 [ f ] f4 ~ 4
  }
  \new Lyrics \lyricsto "melody" {
    Ky -- ri -- e e -- le -- i -- son
  }
>>

[image of music]

Certains réglages de melismaBusyProperties permettent de prendre en compte ou non les liaisons de tenue, les liaisons d’articulation et les ligatures dans la détection automatique des mélismes – voir melismaBusyProperties à la rubrique Tunable context properties.

Dans le cas où les indications de mélisme doivent être totalement ignorées, il vous faudra alors activer ignoreMelismata – voir Rythme différent selon le couplet.

Lorsque, dans un passage où la propriété melismaBusyProperties est active, survient un mélisme, vous pouvez l’indiquer dans les paroles par un simple caractère souligné pour chaque note à inclure :

<<
  \new Voice = "melody" {
    \time 3/4
    \set melismaBusyProperties = #'()
    c4 d ( e )
    g8 [ f ] ~ 4 ~ f
  }
  \new Lyrics \lyricsto "melody" {
    Ky -- ri -- _ e __ _ _ _
  }
>>

[image of music]

Commandes prédéfinies

\autoBeamOff, \autoBeamOn, \melisma, \melismaEnd.

Voir aussi

Glossaire musicologique : melisma.

Manuel d’initiation : Alignement des paroles sur une mélodie.

Manuel de notation : Alignement des paroles sur la mélodie, Durée automatique des syllabes, Définition des règles de ligature automatique, Rythme différent selon le couplet.

Référence des propriétés internes : Tunable context properties.

Problèmes connus et avertissements

Certains mélismes ne sont pas détectés automatiquement ; vous devrez alors prolonger vous-même les syllabes concernées à l’aide d’un double caractère souligné.


Traits d’union et de prolongation

Un mélisme sur la dernière syllabe d’un mot est indiqué par une longue ligne horizontale basse s’étirant jusqu’à la syllabe suivante. Une telle ligne, que nous appellerons prolongateur ou extenseur, s’obtient en saisissant ‘ __ ’ (notez les espaces entourant le double caractère souligné).

Note : Dans une partition, les mélismes, ou vocalises, sont matérialisés par une ligne de prolongation. On l’indique par un double caractère souligné. Lorsqu’ils sont assez courts, ces mélismes peuvent s’indiquer par un souligné unique, ce qui aura pour effet de sauter une note à chaque fois et de ne pas imprimer de ligne.

Un trait d’union séparant deux syllabes d’un même mot s’obtient en saisissant ‘ -- ’ (notez les espaces entourant le tiret double). Ce trait d’union sera centré entre les deux syllabes et sa longueur sera proportionnelle à l’espace les séparant.

Dans les partitions très serrées, les traits d’union peuvent ne pas être imprimés. Cet inconvénient peut être contrôlé par les propriétés minimum-distance pour gérer l’espace minimum entre deux syllabes, et minimum-length, seuil en deçà duquel il n’y a pas de trait d’union, toutes deux attachées à l’objet LyricHyphen.

Voir aussi

Référence des propriétés internes : LyricExtender, LyricHyphen


2.1.2 Situations particulières en matière de paroles


Travail avec des paroles et variables

Vous pouvez créer des variables pour contenir les paroles, dès lors que vous faites appel au mode approprié :

musicOne = \relative c'' {
  c4 b8. a16 g4. f8 e4 d c2
}
verseOne = \lyricmode {
  Joy to the world, the Lord is come.
}
\score {
  <<
    \new Voice = "one" {
      \time 2/4
      \musicOne
    }
    \new Lyrics \lyricsto "one" {
      \verseOne
    }
  >>
}

[image of music]

La fonction \lyricmode permet de définir une variable pour les paroles. Point n’est besoin de spécifier les durées si vous utilisez \addlyrics ou \lyricsto lorsque vous y faites référence.

Pour une organisation différente ou plus complexe, mieux vaut commencer par créer et alimenter les variables contenant mélodies et paroles, puis définir la hiérarchie des portées et des lignes de paroles, et enfin combiner correctement mélodies et paroles à l’aide de la commande \context. Vous serez ainsi assuré que la voix à laquelle il est fait référence par \lyricsto aura bien été préalablement définie, comme dans l’exemple suivant :

sopranoMusic = \relative c'' { c4 c c c }
contraltoMusic = \relative c'' { a4 a a a }
sopranoWords = \lyricmode { Sop -- ra -- no words }
contraltoWords = \lyricmode { Con -- tral -- to words }

\score {
  \new ChoirStaff <<
    \new Staff {
      \new Voice = "sopranos" {
        \sopranoMusic
      }
    }
    \new Lyrics = "sopranos"
    \new Lyrics = "contraltos"
    \new Staff {
      \new Voice = "contraltos" {
        \contraltoMusic
      }
    }
    \context Lyrics = "sopranos" {
      \lyricsto "sopranos" {
        \sopranoWords
      }
    }
    \context Lyrics = "contraltos" {
      \lyricsto "contraltos" {
        \contraltoWords
      }
    }
  >>
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Positionnement vertical des paroles.

Référence des propriétés internes : LyricCombineMusic, Lyrics.


Positionnement vertical des paroles

Selon le type de musique, les paroles apparaîtront au-dessus ou au-dessous d’une portée ou bien entre deux portées. Positionner des paroles en dessous de la portée à laquelle elles se rattachent est de loin la chose la plus simple : il suffit de mentionner le contexte de paroles après le contexte de portée :

\score {
  <<
    \new Staff {
      \new Voice = "melody" {
        \relative c'' { c4 c c c }
      }
    }
    \new Lyrics {
      \lyricsto "melody" {
        Here are the words
      }
    }
  >>
}

[image of music]

Positionner les paroles au-dessus de la portée se fait de deux manières différentes, le plus simple étant d’utiliser la même syntaxe que ci-dessus, à ceci près que la ligne de paroles sera positionnée de manière explicite :

\score {
  <<
    \new Staff = "staff" {
      \new Voice = "melody" {
        \relative c'' { c4 c c c }
      }
    }
    \new Lyrics \with { alignAboveContext = "staff" } {
      \lyricsto "melody" {
        Here are the words
      }
    }
  >>
}

[image of music]

Autre façon de procéder, cette fois-ci en deux étapes. Nous commençons par déclarer un contexte Lyrics que nous laissons vide, puis les contextes Staff et Voice. Dans un deuxième temps, nous ajoutons l’instruction \context et la commande \lyricsto pour affecter les paroles au contexte de voix en question. Voici comment cela se présente :

\score {
  <<
    \new Lyrics = "lyrics" \with {
      % lyrics above a staff should have this override
      \override VerticalAxisGroup.staff-affinity = #DOWN
    }
    \new Staff {
      \new Voice = "melody" {
        \relative c'' { c4 c c c }
      }
    }
    \context Lyrics = "lyrics" {
      \lyricsto "melody" {
        Here are the words
      }
    }
  >>
}

[image of music]

Lorsque deux voix sont isolées chacune sur une portée, vous pouvez placer les paroles entre les deux portées en utilisant l’une des méthodes que nous venons de voir. En voici un exemple, basé sur la deuxième méthode :

\score {
  \new ChoirStaff <<
    \new Staff {
      \new Voice = "sopranos" {
        \relative c'' { c4 c c c }
      }
    }
    \new Lyrics = "sopranos"
    \new Lyrics = "contraltos" \with {
      % lyrics above a staff should have this override
      \override VerticalAxisGroup.staff-affinity = #DOWN
    }
    \new Staff {
      \new Voice = "contraltos" {
        \relative c'' { a4 a a a }
      }
    }
    \context Lyrics = "sopranos" {
      \lyricsto "sopranos" {
        Sop -- ra -- no words
      }
    }
    \context Lyrics = "contraltos" {
      \lyricsto "contraltos" {
        Con -- tral -- to words
      }
    }
  >>
}

[image of music]

Vous pouvez générer d’autres combinaisons de paroles et portées à partir de ces exemples, ou en examinant ce qui figure à la rubrique Modèles pour ensemble vocal du manuel d’initiation.

Morceaux choisis

Espacement des paroles selon les pratiques de la version 2.12

La version 2.14 a donné naissance à un nouveau moteur pour l’espacement vertical des paroles. Celles-ci peuvent donc se retrouver positionnées différemment. Le moteur adoptera les usages de la version 2.12 une fois que vous aurez réglé certaines propriétés des contextes Lyric et Staff.

global = {
  \key d \major
  \time 3/4
}

sopMusic = \relative c' {
  % VERSE ONE
  fis4 fis fis | \break
  fis4. e8 e4
}

altoMusic = \relative c' {
  % VERSE ONE
  d4 d d |
  d4. b8 b4 |
}

tenorMusic = \relative c' {
  a4 a a |
  b4. g8 g4 |
}

bassMusic = \relative c {
  d4 d d |
  g,4. g8 g4 |
}

words = \lyricmode {
  Great is Thy faith- ful- ness,
}

\score {
  \new ChoirStaff <<
    \new Lyrics = sopranos
    \new Staff = women <<
      \new Voice = "sopranos" {
        \voiceOne
        \global \sopMusic
      }
      \new Voice = "altos" {
        \voiceTwo
        \global \altoMusic
      }
    >>
    \new Lyrics = "altos"
    \new Lyrics = "tenors"
    \new Staff = men <<
      \clef bass
      \new Voice = "tenors" {
        \voiceOne
        \global \tenorMusic
      }
      \new Voice = "basses" {
        \voiceTwo  \global \bassMusic
      }
    >>
    \new Lyrics = basses
    \context Lyrics = sopranos \lyricsto sopranos \words
    \context Lyrics = altos \lyricsto altos \words
    \context Lyrics = tenors \lyricsto tenors \words
    \context Lyrics = basses \lyricsto basses \words
  >>
  \layout {
    \context {
      \Lyrics
      \override VerticalAxisGroup.staff-affinity = ##f
      \override VerticalAxisGroup.staff-staff-spacing =
        #'((basic-distance . 0)
	   (minimum-distance . 2)
	   (padding . 2))
    }
    \context {
      \Staff
      \override VerticalAxisGroup.staff-staff-spacing =
        #'((basic-distance . 0)
	   (minimum-distance . 2)
	   (padding . 2))
    }
  }
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel d’initiation : Modèles pour ensemble vocal.

Manuel de notation : Ordonnancement des contextes, Création et référencement d’un contexte.


Positionnement horizontal des syllabes

La propriété minimum-distance de l’objet LyricSpace permet d’accroître l’espacement des paroles.

{
  c c c c
  \override Lyrics.LyricSpace.minimum-distance = #1.0
  c c c c
}
\addlyrics {
  longtext longtext longtext longtext
  longtext longtext longtext longtext
}

[image of music]

Pour que ce réglage s’applique à toute la partition, définissez-le dans le bloc \layout.

\score {
  \relative c' {
  c c c c
  c c c c
  }
  \addlyrics {
  longtext longtext longtext longtext
  longtext longtext longtext longtext
  }
  \layout {
    \context {
      \Lyrics
      \override LyricSpace.minimum-distance = #1.0
    }
  }
}

[image of music]

Morceaux choisis

Alignement des syllabes

L’alignement horizontal des paroles peut se gérer à l’aide de la propriété self-alignment-X de l’objet LyricText. Les valeurs -1 ou LEFT produiront un alignement par la gauche, les valeurs 0 ou CENTER un alignement centré, et les valeurs 1 ou RIGHT un alignement par la droite.

\layout { ragged-right = ##f }
\relative c'' {
  c1
  c1
  c1
}
\addlyrics {
  \once \override LyricText.self-alignment-X = #LEFT
  "This is left-aligned"
  \once \override LyricText.self-alignment-X = #CENTER
  "This is centered"
  \once \override LyricText.self-alignment-X = #1
  "This is right-aligned"
}

[image of music]

L’assurance que tous les scripts textuels et les paroles resteront bien à l’intérieur des marges requiert des ressources non négligeables. Afin de réduire le temps de traitement, vous pouvez désactiver cette fonctionnalité en ajoutant

\override Score.PaperColumn.keep-inside-line = ##f

Pour s’assurer que les paroles ne seront pas traversées par des barres de mesure, il faut ajouter

\layout {
  \context {
    \Lyrics
      \consists "Bar_engraver"
      \consists "Separating_line_group_engraver"
      \hide BarLine
  }
}

Paroles et reprises

La répétition de fragments musicaux est abordée de manière détaillée dans un chapitre spécifique. Nous nous intéresserons ici aux moyens d’ajouter des paroles à des reprises.

Reprises simples

Les paroles attachées à un fragment musical répété devraient adopter rigoureusement la même construction que la musique, si tant est qu’elles ne diffèrent pas d’une fois sur l’autre.

\score {
  <<
    \new Staff {
      \new Voice = "melody" {
        \relative c'' {
          a4 a a a
          \repeat volta 2 { b4 b b b }
        }
      }
    }
    \new Lyrics {
      \lyricsto "melody" {
        Not re -- peat -- ed.
        \repeat volta 2 { Re -- peat -- ed twice. }
      }
    }
  >>
}

[image of music]

Les mots seront alors correctement répétés si la reprise est développée.

\score {
  \unfoldRepeats {
    <<
      \new Staff {
        \new Voice = "melody" {
          \relative c'' {
            a4 a a a
            \repeat volta 2 { b4 b b b }
          }
        }
      }
      \new Lyrics {
        \lyricsto "melody" {
          Not re -- peat -- ed.
          \repeat volta 2 { Re -- peat -- ed twice. }
        }
      }
    >>
  }
}

[image of music]

Lorsque la reprise est développée et que les paroles diffèrent, saisissez le texte normalement :

\score {
  <<
    \new Staff {
      \new Voice = "melody" {
        \relative c'' {
          a4 a a a
          \repeat unfold 2 { b4 b b b }
        }
      }
    }
    \new Lyrics {
      \lyricsto "melody" {
        Not re -- peat -- ed.
        The first time words.
        Sec -- ond time words.
      }
    }
  >>
}

[image of music]

Lorsque les paroles diffèrent pour une reprise non développée – utilisation de volta au lieu de unfold – les paroles en question doivent être saisies dans des contextes Lyrics séparés ; ils seront combinés dans une section parallèle :

\score {
  <<
    \new Staff {
      \new Voice = "melody" {
        \relative c'' {
          a4 a a a
          \repeat volta 2 { b4 b b b }
        }
      }
    }
    \new Lyrics \lyricsto "melody" {
      Not re -- peat -- ed.
      <<
	{ The first time words. }
	\new Lyrics {
	  \set associatedVoice = "melody"
	  Sec -- ond time words.
	}
      >>
    }
  >>
}

[image of music]

Et ce quel que soit le nombre de « couplets » :

\score {
  <<
    \new Staff {
      \new Voice = "singleVoice" {
        \relative c'' {
	  a4 a a a
	  \repeat volta 3 { b4 b b b }
          c4 c c c
	}
      }
    }
    \new Lyrics \lyricsto "singleVoice" {
      Not re -- peat -- ed.
      <<
        { The first time words.	}
	\new Lyrics {
	  \set associatedVoice = "singleVoice"
	  Sec -- ond time words.
	}
	\new Lyrics {
	  \set associatedVoice = "singleVoice"
	  The third time words.
	}
      >>
      The end sec -- tion.
    }
  >>
}

[image of music]

Cependant, lorsque la partition comporte plusieurs portées, cas typique d’un ChoirStaff, les paroles des deuxième et troisième couplets seront repoussées sous la dernière portée. L’instruction alignBelowContext permet alors de les repositionner correctement :

\score {
  <<
    \new Staff {
      \new Voice = "melody" {
        \relative c'' {
	  a4 a a a
	  \repeat volta 3 { b4 b b b }
          c4 c c c
	}
      }
    }
    \new Lyrics = "firstVerse" \lyricsto "melody" {
      Not re -- peat -- ed.
      <<
        { The first time words.	}
	\new Lyrics = "secondVerse"
        \with { alignBelowContext = #"firstVerse" } {
	  \set associatedVoice = "melody"
	  Sec -- ond time words.
	}
	\new Lyrics = "thirdVerse"
        \with { alignBelowContext = #"secondVerse" } {
	  \set associatedVoice = "melody"
	  The third time words.
	}
      >>
      The end sec -- tion.
    }
    \new Voice = "harmony" {
      \relative c' {
        f4 f f f \repeat volta 2 { g8 g g4 g2 } a4 a8. a16 a2
      }
    }
  >>
}

[image of music]

Reprises avec alternative

Les paroles d’un fragment répété, lorsqu’elles sont identiques, peuvent adopter la même construction que la musique :

\score {
  <<
    \new Staff {
      \time 2/4
      \new Voice = "melody" {
        \relative c'' {
          a4 a a a
          \repeat volta 2 { b4 b }
          \alternative { { b b } { b c } }
        }
      }
    }
    \new Lyrics {
      \lyricsto "melody" {
        Not re -- peat -- ed.
        \repeat volta 2 { Re -- peat -- }
        \alternative { { ed twice. } { ed twice. } }
      }
    }
  >>
}

[image of music]

Cette identité de structure n’est toutefois pas possible lorsque les paroles sont différentes. Des instructions \skip devront venir s’insérer dans les paroles pour « sauter » les notes des alternatives qui ne les concernent pas.

N’utilisez pas de simple caractère souligné pour sauter une note. N’oubliez pas qu’un caractère souligné indique un mélisme ; la syllabe précédente sera donc alignée à gauche.

Note : La commande \skip doit comporter une durée quelle qu’elle soit – elle sera toujours ignorée lorsque les paroles sont associées à une mélodie à l’aide de \addlyrics ou \lyricsto. Chaque \skip correspond à une seule note quelle qu’en soit la durée.

\score {
  <<
    \new Staff {
      \time 2/4
      \new Voice = "melody" {
        \relative c'' {
          \repeat volta 2 { b4 b }
          \alternative { { b b } { b c } }
          c4 c
        }
      }
    }
    \new Lyrics {
      \lyricsto "melody" {
        The first time words.
        \repeat unfold 2 { \skip 1 }
        End here.
      }
    }
    \new Lyrics {
      \lyricsto "melody" {
        Sec -- ond
        \repeat unfold 2 { \skip 1 }
        time words.
      }
    }
  >>
}

[image of music]

Lorsqu’une note se prolonge sur les alternatives, la tenue est indiquée normalement pour la première alternative, et à l’aide de l’instruction \repeatTie pour les suivantes. Cette liaison « de répétition » pose problème en matière d’alignement des paroles puisque la longueur de l’alternative est accrue en raison de la liaison.

D’autre part, une liaison de prolongation crée un mélisme qui sera effectif pour la première alternative, mais pas pour les autres. La solution pour « recaler » les paroles consiste à désactiver temporairement la détection automatique de mélismes et insérer des « blancs ».

\score {
  <<
    \new Staff {
      \time 2/4
      \new Voice = "melody" {
        \relative c'' {
          \set melismaBusyProperties = #'()
          \repeat volta 2 { b4 b ~}
          \alternative { { b b } { b \repeatTie c } }
          \unset melismaBusyProperties
          c4 c
        }
      }
    }
    \new Lyrics {
      \lyricsto "melody" {
        \repeat volta 2 { Here's a __ }
        \alternative {
          { \skip 1 verse }
          { \skip 1 sec }
        }
        ond one.
      }
    }
  >>
}

[image of music]

Notez bien que l’utilisation conjointe de \unfoldRepeats et de \repeatTie entraîne l’impression d’une double liaison, sauf à supprimer les \repeatTie.

Lorsque les paroles sont différentes sur le fragment répété, la construction avec \repeat est inefficace ; vous devrez alors insérer des blancs :

\score {
  <<
    \new Staff {
      \time 2/4
      \new Voice = "melody" {
        \relative c'' {
          \repeat volta 2 { b4 b ~}
          \alternative { { b b } { b \repeatTie c } }
          c4 c
        }
      }
    }
    \new Lyrics {
      \lyricsto "melody" {
        Here's a __ verse.
        \repeat unfold 2 { \skip 1 }
      }
    }
    \new Lyrics {
      \lyricsto "melody" {
        Here's one
        \repeat unfold 2 { \skip 1 }
        more to sing.
      }
    }
  >>
}

[image of music]

Les indications de mélisme et traits d’union en début d’alternative doivent être insérées manuellement :

\score {
  <<
    \new Staff {
      \time 2/4
      \new Voice = "melody" {
        \relative c'' {
          \repeat volta 2 { b4 b ~}
          \alternative { { b b } { b \repeatTie c } }
          c4 c
        }
      }
    }
    \new Lyrics {
      \lyricsto "melody" {
        Here's a __ verse.
        \repeat unfold 2 { \skip 1 }
      }
    }
    \new Lyrics {
      \lyricsto "melody" {
        Here's "a_"
        \skip 1
        "_" sec -- ond one.
      }
    }
  >>
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Conservation d’un contexte, Répétitions et reprises.


Paroles alternatives

Il arrive parfois, dans un fragment répété, qu’une note soit divisée pour répondre au texte. Vous pouvez indiquer cette adaptation rythmique en désactivant temporairement la détection automatique des mélismes tout en spécifiant ces mélismes au niveau des paroles :

\score {
  <<
    \new Voice = "melody" {
      \relative c' {
        \set melismaBusyProperties = #'()
        \slurDown
        \slurDashed
        e4 e8 ( e ) c4 c |
        \unset melismaBusyProperties
        c
      }
    }
    \new Lyrics \lyricsto "melody" {
      They shall not o -- ver -- come
    }
    \new Lyrics \lyricsto "melody" {
      We will _
    }
  >>
}

[image of music]

En donnant un nom à chaque voix et en leur attribuant spécifiquement des paroles, vous pourrez traiter le cas où notes et rythme diffèrent d’une fois sur l’autre :

\score {
  <<
    \new Voice = "melody" {
      \relative c' {
        <<
          {
            \voiceOne
            e4 e8 e
          }
          \new Voice = "splitpart" {
            \voiceTwo
            c4 c
          }
        >>
        \oneVoice
        c4 c |
        c
      }
    }
    \new Lyrics \lyricsto "melody" {
      They shall not o -- ver -- come
    }
    \new Lyrics \lyricsto "splitpart" {
      We will
    }
  >>
}

[image of music]

Il n’est pas rare, en musique chorale, qu’une voix se divise pendant plusieurs mesures. Bien qu’une construction du type << {…} \\ {…} >>, où deux expressions musicales (ou plus) séparées par des doubles obliques inversées peuvent sembler être le moyen adéquat de définir cette division, toutes les expressions qu’elle contient seront assignées à de nouveaux contextes de voix, ce qui aura pour effet qu’aucune parole ne leur sera affectée – les paroles sont attachées au contexte de voix initial. Il vaut mieux construire ce passage comme une polyphonie temporaire – voir Polyphonie sur une portée.


Polyphonie et paroles communes

Lorsque deux voix au rythme différent partagent les mêmes paroles, l’alignement des syllabes sur l’une des voix peut gêner la lecture de l’autre voix. Par exemple, la deuxième extension de syllabe ci-dessous est trop courte puisque les paroles ne sont alignées que sur la voix du haut :

soprano = \relative { b'8( c d c) d2 }
alto = \relative { g'2 b8( a g a) }
words = \lyricmode { la __ la __ }

\new Staff <<
  \new Voice = "sopranoVoice" { \voiceOne \soprano }
  \new Voice { \voiceTwo \alto }
  \new Lyrics \lyricsto "sopranoVoice" \words
>>

[image of music]

Le résultat attendu sera obtenu grâce à l’alignement des paroles sur un contexte NullVoice supplémentaire, celui-ci contenant une combinaison judicieuse des deux voix. Les notes du contexte NullVoice, bien que n’apparaissant pas sur la version imprimable, peuvent servir à aligner correctement les syllabes :

soprano = \relative { b'8( c d c) d2 }
alto = \relative { g'2 b8( a g a) }
aligner = \relative { b'8( c d c) b( a g a) }
words = \lyricmode { la __ la __ }

\new Staff <<
  \new Voice { \voiceOne \soprano }
  \new Voice { \voiceTwo \alto }
  \new NullVoice = "aligner" \aligner
  \new Lyrics \lyricsto "aligner" \words
>>

[image of music]

Le contexte NullVoice doit prendre place dans un contexte Staff et ne saurait contenir que des notes déjà présentes sur la portée en question et à la même octave. Dans le cas contraire, ce NullVoice pourrait interagir avec les autres voix imprimées de façon inopinée. Par exemple, des notes arbitraires dans un NullVoice pourraient entraîner l’apparition ou la disparition d’altérations sur la portée considérée.

Cette façon de procéder permet par ailleurs d’utiliser la fonction \partcombine qui normalement ne peut s’utiliser avec des paroles :

soprano = \relative { b'8( c d c) d2 }
alto = \relative { g'2 b8( a g a) }
aligner = \relative { b'8( c d c) b( a g a) }
words = \lyricmode { la __ la __ }

\new Staff <<
  \new Voice \partcombine \soprano \alto
  \new NullVoice = "aligner" \aligner
  \new Lyrics \lyricsto "aligner" \words
>>

[image of music]

Problèmes connus et avertissements

La commande \addLyrics ne peut traiter que des paroles attachées à un contexte Voice ; elle ne peut donc s’utiliser avec un NullVoice.

La fonction \partcombine est abordée en détails dans Regroupement automatique de parties.

Pour finir, cette méthode est aussi utilisable lorsque les voix sont sur des portées différentes, et ne se limite pas à deux voix :

soprano = \relative { b'8( c d c) d2 }
altoOne = \relative { g'2 b8( a b4) }
altoTwo = \relative { d'2 g4( fis8 g) }
aligner = \relative { b'8( c d c) d( d d d) }
words = \lyricmode { la __ la __ }

\new ChoirStaff <<
  \new Staff <<
    \soprano
    \new NullVoice = "aligner" \aligner
  >>
  \new Lyrics \lyricsto "aligner" \words
  \new Staff \partcombine \altoOne \altoTwo
>>

[image of music]

Vous aurez remarqué que, dans la deuxième partie de la mesure ci-dessus, les notes du contexte NullVoice reprennent le rythme de la portée inférieure sans pour autant dévier une seule fois des hauteurs affichées dans la voix à laquelle ce NullVoice est attaché. Bien que ce ne soit pas nécessaire dans le cadre de cet exemple particulier, nous vous conseillons de saisir les notes d’un NullVoice de cette manière.


2.1.3 Couplets


Numérotation des couplets

On peut ajouter un numéro aux couplets en définissant la variable stanza :

\new Voice {
  \time 3/4 g2 e4 a2 f4 g2.
} \addlyrics {
  \set stanza = #"1. "
  Hi, my name is Bert.
} \addlyrics {
  \set stanza = #"2. "
  Oh, ché -- ri, je t'aime
}

[image of music]

Ces numéros se placeront juste avant le début de la première syllabe.


Indication de nuance dans les couplets

Lorsque des couplets ont des nuances différentes, vous pouvez ajouter une nuance en regard de chacun d’eux. L’objet StanzaNumber contient tout ce qui se place avant les paroles du couplet. Pour des raisons techniques, vous devrez définir la variable stanza en dehors du mode \lyricmode.

text = {
  \set stanza = \markup { \dynamic "ff" "1. " }
  \lyricmode {
    Big bang
  }
}

<<
  \new Voice = "tune" {
    \time 3/4
    g'4 c'2
  }
\new Lyrics \lyricsto "tune" \text
>>

[image of music]


Indication du personnage et couplets

On peut également ajouter le nom de chaque rôle ; ils s’imprimeront au début de chaque ligne comme les noms d’instrument. Il faut pour cela définir vocalName, et shortVocalName pour une version abrégée.

\new Voice {
  \time 3/4 g2 e4 a2 f4 g2.
} \addlyrics {
  \set vocalName = #"Bert "
  Hi, my name is Bert.
} \addlyrics {
  \set vocalName = #"Ernie "
  Oh, ché -- ri, je t'aime
}

[image of music]


Rythme différent selon le couplet

Il arrive assez souvent que le paroles de différents couplets, bien qu’attachées à une même mélodie, ne s’articulent pas de la même manière. La commande \lyricsto est cependant capable de gérer de telles situations.

Mélismes dans certaines strophes seulement

Il peut survenir que les paroles comportent un mélisme pour l’un des couplets, mais plusieurs syllabes pour d’autres. Une solution consiste à ignorer temporairement les mélismes dans le couplet ayant le plus de syllabes. Il suffit pour cela de définir la propriété ignoreMelismata à l’intérieur du contexte Lyrics.

Petit détail qui a son importance : l’activation de ignoreMelismata doit précéder la syllabe à partir de laquelle elle s’appliquera :

<<
  \relative c' \new Voice = "lahlah" {
    \set Staff.autoBeaming = ##f
    c4
    \slurDotted
    f8.[( g16])
    a4
  }
  \new Lyrics \lyricsto "lahlah" {
    more slow -- ly
  }
  \new Lyrics \lyricsto "lahlah" {
    go
    \set ignoreMelismata = ##t
    fas -- ter
    \unset ignoreMelismata
    still
  }
>>

[image of music]

Problèmes connus et avertissements

Contrairement aux autres utilisations de l’instruction \set, il n’est pas possible de la faire précéder d’un \once dans le cas de \set ignoreMelismata. Les paroles affectées par la propriété ignoreMelismata doivent être encadrées respectivement d’un \set et d’un \unset.

Syllabe sur note de passage

L’utilisation de la commande \lyricsto ne permet pas, par défaut, d’assigner une syllabe à des notes d’ornement – introduites par la commande \grace. Vous pouvez cependant y parvenir grâce à la propriété includeGraceNotes :

<<
  \new Voice = melody \relative c' {
    f4 \appoggiatura a32 b4
    \grace { f16 a16 } b2
    \afterGrace b2 { f16[ a16] }
    \appoggiatura a32 b4
    \acciaccatura a8 b4
  }
  \new Lyrics
  \lyricsto melody {
    normal
    \set includeGraceNotes = ##t
    case,
    gra -- ce case,
    after -- grace case,
    \set ignoreMelismata = ##t
    app. case,
    acc. case.
  }
>>

[image of music]

Problèmes connus et avertissements

Tout comme pour la propriété associatedVoice, la propriété includeGraceNotes doit être activée au moins une syllabe avant celle qui viendra s’attacher à la note d’ornement. Dans le cas où cette note se trouve être la première de la pièce, vous devrez recourir à une clause \with ou \context :

<<
  \new Voice = melody \relative c' {
    \grace { c16( d e f }
    g1) f
  }
  \new Lyrics \with { includeGraceNotes = ##t }
  \lyricsto melody {
    Ah __ fa
  }
>>

[image of music]

Basculer vers une mélodie alternative

On peut créer des variations plus complexes à partir d’une mélodie à plusieurs voix. Les paroles peuvent suivre l’une ou l’autre des lignes mélodiques, et même basculer de l’une à l’autre si l’on modifie la propriété associatedVoice. Dans cet exemple,

<<
  \relative c' \new Voice = "lahlah" {
    \set Staff.autoBeaming = ##f
    c4
    <<
      \new Voice = "alternative" {
        \voiceOne
        \tuplet 3/2 {
          % show associations clearly.
          \override NoteColumn.force-hshift = #-3
          f8 f g
        }
      }
      {
        \voiceTwo
        f8.[ g16]
        \oneVoice
      } >>
    a8( b) c
  }
  \new Lyrics \lyricsto "lahlah" {
    Ju -- ras -- sic Park
  }
  \new Lyrics \lyricsto "lahlah" {
    % Tricky: need to set associatedVoice
    % one syllable too soon!
    \set associatedVoice = alternative % applies to "ran"
    Ty --
    ran --
    no --
    \set associatedVoice = lahlah % applies to "rus"
    sau -- rus Rex
  } >>

[image of music]

le texte du premier couplet s’aligne de manière habituelle sur la mélodie nommée « lahlah ». Mais le second couplet, tout d’abord rattaché au contexte lahlah, bascule sur la mélodie alternative pour les syllabes « ran » à « sau » grâce aux lignes

\new Lyrics \lyricsto "lahlah" {
  \set associatedVoice = alternative % s'applique à "ran"
  Ty --
  ran --
  no --
  \set associatedVoice = lahlah % s'applique à "rus"
  sau -- rus Rex
}

alternative désigne le nom du contexte Voice qui contient le triolet.

Notez bien où apparaît la commande \set associatedVoice – une syllabe en avance, ce qui est tout à fait correct.

Note : La commande \set associatedVoice doit intervenir une syllabe avant celle qui sera suivie par la bascule. Autrement dit, une modification de la voix associée sera effective une syllabe plus tard que prévu. Il ne s’agit en aucun cas d’un bogue, la raison en est purement technique.


Paroles en fin de partition

Il peut parfois s’avérer opportun d’aligner un seul couplet sur la mélodie et de présenter tous les autres en bloc à la fin du morceau. Ces couplets additionnels peuvent être inclus dans une section \markup en dehors du bloc \score principal. Vous en trouverez un exemple ci-dessous ; notez également les deux méthodes différentes employées pour indiquer les sauts de ligne, entre les couplets (verses en anglais) 2 et 3.

melody = \relative c'' {
  \time 2/4
  g4 g8 b | b a b a |
  g4 g8 b | b a b4 |
}

text = \lyricmode {
\set stanza = #"1." À la clai- re fon- tai- ne,
M'en al- lant pro- me- ner...
}

\score{ <<
  \new Voice = "one" { \melody }
  \new Lyrics \lyricsto "one" \text
>>
  \layout { }
}
\markup { \column{
  \line{ Verse 2. }
  \line{ Sous les feuilles d'un chêne }
  \line{ Je me suis fait sécher... }
  }
}
\markup{
  \wordwrap-string #"
  Verse 3.

  Chante, rossignol, chante,

  Toi qui as le cœur gai..."
}

[image of music]


Paroles sur plusieurs colonnes en fin de partition

Si les couplets sont vraiment nombreux, il est possible de les imprimer sur plusieurs colonnes. L’exemple suivant vous montre comment procéder pour que le numéro du couplet soit en retrait à gauche, comme c’est traditionnellement le cas.

melody = \relative c'' {
  \time 2/4
  g4 g8 b | b a b a |
  g4 g8 b | b a b4 |
}

text = \lyricmode {
  \set stanza = #"1." À la clai- re fon- tai- ne,
  M'en al- lant pro- me- ner...
}

\score{ <<
    \new Voice = "one" { \melody }
    \new Lyrics \lyricsto "one" \text
   >>
  \layout { }
}

\markup {
  \fill-line {
    \hspace #0.1 % décalage par rapport à la marge de gauche
     % peut être supprimé si l'espace sur la page est réduit
    \column {
      \line { \bold "2."
        \column {
          "Sous les feuilles d'un chêne"
          "Je me suis fait sécher..."
        }
      }
      % ajout d'espace vertical entre les couplets
      \combine \null \vspace #0.1
      \line { \bold "3."
        \column {
          "Chante, rossignol, chante,"
          "Toi qui as le cœur gai..."
        }
      }
    }
    \hspace #0.1  % ajout d'espace horizontal entre les colonnes
    \column {
      \line { \bold "4."
        \column {
          "J'ai perdu mon ami"
          "Sans l'avoir mérité..."
        }
      }
      % ajout d'espace vertical entre les couplets
      \combine \null \vspace #0.1
      \line { \bold "5."
        \column {
          "Je voudrais que la rose"
          "Fût encore au rosier..."
        }
      }
    }
    \hspace #0.1 % décalage par rapport à la marge de droite
     % peut être supprimé si l'espace sur la page est réduit
  }
}

[image of music]

Voir aussi

Référence des propriétés internes : LyricText, StanzaNumber.


2.1.4 Chansons


Références en matière de chanson

Une chanson se présente la plupart du temps sous la forme de trois portées : une pour la mélodie surmontant un système pianistique pour l’accompagnement ; les paroles du premier couplet s’accolent sous la mélodie. S’il n’y a que deux ou trois couplets, et que cela n’est pas gênant au niveau de l’aspect général, tous peuvent prendre place entre la mélodie et l’accompagnement. Dans le cas contraire, le premier couplet sera imprimé sous la mélodie et les suivants après la partition, sous forme de blocs de texte indépendants.

Tous les éléments qui permettent d’imprimer des chansons sont examinés à différents endroits de la documentation de LilyPond :

Voir aussi

Manuel d’initiation : Chansons.

Manuel de notation : Vue d’ensemble de la musique vocale, Gravure des accords, Gravure des portées, Instruments utilisant des portées multiples, Positionnement vertical des paroles, Couplets.

Morceaux choisis : Musique vocale.


Feuille de chant

Une simple feuille de chant s’obtient en combinant une partie vocale et son harmonisation. La syntaxe appropriée est expliquée en détails au chapitre Notation des accords.

Morceaux choisis

Chanson simple

Assembler des noms d’accords, une mélodie et des paroles permet d’obtenir la partition d’un chanson :

<<
  \chords { c2 g:sus4 f e }
  \relative c'' {
    a4 e c8 e r4
    b2 c4( d)
  }
  \addlyrics { One day this shall be free __ }
>>

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Notation des accords.


2.1.5 Chorale

Nous allons voir, dans les paragraphes qui suivent, les particularités de la musique chorale, qu’il s’agisse de motet, d’oratorio ou de simple partie de chœur.


Références en matière de chorale

Une partition pour chœur comporte habituellement de deux à quatre portées regroupées dans un ChoirStaff. L’accompagnement, s’il y en a un, se présente sous la forme d’un système pianistique – un PianoStaff – en dessous du chœur ; il s’agira d’une simple réduction dans le cas d’une œuvre a capella. Les notes de chaque pupitre font l’objet d’un contexte Voice distinct. Ces contextes Voice peuvent se voir groupés ou non sur une même portée.

Les paroles sont traitées dans des contextes Lyrics qui viendront se placer tantôt sous la portée, tantôt au-dessus et au-dessous de la portée si elle contient deux voix.

Certaines composantes d’une partition pour chœur sont examinées à différents endroits de la documentation de LilyPond :

Commandes prédéfinies

\oneVoice, \voiceOne, \voiceTwo.

Voir aussi

Manuel d’initiation : Partition pour chœur à quatre voix mixtes, Modèles pour ensemble vocal.

Manuel de notation : Ordonnancement des contextes, Regroupement de portées, Têtes de note à forme variable, Polyphonie sur une portée.

Morceaux choisis : Musique vocale.

Référence des propriétés internes : ChoirStaff, Lyrics, PianoStaff.


Mise en forme d’une partition chorale

Une partition pour chœur sur quatre portées, avec ou sans accompagnement, présente traditionnellement deux systèmes par page. Selon la taille du papier, vous pourrez être amené à effectuer quelques ajustements aux réglages par défaut, notamment en raison des points suivants :

Les indications de nuance se placent traditionnellement sous la portée, ce qui n’est pas le cas en matière de musique vocale dans le but d’éviter toute collision avec les paroles. La commande prédéfinie \dynamicUp attachée à un contexte Voice permet de positionner les nuances au-dessus de la portée. Dans le cas où il y en aurait plusieurs, cette commande devra apparaître dans chacun des contextes Voice qui le requiert. Vous pouvez aussi opter pour la forme développée, comme dans l’exemple ci-dessous, pour que cela s’applique à toutes les portées de la partition – changez \Score en \ChoirStaff s’il y a d’autres parties que celles du chœur.

\score {
  \new ChoirStaff <<
    \new Staff {
      \new Voice {
        \relative c'' { g4\f g g g }
      }
    }
    \new Staff {
      \new Voice {
        \relative c' { d4 d d\p d }
      }
    }
  >>
  \layout {
    \context {
      \Score
      \override DynamicText.direction = #UP
      \override DynamicLineSpanner.direction = #UP
    }
  }
}

[image of music]

Commandes prédéfinies

\dynamicUp, \dynamicDown, \dynamicNeutral.

Voir aussi

Manuel de notation : Modification de l’espacement, Mise en évidence de l’espacement, Réduction du nombre de pages de la partition, Mise en forme de la page, Mise en forme de la partition, Séparation des systèmes, Définition de la taille de portée, Recours à une voix supplémentaire pour gérer les sauts, Espacement vertical.

Référence des propriétés internes : VerticalAxisGroup, StaffGrouper.


Division de voix

Utilisation d’un arpeggioBracket pour rendre les divisions plus évidentes

Un crochet d’arpège (arpeggioBracket) permet de mettre en évidence les divisions d’un pupitre en l’absence de hampe, comme on le voit régulièrement dans les partitions pour chœur.

\include "english.ly"

\score {
  \relative c'' {
    \key a \major
    \time 2/2
    <<
      \new Voice = "upper"
      <<
        { \voiceOne \arpeggioBracket
          a2( b2
          <b d>1\arpeggio)
          <cs e>\arpeggio ~
          <cs e>4
        }
        \addlyrics { \lyricmode { A -- men. } }
      >>
      \new Voice = "lower"
      { \voiceTwo
        a1 ~
        1
        a ~
        4 \bar "|."
      }
    >>
  }
  \layout { ragged-right = ##t }
}

[image of music]

Voir aussi

Manuel de notation : Signes d’interprétation sous forme de ligne.


2.1.6 Opéras et musiques de scène

Tout ce qui permet d’exécuter un opéra ou une œuvre scénique accompagnée de musique se présente généralement sous l’une ou plusieurs des formes suivantes :

La plupart de ce qui est nécessaire à la mise en forme d’un opéra ou d’une musique de scène est disséminé dans la somme documentaire de LilyPond. Nous commencerons par rappeler ces différents éléments, avant que d’en examiner certaines particularités adaptées aux styles opératique et scénique.


Références en matière d’opéra et musique de scène

Voir aussi

Glossaire musicologique :